mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SOPHIA LEGAL SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 mai 2020, 24 avril 2021 et 14 janvier 2023, la société CELESTE, venant aux droits de la société STELLA TELECOM, représentée par Me Manin, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Buzancais à lui payer la somme de 9 870,80 euros assortie des intérêts légaux à compter de la mise en demeure du 31 janvier 2020 en réparation des préjudices nés de la résiliation du lot n° 3 du marché de fourniture de services de télécommunication ;
2°) de mettre à la charge de cette commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a bien présenté un mémoire de réclamation dont le contenu est conforme à l'article 37.2 du CCAG fournitures et services dans le délai de deux mois suivant le jour où le différend est apparu, de sorte que sa requête est parfaitement recevable ;
- la décision de résiliation du 3 mai 2019 est irrégulière en l'absence d'une mise en demeure régulière ; le courrier du 14 mars 2019 se borne en effet à indiquer l'existence des dysfonctionnements passés et à inviter la société STELLA TELECOM à une réunion afin de faire un point sur le contrat et ne mentionne aucun dysfonctionnement actuel ;
- la décision de résiliation du 3 mai 2019 n'est pas suffisamment motivée ;
- les dysfonctionnements allégués par la commune ne sont pas démontrés de sorte que, alors que seule une faute d'une gravité suffisante est de nature à justifier la résiliation d'un marché public aux torts du titulaire, la résiliation n'est pas fondée ;
- elle est fondée à demander à être indemnisée à hauteur d'une somme de 9 870,80 euros correspondant à la facture de résiliation anticipée du marché avec intérêts légaux à compter de la mise en demeure du 31 janvier 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 février 2021 et le 7 mars 2022, la commune de Buzançais, représentée par Me Renner, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la correspondance qui lui a été adressée le 31 mai 2019, dont il n'est pas justifié de la date d'envoi ni de réception, ne peut tenir lieu de mémoire de réclamation au sens de l'article 37-2 du CCAG fournitures et services ;
- alors que le différend a été porté à la connaissance de la société requérante le 14 mars 2019, aucun mémoire de réclamation n'a été adressé à la commune, dans le délai de deux mois prescrit par l'article 37-2 susmentionné ;
- s'agissant du différend relatif au règlement des indemnités de résiliation, la commune a expressément pris position le 6 août 2019 de sorte que la société STELLA TELECOM avait jusqu'au 7 octobre 2019 pour lui adresser un mémoire de réclamation. Or, ce n'est que le 31 janvier 2020 que cette société lui a adressé ce mémoire si bien que sa requête est irrecevable.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha, conseiller ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;
- les observations de Me Renner, représentant la commune de Buzançais ;
- et les observations de Me Galbrun, substituant Me Manin, pour la SAS CELESTE.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 août 2018, la commune de Buzancais a informé la société STELLA TELECOM que le lot n°3 " VPN et accès internet " du marché de fourniture de services de télécommunication, marché à prix unitaire, lui était attribué pour une durée de 24 mois. Par un courrier du 3 mai 2019, la commune a résilié ce marché pour faute du titulaire, avec prise d'effet à la date de réception de ce même courrier. Par un courrier du 31 mai 2019, la société STELLA TELECOM a adressé à la commune une facture d'un montant de 9 870,80 euros correspondant au versement d'une indemnité compensatrice due à la résiliation anticipée du marché et couvrant les prestations non réalisées sur les 19 mois du contrat restant à courir. Par un courrier du 6 août 2019, la commune a refusé de s'acquitter de cette facture au motif que les fautes commises par la société justifiaient une résiliation à ses torts, sans indemnité. Par un courrier du 31 janvier 2020, la société STELLA TELECOM a mis en demeure la commune de Buzançais de régler la facture en cause. Par un courrier du 12 février 2020, la commune a confirmé son refus de prendre en charge cette facture. Par la présente requête, la SAS CELESTE venant aux droits de la société STELLA TELECOM demande au tribunal de condamner la commune de Buzançais à lui régler cette somme de 9 870,80 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 37.2 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés de fournitures courantes et services, applicable au marché en cause : " Tout différend entre le titulaire et le pouvoir adjudicateur doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'un mémoire de réclamation exposant les motifs et indiquant, le cas échéant, le montant des sommes réclamées. Ce mémoire doit être communiqué au pouvoir adjudicateur dans le délai de deux mois, courant à compter du jour où le différend est apparu, sous peine de forclusion. /(). " L'apparition d'un différend, au sens de ces stipulations, entre le titulaire du marché et l'acheteur, résulte, en principe, d'une prise de position écrite, explicite et non équivoque émanant de l'acheteur et faisant apparaître le désaccord. Elle peut également résulter du silence gardé par l'acheteur à la suite d'une mise en demeure adressée par le titulaire du marché l'invitant à prendre position sur le désaccord dans un certain délai. Lorsqu'un tel différend apparaît, le titulaire doit présenter, dans un délai de deux mois, un mémoire de réclamation, à peine d'irrecevabilité de la saisine du juge du contrat.
3. Le différend prévu à l'article 37-2 précité du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés de fournitures courantes et services doit être regardé comme étant né au plus tard le 3 mai 2019, ainsi que le reconnaît elle-même la société requérante dans ses écritures, date à laquelle la commune de Buzançais l'a informée de la résiliation à ses torts du marché notifié le 7 août 2018. Si la société requérante fait valoir que par un courrier de mise en demeure de payer du 31 mai 2019 elle a adressé un mémoire de réclamation à la commune, par les seuls éléments qu'elle produit, alors que la commune requérante soutient qu'il n'est justifié ni de la réception ni même de l'envoi de ce courrier, elle ne démontre pas qu'elle aurait communiqué celui-ci dans le délai de deux mois à compter du jour où le différend est apparu. Par suite, et ainsi que le fait valoir la commune de Buzançais, la requête de la société CELESTE est tardive et doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Buzancais, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par la SAS CELESTE au titre des frais de justice. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par cette commune.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de la SAS CELESTE est rejetée.
Article 2:Les conclusions présentées par la commune de Buzançais en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à la SAS CELESTE et à la commune de Buzançais.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026