jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mai 2020, Mme D B, représentée par Me Douniès demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 10 mars 2020 prise par la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat en tant qu'elle rejette sa demande d'aide d'un montant de 4 273,74 euros suite au recours gracieux exercé le 4 décembre 2019 formé contre la décision initiale du 15 novembre 2019 rejetant sa demande de subvention en vue de financer des travaux de changement de chaudière ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions de la délibération du 9 octobre 2019 sur laquelle se fonde la décision attaquée n'ont pas été adressées au ministre chargé du logement et au ministre chargé des finances, alors qu'aucune urgence n'avait été déclarée par le conseil d'administration de l'Agence nationale de l'habitat ; en outre, il n'est pas démontré, outre l'urgence d'une telle mesure avec exécution immédiate, que les trois ministères de tutelles auraient donné leur autorisation ; cette délibération ne lui est donc pas opposable ;
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que la délibération du 9 octobre 2019 n'a été publiée au Journal officiel que le 22 octobre 2019 et ne lui est donc pas opposable compte tenu de la date de sa demande ; la publicité de cette délibération a été insuffisante ; s'il y avait eu diffusion d'une information sur le changement des conditions, elle aurait procédé à la validation immédiate de son dossier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2021, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les vices de procédure ne sont pas au nombre de ceux qui peuvent être invoqués par la voie de l'exception d'illégalité ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 1er août 2014 modifié portant approbation du règlement général de l'Agence nationale de l'habitat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique ;
- les observations de Me Dounies, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours hiérarchique devant l'administration et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours a été rejeté. L'exercice du recours hiérarchique n'ayant d'autre objet que d'inviter l'administration à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours hiérarchique doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours hiérarchique dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours hiérarchique, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours hiérarchique, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
2. En l'espèce, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 10 mars 2020 de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) portant rejet de son recours hiérarchique dirigé contre la décision du 15 novembre 2019. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être regardées comme étant dirigées également contre cette dernière décision par laquelle l'ANAH lui a octroyé une subvention d'un montant de seulement 1 200 euros et non de 4 273,74 euros comme elle le demandait.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Tout d'abord, aux termes de l'article R. 321-6 du code de la construction et de l'habitat : " Les délibérations du conseil d'administration sont exécutoires un mois après leur réception par le ministre chargé du logement et les ministres chargés du budget et de l'économie, sauf opposition motivée des ministres dans ce délai. () / En cas d'urgence déclarée par le conseil d'administration, les ministres de tutelle peuvent autoriser conjointement l'exécution immédiate d'une délibération, quel que soit son objet. ".
4. Par délibération en date du 9 octobre 2019, le conseil d'administration de l'ANAH a décidé de modifier le régime d'aide au titre de son programme " habiter mieux Agilité " en fixant, à compter du 10 octobre 2019, notamment le plafond des travaux subventionnables à 2 400 euros hors taxes pour le remplacement des systèmes de chauffage par une chaudière à gaz et, en application de l'article R. 321-6 du code de la construction et de l'habitat, a déclaré l'urgence de l'exécution de cette délibération. Si par courrier du 9 octobre 2019, le ministre de l'économie et des finances ainsi que le ministre de l'action et des comptes publics, par courrier du 10 octobre 2019, ont autorisé l'exécution immédiate de cette délibération, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre chargé du logement aurait délivré une telle autorisation. Dans ces conditions, l'ANAH ne peut faire valoir que cette délibération était d'application immédiate au titre du régime de l'urgence résultant des dispositions susvisées. Néanmoins, cette délibération a été transmise au ministre du logement qui l'a publiée dès le 10 octobre 2019 sous le numéro TERL1929418X. Dans ces conditions, la délibération de l'ANAH était opposable le 10 novembre 2019 , antérieurement à la décision attaquée.
5. Ensuite, aux termes de l'article L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf s'il en est disposé autrement par la loi, une nouvelle réglementation ne s'applique pas aux situations juridiques définitivement constituées avant son entrée en vigueur ou aux contrats formés avant cette date. ". Aux termes de l'article L. 221-5 de ce même code : " L'autorité administrative investie du pouvoir réglementaire est tenue, dans la limite de ses compétences, d'édicter des mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 lorsque l'application immédiate d'une nouvelle réglementation est impossible ou qu'elle entraîne, au regard de l'objet et des effets de ses dispositions, une atteinte excessive aux intérêts publics ou privés en cause. Elle peut également y avoir recours, sous les mêmes réserves et dans les mêmes conditions, afin d'accompagner un changement de réglementation. ".
6. Toute disposition réglementaire nouvelle a en principe vocation à s'appliquer immédiatement sans que puisse être invoqué un droit au maintien de la réglementation existante, sous réserve toutefois du respect du principe de non-rétroactivité des actes administratifs, qui exclut que de nouvelles dispositions réglementaires s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant leur entrée en vigueur. Les décisions statuant sur une demande de subvention sont soumises aux règles en vigueur à la date à laquelle elles sont prises, les règles applicables n'étant pas cristallisées à la date du dépôt de la demande. Par suite, Mme B qui avait déposé sa demande de subvention sur la plateforme dédiée de l'ANAH le 11 octobre 2019 ne saurait se prévaloir d'aucune situation juridiquement constituée sur le fondement du droit existant à la date de dépôt de sa demande de subvention et que la décision du 15 novembre 2019 contestée aurait été remise en cause.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 15 novembre 2019 par laquelle l'ANAH lui a octroyé une subvention d'un montant de 1 200 euros pour le remplacement de son système de chauffage par une chaudière à gaz doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquences, celles tendant à l'annulation du rejet de son recours gracieux le 10 mars 2020 de même que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La rapporteure,
H. C
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026