jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TERRIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et des pièces enregistrés le 26 mai, le 29 juillet et le 5 août 2020, M. D B, représenté par Me Terrien, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Ofii, à titre principal, de rétablir ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son bénéfice, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas suffisamment motivée;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que sa situation de vulnérabilité n'a pas été correctement prise en considération ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision s'apparente à une sanction disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2020, l'Ofii conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme F a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sierra-léonais né en 1994, a présenté une demande d'asile enregistrée le 10 avril 2018 et a accepté à cette date les conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 29 août 2018, le directeur de l'Ofii a procédé à la suspension des conditions matérielles d'accueil. La France étant devenue responsable de sa demande d'asile, M. B a saisi l'Ofii d'une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 11 février 2020, cette demande a été rejetée. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme C E, directrice territoriale à Limoges, laquelle a reçu par une décision du 1er octobre 2017 régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n° 2018-6 du 15 juin 2018, délégation de signer les actes relevant du champ de compétence de cette direction territoriale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 11 février 2020 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision litigieuse par laquelle la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil présentée par M. B a été rejetée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles la directrice de l'Ofii s'est fondée. Elle vise la décision du Conseil d'Etat du 31 juillet 2019 n° 428530 précisant les modalités d'examen d'une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil après la suspension de leur bénéfice, sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision décrit brièvement la situation familiale et administrative de M. B et précise que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale n'a pas fait apparaître de facteur de vulnérabilité. Une telle motivation est suffisante en droit comme en fait. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 portant réforme du droit d'asile, applicable au regard de la date à laquelle l'administration s'était initialement prononcée sur les conditions matérielles d'accueil dont M. B pouvait bénéficier : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; () / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines () ".
5. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Ofii pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
6. D'une part, afin d'établir sa situation de vulnérabilité, M. B fait valoir qu'il est sans ressources, qu'il n'a pas de domicile stable et que son état de santé est fragile. Toutefois, le requérant est célibataire et sans charge de famille. Par ailleurs, les certificats médicaux produits, daté pour le premier du 5 juin 2018 et faisant état de la nécessité d'un suivi biologique, clinique et radiologique tous les six mois, et daté du 24 juillet 2020, pour le second, qui émane d'un psychiatre faisant état d'un parcours migratoire très difficile, ainsi que d'un état psychique " en équilibre très précaire ", ne permettent pas d'établir que M. B serait atteint d'une maladie grave, et ne caractérisent pas expressément l'existence de troubles mentaux significatifs. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'Ofii aurait commis une erreur d'appréciation dans l'appréciation de sa situation au regard de sa vulnérabilité et méconnu les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant sa demande doit être écarté. D'autre part, la circonstance que M. B n'ait pas donné de fausses indications sur son identité et qu'il ne se soit pas rendu au commissariat en vue de permettre l'exécution de la décision de transfert vers l'Italie dont il avait fait l'objet, en raison de sa crainte d'être de nouveau victime de violence sur les routes de l'exil, n'est pas suffisante pour établir que l'Ofii aurait méconnu les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Le moyen doit, par suite, être écarté.
7. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision attaquée constituerait une sanction. En outre, et pour les motifs énoncés au point 6 du présent jugement, il n'est pas démontré que cette décision présenterait un caractère disproportionné au regard de ses conséquences sur la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré d'une disproportion de la mesure doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 février 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et ses conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Terrien et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
La rapporteure,
N. F
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026