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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2000568

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2000568

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2000568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2020, Mme B A, représentée par Me Plas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 mars 2020 par laquelle le directeur général du Crous de Limoges a rejeté le recours gracieux qu'elle a formé contre la décision du 17 septembre 2019 qui a rejeté sa demande de report des jours de congés annuels générés au titre de l'année 2018-2019 qu'elle n'a pu prendre en raison de son état de santé et de son congé maternité ;

2°) d'enjoindre au Crous de Limoges de faire droit à sa demande de report de ses congés annuels, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du Crous de Limoges une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- conformément aux dispositions de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003, telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne et par le Conseil d'Etat, elle avait droit au report des congés annuels générés au titre de l'année 2018/2019 qu'elle a été dans l'impossibilité de prendre en raison des périodes pendant lesquelles elle a été placée, du 2 janvier au 13 septembre 2019, en congé de maladie puis en congé de maternité ;

- le directeur général du Crous de Limoges ne pouvait utilement se prévaloir, dans sa décision du 25 mars 2020 portant rejet de son recours gracieux, de ce qu'elle a été placée en congé parental du 14 septembre 2019 au 13 septembre 2020 dans la mesure où sa demande de report de ses congés annuels a été formée bien avant l'octroi de son congé parental.

Le Crous de Limoges a produit un courrier par lequel il a indiqué à l'avocat de Mme A que sa cliente " pourra solder ses 25 jours de report de congés 2018-2019 dès la fin de son congé parental fixé au 13 septembre 2020 ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

- les observations de Me Plas, pour Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Attachée d'administration de l'Etat affectée au Crous de Limoges, Mme A a été placée en congé de maladie du 2 janvier au 10 mai 2019, en congé pathologique prénatal du 11 au 24 mai 2019 et en congé de maternité du 25 mai au 13 septembre 2019. Par une lettre du 10 juillet 2019, elle a demandé à son employeur le report des jours de congés annuels générés au titre de l'année 2018-2019 qu'elle a été dans l'impossibilité de prendre en raison de son état de santé et de son congé de maternité. Cette demande a été rejetée par une décision du 17 septembre 2019 du directeur général du Crous de Limoges, contre laquelle M. A a formé un recours gracieux par un courrier du 28 janvier 2020. Par cette requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 25 mars 2020 par laquelle le directeur général du Crous de Limoges a rejeté ce recours gracieux. Elle doit également être regardée comme demandant l'annulation de la décision initiale du 17 septembre 2019.

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 12 juin 2020, le directeur général du Crous de Limoges a indiqué au conseil de Mme A que cette dernière " récupérera 25 jours de congés annuels au titre de l'année 2018-2019 " et que, conformément à l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003, et contrairement à ce qu'il avait retenu dans ses décisions des 17 septembre 2019 et 25 mars 2020, la requérante " pourra solder ses 25 jours de report de congés annuels 2018-2019 dès la fin de son congé parental fixé au 13 septembre 2020 ". Ce faisant, le directeur général du Crous de Limoges ne peut qu'être regardé comme ayant pris une décision portant retrait de ses décisions des 17 septembre 2019 et 25 mars 2020 et faisant droit en cours d'instance à la demande de Mme A tendant au report de ses congés annuels générés au titre de l'année 2018-2019, dont il n'est pas établi ou soutenu qu'ils concerneraient davantage que 25 jours. Cette décision du 12 juin 2020 étant devenue définitive, il n'y a plus lieu pour le tribunal de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et aux fins d'injonction présentées par Mme A.

3. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du Crous de Limoges une somme de 1 500 euros à verser à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de Mme A.

Article 2 : Le Crous de Limoges versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à verser à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au Crous de Limoges.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022 où siégeaient :

- M. Gensac, président,

- M. Martha, premier conseiller,

- M. Boschet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

Le rapporteur,

J.B. C

Le président,

P. GENSAC

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

mf

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