jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ZOUNGRANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2020, M. C A, représenté par Me Zoungrana, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 30 juin 2020 en tant que le préfet de la Corrèze l'a assigné à résidence dans le département de la Corrèze, sur la commune de Brive-la-Gaillarde pour une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui remettre sans délai son passeport marocain sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'assignation à résidence en litige :
- est intervenue en violation de l'autorité de chose jugée attachée au jugement du 16 mars 2020 par lequel le tribunal administratif a annulé les décisions du 19 février 2020 par lesquelles le préfet de la Corrèze a décidé de le remettre aux autorités espagnoles et l'assignant à résidence, en méconnaissance du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs ;
- ne trouve aucun fondement légal, en l'absence d'obligation de quitter le territoire français, en méconnaissance de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2020, la préfète de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 18 août 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal n° 2000375 du 16 mars 2020 ;
- le jugement du tribunal n° 2000917 du 16 décembre 2020.
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 1er janvier 1976 à Ait Ishak, est, selon ses déclarations, entré le 1er février 2017 en France muni de son passeport marocain et d'une carte de résident longue durée délivrée par les autorités espagnoles valable jusqu'au 10 novembre 2020. Au vu de l'avis défavorable émis le 29 novembre 2019 par la DIRECCTE sur sa demande de titre de séjour, au-delà des trois mois permis par cette carte, pour exercer une activité salariée, le préfet de la Corrèze a décidé, par deux décisions du 19 février 2020, de reconduire M. A à la frontière et de l'assigner à résidence. Par un jugement du 16 mars 2020, le magistrat désigné du tribunal a annulé ces deux dernières décisions, a renvoyé le surplus des conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour à une formation collégiale du tribunal et a enjoint au préfet de la Corrèze de restituer son passeport à M. A, de réexaminer sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente. Par deux nouvelles décisions du 30 juin 2020, après avoir recueilli les observations de M. A, le préfet de la Corrèze a de nouveau décidé de le remettre aux autorités espagnoles et de l'assigner à résidence. Par un jugement du 16 décembre 2020, le tribunal administratif a rejeté le recours de l'intéressé, enregistré le 16 juillet 2020, contre ces deux décisions. Par une requête enregistrée le 21 juillet 2020, M. A, qui sollicite l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, demande l'annulation du même arrêté du 30 juin 2020 l'assignant à résidence.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2020. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, l'intéressé ne peut se prévaloir de l'autorité de la chose jugée par le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif du 16 mars 2020 annulant l'arrêté du 19 février 2020 par lequel le préfet de la Corrèze avait décidé sa reconduite à la frontière pour remise aux autorités espagnoles, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le présent litige porte sur un arrêté, distinct, du 30 juin 2020, pris après que le préfet ait procédé à un nouvel examen de la situation personnelle de l'intéressé, l'assignant à résidence sur la base du nouvel arrêté pris à la même date décidant à nouveau de le remettre aux autorités espagnoles, et visé dans la décision en litige nonobstant la circonstance que, par une erreur de plume, ne soit pas portée dans ce visa la date dudit arrêté.
5. En second lieu, et contrairement à ce que fait valoir M. A, en prononçant son assignation à résidence à Brive-la-Gaillarde, par son arrêté du 30 juin 2020, après un nouvel examen intervenu notamment après qu'il ait été invité à produire ses observations, le préfet de la Corrèze n'a nullement méconnu l'autorité de chose jugée s'attachant au jugement rendu le 16 mars 2020 par le magistrat désigné par le président du tribunal dans lequel ce magistrat avait seulement, à l'article 4 du dispositif de son jugement, enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant, réexamen qui a été effectué et notamment après la consultation de l'intéressé pour observations le 7 mai 2020. Si M. A relève qu'à la date de l'arrêté préfectoral litigieux, il bénéficiait d'une autorisation provisoire de séjour qui était toujours valable, cette autorisation, qui n'avait vocation qu'à produire ses effets pendant le temps du réexamen de sa situation, a été abrogée par cet arrêté prononçant sa remise aux autorités espagnoles. Enfin, et contrairement à ce que M. A indique, le jugement du 16 mars 2020 du magistrat désigné par le président du tribunal ne lui donnait aucun droit à rester régulièrement en France au-delà de la période nécessaire au réexamen de sa situation par le préfet de la Corrèze. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Corrèze a méconnu l'autorité de chose jugée s'attachant au jugement du 16 mars 2020 ainsi que " le principe à valeur constitutionnelle de séparation des pouvoirs " et, par suite, à demander que l'arrêté du 30 juin 2020 prononçant sa remise aux autorités espagnoles soit déclaré inexistant ou soit annulé.
6. Enfin, l'arrêté du 30 juin 2020 décidant la remise de M. A aux autorités espagnoles est devenu définitif après le rejet, par le jugement susvisé du tribunal du 16 décembre 2020, du recours de l'intéressé contre cette décision. M. A n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision en litige, qui est prise sur le fondement dudit arrêté, est dépourvue de base légale en l'absence d'une autre mesure d'éloignement.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. A au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2:Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Josserand-Jaillet, président honoraire de tribunal administratif,
- Mme Siquier, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
Le rapporteur,
D. D
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. B
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026