mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BARDET & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2020 et des mémoires enregistrés les 13 novembre 2020 et 5 décembre 2023, Mme B E, représentée par Me Plas, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'homologuer l'accord transactionnel signé le 20 octobre 2012 avec la CPAM de Lille-Douai et Relyens, assureur du centre hospitalier de Châteauroux ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Châteauroux au paiement d'une somme de 1 294 377, 30 euros au titre de son préjudice professionnel et de son préjudice moral résultant de la prise en charge fautive dont a fait l'objet son fils D lors sa naissance le 16 octobre 2003, laquelle somme portera intérêt au taux légal à compter du 12 décembre 2019, date de réception de sa demande préalable ;
3°) de condamner cet établissement aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge du CH une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- un procès-verbal de transaction régularisé le 20 octobre 2022 par elle-même, la CPAM de Lille-Douai, le centre hospitalier de Châteauroux et l'assureur de cet établissement a permis, d'une part, le versement au jeune D de la somme de 1 512 574,11 euros au titre de frais de matériel, de dépenses liées aux couches, de frais de fauteuil adapté, de frais de chariot douche, de frais de corset siège, d'assistance par tierce personne échue jusqu'au 31 décembre 2021, de frais de logement adapté, de frais de véhicule adapté, d'une rente au titre de la perte de gains professionnels futurs du 16 octobre 2021 au 16 octobre 2022, du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice d'agrément, des préjudices esthétiques temporaire et permanent, du préjudice sexuel et d'établissement, d'autre part, le versement à son profit d'une somme de 24 000 euros au titre du préjudice d'accompagnement ;
-elle a subi un préjudice professionnel depuis le jugement du tribunal du 12 avril 2022 qu'elle évalue à 1 254 377,30 euros en raison des périodes de disponibilité qu'elle a été contrainte de prendre pour s'occuper de son fils ;
-elle a subi un préjudice moral depuis le jugement du tribunal du 12 avril 2012 qu'elle évalue à 50 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 novembre 2020 et 16 février 2024, le centre hospitalier de Châteauroux, représenté par Me Valière-Vialeix demande au tribunal :
1°) d'homologuer le protocole transactionnel du 20 octobre 2012 ;
2°) de rejeter les demandes présentées par Mme E au titre de son préjudice professionnel et de son préjudice moral dès lors que ces postes de préjudice ont déjà été indemnisés par le tribunal par son jugement du 12 avril 2012, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel du 3 juin 2014, subsidiairement de ramener la somme demandée au titre de ces postes de préjudice à de plus justes proportions.
Il soutient que :
- l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux, qui s'est prononcé sur ces 2 postes de préjudice a autorité de la chose jugée de sorte que Mme A n'est pas recevable à en solliciter l'indemnisation ;
- il doit être fait application du taux de perte de chance de 80% retenu par la cour ;
- la demande au titre du préjudice professionnel doit être rejetée dès lors qu'elle n'est pas justifiée ;
- ce préjudice ne peut être indemnisé que jusqu'à l'âge de la retraite.
Par des mémoires enregistrés les 22 avril 2021 et 16 février 2024, la CPAM de Lille-Douai, représentée par Me Bardet, demande dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'homologuer le protocole transactionnel intervenu le 20 octobre 2022 par lequel elle a obtenu le remboursement des débours exposés pour le compte du jeune D depuis 2012 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Châteauroux la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, outre une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Un mémoire a été produit par Mme E le 14 mai 2024 qui a été enregistré sans être communiqué.
Les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions principales et accessoires présentées par Mme E et par la CPAM, à l'exclusion de celles tendant à la réparation des préjudices moral et professionnel de Mme E, ces préjudices constituant les seules réclamations à être explicitement exclues du champ d'application du protocole transactionnel signé le 20 octobre 2012, dont il est demandé l'homologation.
Par une lettre reçue le 17 mai 2024 et qui a été communiquée, la CPAM Lille-Douai a fait valoir ses observations sur ce moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le jugement du tribunal du 12 avril 2012 et l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 3 juin 2014 ;
- l'ordonnance du 11 mai 2017 désignant le docteur de F en qualité d'expert ;
- l'ordonnance du 16 janvier 2018 par laquelle les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 1 811, 85 euros ;
- le protocole transactionnel signé le 20 octobre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Martha, premier conseiller,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;
- les observations de Me Plas, avocat de Mme E, et de Me Valière-Vialeix pour le centre hospitalier défendeur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a été admise au centre hospitalier de Châteauroux, le 15 octobre 2003, en vue de son accouchement. Son enfant, D, est né le lendemain à 1 heure 18, par césarienne, en état de mort apparente. L'enfant, ramené à la vie dans la minute qui a suivi sa naissance, a vu son état évoluer au cours des années vers une paralysie des quatre membres et ne dispose d'aucune autonomie. Mme E a recherché, pour son fils et en son nom personnel, la responsabilité du centre hospitalier de Châteauroux. Par jugement du 12 avril 2012, le tribunal a retenu qu'en décidant tardivement de recourir à une césarienne, le centre hospitalier avait commis une faute qui avait causé au jeune D une perte de chance, évaluée à 80 %, d'échapper à la survenue du dommage. Par ce même jugement, le tribunal administratif a, d'une part, condamné le centre hospitalier de Châteauroux à réparer les préjudices subis par l'enfant et sa mère résultant de la tardivité de la césarienne pour un montant de 237 224,44 euros pour le jeune D et de 9 600 euros pour sa mère, en sa qualité de victime par ricochet, d'autre part, condamné cet établissement de santé à verser à la CPAM de Lille-Douai une somme de 99 439,11 euros en remboursement de ses débours. Par un arrêt du 3 juin 2014, la cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé le jugement du tribunal sur le principe de responsabilité et l'application d'un taux de perte de chance de 80% et a porté la somme globale à indemniser au profit de Mme E à 246 824,44 euros.
2. L'état de santé de son fils D n'étant pas consolidé à la date du jugement précité du tribunal, Mme E a sollicité que soit ordonnée une nouvelle expertise médicale de son enfant. Le juge des référés du tribunal a fait droit à cette demande d'expertise judiciaire et a désigné à cette fin, par une ordonnance du 11 mai 2017, le docteur de F. Celui-ci a déposé son rapport le 27 décembre 2017. Il a fixé une date de consolidation de l'état de santé du jeune D au 26 juillet 2017.
3. Le 20 octobre 2022, Mme E, la CPAM de Lille-Douai et l'assureur du centre hospitalier, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) devenue Relyens, agissant en tant qu'assureur du CH de Châteauroux, ont signé un protocole transactionnel prévoyant d'accorder une somme de 1 512 574,11 euros au titre des préjudices subis par le jeune D, 24 000 euros au titre du préjudice d'accompagnement subi par sa mère et une somme de 863 512,57 euros à la CPAM au titre des débours exposés depuis 2012 ainsi qu'une somme au titre des frais futurs viagers dont il sera demandé le remboursement annuel sur justificatifs au fur et à mesure de leur engagement. Ce protocole a explicitement exclu de son périmètre les préjudices professionnel et moral dont se prévaut Mme E.
4. Dans le dernier état de leurs écritures, Mme E, le centre hospitalier de Châteauroux et la CPAM demandent au tribunal d'homologuer ce protocole. Par ailleurs Mme E demande au tribunal de condamner le CH de Châteauroux à lui verser une somme de 1 294 377,30 euros au titre de ses préjudices professionnel et moral. La CPAM, quant à elle, ne demande plus que la condamnation du centre hospitalier au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion et au paiement d'une somme de 1 000 euros au titre des frais de justice.
Sur le protocole transactionnel du 20 octobre 2022 :
En ce qui concerne la demande d'homologation de ce protocole :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction ". L'article L. 213-3 de ce code précise que " l'accord auquel parviennent les parties ne peut porter atteinte à des droits dont elles n'ont pas la libre disposition ". Enfin, l'article L. 213-4 du même code prévoit que " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut, dans tous les cas où un processus de médiation a été engagé en application du présent chapitre, homologuer et donner force exécutoire à l'accord issu de la médiation ".
6. D'autre part, l'article 2044 du code civil dispose que " La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître. Ce contrat doit être rédigé par écrit ". Il résulte de ces dispositions, combinées avec celles des articles 6 et 2052 du code civil, que l'administration, peut, ainsi que le rappelle désormais l'article L. 423-1 du code des relations entre le public et l'administration, légalement conclure avec un ou des particuliers un protocole transactionnel afin de prévenir ou d'éteindre un litige, sous réserve de la licéité de l'objet de ce dernier, de l'existence de concessions réciproques et équilibrées entre les parties et du respect de l'ordre public.
7. Les parties, à une instance en cours devant la juridiction administrative, peuvent demander à celle-ci, y compris à l'occasion d'un pourvoi en cassation, d'homologuer une transaction par laquelle elles mettent fin à la contestation initialement portée devant elle. Il appartient alors au juge administratif, qui se prononce en tant que juge de l'homologation, de vérifier que les parties consentent effectivement à la transaction, que l'objet de celle-ci est licite, qu'elle ne constitue pas de la part de la collectivité publique une libéralité et qu'elle ne méconnaît pas d'autres règles d'ordre public. En cas d'homologation de la transaction, le juge administratif doit constater le non-lieu à statuer sur la requête ou, dans le cas où la partie requérante aurait subordonné son désistement à l'homologation de la transaction, donner acte de ce désistement. En revanche, le refus d'homologation entraînant la nullité de la transaction, il appartient dans cette hypothèse au juge de statuer sur la requête.
8. Il résulte de l'instruction que le protocole d'accord transactionnel conclu le 20 octobre 2022 entre la SHAM, devenue Relyens, agissant au nom du centre hospitalier de Châteauroux et, respectivement, Mme E, agissant en qualité de tutrice de son fils D et en son nom propre, et la CPAM de Lille-Douai a pour objet de mettre un terme, par des concessions réciproques, au litige principal qui ressortit à la compétence du juge administratif et qui les oppose respectivement dans le cadre de la présente instance. A cette fin, le protocole prévoit que le centre hospitalier doit procéder au règlement à Mme E d'une somme de 24 000 euros à titre d'indemnisation de son préjudice d'accompagnement et une somme de 1 512 574,11 euros au titre des différents préjudices subis par son fils D, outre une rente au titre de l'assistance à tierce personne et de la perte de gains professionnels futurs. Il prévoit également le versement d'une somme de 863 512,57 euros à la CPAM au titre des débours exposés depuis 2012 ainsi qu'une somme au titre des frais futurs viagers dont il sera demandé le remboursement annuel sur justificatifs au fur et à mesure de leur engagement. Mme E et la CPAM déclarent être " entièrement quittes et déchargés de toutes réclamations de leur part et déclarent se désister de toute instance et de toute action devant quelque juridiction que ce soit pour l'accident en cause " sous réserve du paiement effectif qui interviendra après signature des présentes et à l'exclusion du préjudice moral et du préjudice professionnel " dont Mme E se réserve le droit de poursuivre le contentieux devant la juridiction ". Il résulte de l'instruction et des deux quittances du 8 décembre 2022 et du 9 janvier 2023 produites au dossier que l'assureur du centre hospitalier a bien versé à Mme E et à la CPAM les sommes qu'il s'était engagé à verser dans le cadre du protocole transactionnel. Ce protocole qui a été régulièrement signé, a ainsi été librement consenti. Il n'a pas un objet illicite, ne porte pas atteinte à des droits dont les parties n'ont pas la libre disposition, ne constitue pas une libéralité de la part du centre hospitalier défendeur, comporte des concessions réciproques et équilibrées entre les parties et ne méconnait pas d'autres règles d'ordre public. Dans ces conditions, rien ne s'oppose à son homologation.
En ce qui concerne les demandes présentées par Mme E et la CPAM hors les préjudices professionnel et moral de Mme E :
9. Le protocole transactionnel du 20 octobre 2022 exclut de son périmètre les seuls préjudices professionnel et moral que Mme E estime avoir subis, alors que les parties y ont déclaré explicitement être " entièrement quittes et déchargés de toutes réclamations de leur part ". Par suite, les sommes demandées aux titres des dépens, de l'indemnité forfaitaire de gestion et des frais de justice doivent être regardés comme ayant été prises en compte dans le cadre de ce protocole. Eu égard à l'accord, dont l'homologation est prononcée au point 8, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions afférentes à ces sommes présentées respectivement par Mme E et par la CPAM.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par Mme E au titre de ses préjudices moral et professionnel :
10. L'autorité de chose jugée attachée au jugement rendu sur une demande indemnitaire, qui ne peut être utilement invoquée en l'absence d'identité d'objet, de cause et de parties, porte sur l'ensemble des chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime, causés par le même fait générateur et dont elle supporte la charge financière, à l'exception de ceux qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, se sont aggravés ou ne se sont révélés dans toute leur ampleur que postérieurement à la première réclamation préalable de la victime ou de ceux qui ont été expressément réservés dans sa demande.
11. D'une part, il ressort des termes mêmes du jugement du 12 avril 2012 et de l'arrêt du 3 juin 2014 mentionnés au point 1 que le tribunal et la cour administrative d'appel de Bordeaux se sont prononcés sur les préjudices professionnel et moral subis par Mme E, à raison de l'état de santé du jeune D, de façon définitive et non pas de façon provisoire. Le CH défendeur a ainsi été condamné à payer 9 600 euros à Mme E au titre de son préjudice moral tandis que le préjudice professionnel invoqué par cette dernière a été rejeté à défaut d'être établi. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction, quand bien même l'état de santé de D a été consolidé par l'expert à la date du 26 juillet 2017, que le préjudice professionnel et le préjudice moral invoqués par Mme E à l'appui de sa nouvelle demande d'indemnisation du 10 décembre 2019, se seraient aggravés ou se seraient révélés dans toute leur ampleur depuis la première demande préalable présentée par Mme E et ayant conduit au jugement du tribunal du 12 avril 2012, dès lors en particulier que l'incidence pour Mme E de la gravité de l'état de santé de son fils était connue dès le jugement du tribunal du 12 avril 2012. Par suite, l'exception d'autorité de chose jugée opposée en défense doit être accueillie de sorte que les conclusions indemnitaires présentées par Mme E doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: Le protocole transactionnel du 20 octobre 2022 est homologué.
Article 2:Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme E et la CPAM de Lille- Douai à l'exception des conclusions présentées par Mme E tendant à la réparation de ses préjudices professionnel et moral.
Article 3:Les conclusions indemnitaires de Mme E sont rejetées.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai, et au centre hospitalier de Châteauroux.
Une copie en sera adressée pour information au docteur de de F, médecin expert.
GHELLAMGGGG
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
La greffière,
M. C
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
DE LIMOGES
____________________
Mme Barbara VEREECQUE-MORY
_____________________
M. Fabien Martha
Rapporteur
______________________
M. Pierre-Marie Houssais
Rapporteur public
______________________
Audience du 21 mai 2024
Décision du 4 juin 2024.
____________________
C
mf
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Le Tribunal administratif de Limoges
(1ère chambre)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026