mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CHERIFF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2020, Mme D B représentée par Me Cherif, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de mise en demeure du préfet de l'Indre du 11 décembre 2019 tendant à réaliser des travaux sous 15 jours dans le logement qu'elle possède situé à La Brande 36230 Saint Denis de Jouhet ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine dans les délais exigés du conseil départemental de l'environnement, des risques sanitaires et technologiques (CODERST) et de motivation de cet avis, dans l'hypothèse où il aurait été rendu ;
- le rapport établi par l'ARS n'est pas suffisamment motivé ;
- le préfet a entaché son arrêté d'un " vice de motivation " dès lors qu'il a visé à tort les articles L. 521-1 à L. 521-4, inapplicables en l'espèce ;
- le principe du contradictoire a été méconnu dès lors qu'elle n'a pas été à mise à même de présenter des observations en amont de la décision critiquée ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 5 août 2022, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un signalement opéré le 1er avril 2019 par la locataire de Mme B, un contrôle du logement par un technicien sanitaire et de sécurité sanitaire a été effectué le 25 avril 2019, qui a donné lieu à un courrier de l'agence régionale de santé (ARS) du 21 mai 2019 faisant état d'un certain nombre de disfonctionnements notamment au niveau de l'installation électrique et de l'instabilité du plancher. Un deuxième contrôle a été diligenté le 22 novembre 2019 à la suite d'une inondation de la cave signalée par la même locataire. Par un arrêté du 11 décembre 2019, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de l'Indre, sur le fondement de l'article L. 1331-2-1 du code de la santé publique, a mis en demeure Mme B de prendre les mesures d'urgence dans le délai de 15 jours pour supprimer les dangers liés à l'installation électrique, à la structure du plancher et au chauffe-eau.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par la secrétaire générale de la préfecture de l'Indre, Mme C A, pour le préfet de ce département. Par un arrêté du 1er octobre 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département, le préfet de l'Indre a donné délégation à Mme A à l'effet de signer, " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances, procès-verbaux de réunion dont elle assure la présidence, note de service et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Indre ", incluant la signature de " tous actes à caractère individuel ". Ainsi, et alors que l'acte en litige n'est pas au nombre des actes exclus par cette délégation, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier. / () ". L'article L. 1331-26-1 du même code dispose également que : " Lorsque le rapport prévu par l'article L. 1331-26 fait apparaître un danger imminent pour la santé ou la sécurité des occupants lié à la situation d'insalubrité de l'immeuble, le représentant de l'Etat dans le département met en demeure le propriétaire, ou l'exploitant s'il s'agit de locaux d'hébergement, de prendre les mesures propres à faire cesser ce danger dans un délai qu'il fixe. Il peut prononcer une interdiction temporaire d'habiter. / Dans ce cas, ou si l'exécution des mesures prescrites par cette mise en demeure rend les locaux temporairement inhabitables, les dispositions des articles L. 521-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation sont applicables. / ()".
4. Le recours dont dispose le propriétaire d'un logement contre la décision par laquelle l'autorité préfectorale déclare ce logement insalubre et prescrit les mesures nécessitées par les circonstances est un recours de plein contentieux. Il appartient au juge administratif de se prononcer d'après l'ensemble des circonstances de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue.
5. De première part, l'arrête contesté a été pris sur le fondement de l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique, qui ne prévoit pas de procédure contradictoire, ni de saisine du conseil départemental de l'environnement, des risques sanitaires et technologiques (CODERST), compte tenu de l'urgence de la situation justifiant l'établissement de la mise en demeure, et non sur celui de l'article L. 1331-26 du même code auquel la société requérante fait référence. Le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire, de l'absence de saisine du CODERST dans les délais prescrits, de l'absence de motivation de l'avis rendu par cette instance sont donc inopérants et doivent être écartés.
6. De deuxième part, la seule circonstance que l'autorité préfectorale a visé, à tort, les articles L. 521-1 à L. 521-4 du code de la construction et de l'habitation, lesquels ne trouvent à s'appliquer qu'en cas d'interdiction d'habiter, est sans incidence sur le caractère suffisant de la motivation de l'arrêté en litige dès lors que celui-ci en se référant notamment à l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique et en indiquant de manière précise la nature des désordres affectant le logement de Mme B et des travaux à mettre en œuvre pour résorber la situation d'insalubrité comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent.
7. De troisième part, si la requérante soutient que le rapport rendu par l'ARS le 5 décembre 2019 n'est pas assez motivé, ce dernier précise que " le logement présente des moisissures en grande quantité, le renouvellement de l'air est insuffisant, l'installation électrique est dangereuse, une partie du sol de la chambre n°1 est affaissée et la cave est inondée ", " que la situation actuelle pourrait avoir de graves conséquences pour la santé du locataire, ainsi que pour sa sécurité " et " que compte tenu de l'accès à des conducteurs électriques, un chauffe-eau électrique présent dans une cave inondée et un affaissement du plancher ", avant de conclure " qu'une procédure d'urgence sur le logement basée sur l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique sera proposée à [l'autorité préfectorale ] ". Dès lors, ce rapport est suffisamment motivé de sorte qu'en tout état de cause le moyen doit être écarté.
8. De dernière part, pour retenir la procédure d'urgence prévue pas les dispositions de l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique, le préfet s'est fondé sur les motifs que l'accès à des conducteurs électriques, la présence d'un chauffe-eau électrique dans une cave inondée et un affaissement du plancher créaient un risque d'effondrement de ce plancher et d'électrocution pour les habitants de nature à imposer à Mme B des mesures d'urgence à mettre en œuvre sous 15 jours, à savoir supprimer les risques électriques, réparer le chauffe-eau, sécuriser son positionnement et stabiliser la structure du plancher.
9. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'ARS établi le 5 décembre 2019 à la suite de la visite effectuée le 22 novembre précédent qu'à cette date le logement loué par Mme B présentait " des moisissures en grande quantité, que le renouvellement de l'air est insuffisant, que l'installation électrique est dangereuse, qu'une partie du sol de la chambre n°1 est affaissée, que la cave est inondée ". Ces constats ne sont pas sérieusement contestés par la requérante, la circonstance invoquée que le préfet n'a pas jugé utile d'interdire l'habitation étant sans incidence sur l'appréciation des risques qui a été portée. En outre, en se bornant à se prévaloir du fait qu'elle ne réside pas dans le département et que les relations avec les occupants sont délétères, la requérante ne justifie pas que le délai de 15 jours qui lui a été imparti pour réaliser les travaux aurait été insuffisant. Enfin, la requérante n'apporte aucun élément de nature à établir qu'à la date du présent jugement les risques qui ont été relevés pour mettre en œuvre la procédure d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 1331-26-1 précité ne seraient plus actuels. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu des dispositions de l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique en la mettant en demeure de réaliser les travaux mentionnés au point 8 dans un délai de 15 jours.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée y compris ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026