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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2001096

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2001096

jeudi 23 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2001096
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMARTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 août 2020, M. A C, représenté par Me Martin, commis d'office, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

3°) d'annuler la décision du 22 juillet 2020, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) lui a notifié à compter du 22 août 2020 sa sortie de l'hébergement d'urgence des demandeurs d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne d'enregistrer sa demande d'asile, de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale, dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au directeur de l'Ofii de le rétablir dans les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'Ofii une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- en ce qui concerne les refus d'enregistrement en procédure normale de sa demande d'asile :

- il ne pouvait être regardé comme en fuite au sens de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, la décision par laquelle le préfet l'a déclaré en fuite est par suite entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ; les refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale sont en conséquence illégaux ;

- en ce qui concerne la décision du 22 juillet 2020 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration :

- la signataire de la décision en litige ne justifie pas de sa compétence ;

- le principe du contradictoire édicté par l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;

- il ne saurait être considéré comme s'étant soustrait délibérément à la mesure de transfert ; la décision mettant fin à son hébergement d'urgence ne peut trouver de fondement légal dans celle le plaçant en fuite, elle-même illégale ; en tout état de cause, ce sont les illégalités commises par le préfet en refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de renouveler son attestation de demande d'asile, ainsi qu'en le considérant en fuite, qui sont à l'origine de la suspension attaquée et qui rendent celle-ci illégale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable faute d'être dirigée contre une décision faisant grief au requérant, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) conclut au rejet de la requête.

L'Ofii fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, à titre subsidiaire qu'aucun des moyens de celle-ci n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. G a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant malien né le 12 mai 2001 à Kersignane, est, selon ses déclarations, entré, en provenance d'Italie, irrégulièrement le 30 mars 2019 en France où il a demandé l'asile le 20 juin suivant à la préfecture des Hauts-de-Seine qui lui a délivré une attestation de demandeur d'asile en procédure dite " Dublin ", accompagnée des informations sur cette dernière. Le relevé décadactylaire pratiqué à cette occasion a révélé que les autorités italiennes avaient été saisies d'une demande d'asile de l'intéressé le 15 mai 2018. Au vu de cette information, après que l'intéressé ait été mis en mesure de présenter ses observations lors d'un entretien le 20 juin 2019, la préfète de la Gironde, en application de l'article 12-4 du règlement UE n° 604/2013 a obtenu, le 3 juillet 2019, l'accord des autorités italiennes pour se reconnaître responsables de l'examen de sa demande d'asile et, par un arrêté du 20 novembre 2019, notifié à la même date à M. C, assisté d'un interprète, qui a déclaré s'opposer à cette mesure et a formé un recours, rejeté le 12 décembre 2019 par une ordonnance du magistrat désigné du tribunal, contre cette décision, a décidé le transfert de celui-ci en Italie. Convoqué à la préfecture de la Gironde le 12 décembre 2019 pour le 30 décembre 2019 et le 30 décembre 2019 pour le 27 janvier 2020, afin de lui notifier les conditions de son voyage pour l'Italie, M. C, domicilié à Limoges en hébergement d'urgence pour les demandeurs d'asile, ne s'est pas présenté. Il a en conséquence été déclaré en fuite et son délai de transfert aux autorités italiennes a été prolongé de dix-huit mois, jusqu'au 12 juin 2021. Après avoir notifié à M. C le 18 février 2020 son intention de prendre cette mesure à son encontre et avoir recueilli ses observations écrites le 4 mars suivant, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a suspendu, le 10 mars 2020, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil acceptées par M. C le 20 juin 2019, puis lui a notifié, par une décision du 22 juillet 2020, sa sortie d'hébergement à compter au plus tard du 22 août 2020. M. C, qui sollicite son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, demande l'annulation de cette dernière décision et des refus du préfet de la Haute-Vienne d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale :

2. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment des écritures contentieuses et du témoignage produits par M. C, que celui-ci s'est présenté une première fois au service d'accueil des demandeurs d'asile le 5 août 2020, où il a été invité à revenir le lendemain, avant qu'il lui soit précisé oralement le 7 août 2020, après que les agents du service aient effectué les recherches nécessaires, que la décision de placement en fuite prise à son encontre dans le cadre de la procédure dite " Dublin " de traitement de sa demande d'asile faisait obstacle à toute prise en charge d'une nouvelle demande.

3. D'autre part, il est constant qu'après le rejet, par le jugement du 12 décembre 2019 dont M. C n'a pas relevé appel, des conclusions en annulation qu'il avait présentées contre l'arrêté du 12 décembre 2019, ce dernier est devenu définitif. M. C n'apporte aucun élément susceptible de constituer un motif légitime à ses absences, établies par les pièces du dossier, aux deux convocations pour les 30 décembre 2019 et 27 janvier 2020 qui lui avaient été adressées, tandis que l'administration apporte la preuve de son entière information sur la procédure de remise aux autorités italiennes conduite à son encontre. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'en retenant son défaut de présentation pour le considérer en fuite l'administration aurait entaché son signalement du 27 janvier 2020 d'une erreur de fait, une erreur manifeste dans son appréciation de sa situation, ou commis, au regard des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité au point 2, une erreur de droit. Dès lors, les renseignements qui lui ont été donnés sur l'état de la procédure dite " Dublin " dont il faisait l'objet, en sa qualité de demandeur d'asile, aux dates auxquelles il s'est présenté aux services d'accueil des demandeurs d'asile ne sauraient révéler un refus d'enregistrement d'une demande d'asile, sa soustraction aux convocations justifiant que sa demande en cours, traitée selon cette procédure, fasse obstacle à la prise en charge d'une nouvelle et distincte demande d'asile aux autorités françaises, qui n'auraient pu en tout état de cause être regardées comme responsables de celle-ci.

4. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à soutenir qu'un refus illégal de dépôt de demande d'asile en procédure normale lui aurait, dans ces conditions, été opposé, et à en demander l'annulation.

En ce qui concerne la décision du 22 juillet 2020 de la directrice territoriale de l'Ofii:

5. La directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale vise à harmoniser les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en leur garantissant un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Aux termes, toutefois, de l'article 20 de cette directive : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () b)ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; ou c)a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE. ; () / En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites () / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs () ". Aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, transposant ces dispositions : " À la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables ". Aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / () 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ". Enfin et en vertu de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable aux décisions prises après le 1er janvier 2019: " - Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être :1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; () ".

6. ll résulte de ces dispositions, telles qu'éclairées par la décision du Conseil d'État n° 428530-428564 du 31 juillet 2019, que l'Ofii peut, par une décision motivée, après examen de la situation particulière du demandeur intéressé et après l'avoir mis en mesure de présenter ses observations, suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou mettre fin à l'hébergement de l'intéressé lorsque le demandeur n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.

7. En premier lieu, par une décision NOR INTV1726728S en date du 1er octobre 2017, régulièrement publié au bulletin officiel du ministère de l'Intérieur, M. E, directeur général de l'Ofii, a donné à Mme D F, directrice territoriale à Limoges, délégation pour signer notamment toutes décisions " se rapportant aux missions dévolues à la direction de Limoges telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 ", lesquelles incluent ainsi les décisions relatives à l'attribution des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile résidant dans la circonscription administrative de la direction territoriale de Limoges. Il ressort des pièces du dossier que M. C déclare résider à Limoges, commune ressortissant de cette circonscription. M. C n'allègue pas même que les conditions d'exercice de cette délégation n'étaient pas réunies. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision mettant fin à son hébergement d'urgence du 22 juillet 2020 manque en fait et doit être écarté.

8. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de la décision en litige que celle-ci est intervenue, après le recueil des observations de M. C, sur le fondement de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que M. C n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à elles, renvoyant ainsi à la circonstance qu'il ne s'est pas présenté aux convocations susmentionnées qui lui avaient été adressées par la préfecture de la Gironde, en vue de mettre en œuvre sa remise aux autorités italiennes. Dès lors, la décision en litige procède du constat de situation de fuite du 27 janvier 2020 et du report consécutif de l'échéance du délai de transfert au 12 juin 2021. En revanche, la décision du 22 juillet 2020 qui ne fait nullement état dans sa motivation ni même ses visas d'un " refus préfectoral d'accès à la procédure d'asile " ou d'un refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile allégués par M. C, qui n'établit pas à l'instance, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'existence de ces décisions, ne saurait être regardée comme procédant de ces dernières. Dès lors, l'ensemble des moyens, tirés de l'incompétence de leur auteur, d'une violation de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013, d'une erreur de droit et d'une erreur de fait à l'appui de l'exception d'illégalité de ces mêmes décisions invoquées par M. C à fin d'annulation de la décision en litige sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.

9. En troisième lieu, la décision en litige dont le dispositif suspend le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de sa date de signature, le 29 octobre 2019, par application de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité au point 2 du présent jugement, n'a pas pour objet ni ne saurait avoir pour effet de retirer à M. C sa qualité de demandeur d'asile, de rejeter sa demande ou de lui refuser une attestation de demandeur d'asile. En revanche, en cette qualité, elle lui oppose, par ses motifs, sa soustraction aux exigences des autorités chargées de l'asile.

10. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. C a été informé des circonstances énumérées par l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pouvant conduire au refus, au retrait ou à la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du document d'acceptation des conditions matérielles d'accueil qu'il a signé à l'issue de son entretien à l'Ofii du 20 juin 2019, dans une langue qu'il comprend avec le concours d'un interprète.

11. Par ailleurs, il ressort de la notification, pratiquée avec le concours d'un interprète en langue soninke, de l'arrêté du 20 novembre 2019 mentionné au point 1 ci-dessus, ainsi que de la teneur de ses convocations, comportant la feuille de voyage, pour les 30 décembre 2019 et 27 janvier 2020, que M. C était entièrement et précisément informé de ses obligations, dont celle de se présenter à tout rendez-vous à la préfecture de Bordeaux comportant la possibilité d'être placé en rétention administrative, et de la procédure de son transfert aux autorités italiennes. Ainsi, contrairement à ses affirmations, M. C ne peut sérieusement soutenir, à supposer qu'il entende invoquer cette branche du moyen par la voie de l'exception d'illégalité de la procédure transcrivant en droit interne français la procédure du transfert aux autorités du pays membre responsable de l'examen de la demande d'asile, ne pas avoir été informé qu'il faisait l'objet d'obligations en contrepartie de son acceptation des conditions matérielles d'accueil et des sanctions qui s'attachent à leur méconnaissance. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance d'information, dans l'ensemble de ses branches, doit être écarté.

12. D'autre part, il est établi par les pièces du dossier que, ainsi qu'il vient d'être dit, M. C a été convoqué à deux reprises et doté des billets de train nécessaires au voyage depuis son lieu de résidence déclarée à Limoges, pour des rendez-vous à la préfecture à Bordeaux pour les 30 décembre 2019 et 27 janvier 2020, ensuite de la notification de l'arrêté du 20 novembre 2019 décidant son transfert, nonobstant son refus, aux autorités italiennes et que notification devait lui être faite lors de ce rendez-vous, de la feuille dite " routing ", document de voyage fixant son vol de départ vers l'Italie, via l'aéroport de Lyon Saint Exupéry. Il ne justifie d'aucun motif légitime pour ne pas s'être présenté. Dans ces conditions, en retenant son défaut de présentation pour le considérer en fuite l'administration n'a commis aucune erreur de fait ou, au regard des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'erreur de droit.

13. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé, d'une part, à exciper de l'illégalité d'un refus d'enregistrement de demande d'asile à l'appui de son recours contre la décision en litige, d'autre part, à soutenir que le motif de cette dernière, tiré de la soustraction de l'intéressé aux exigences des autorités chargées de l'asile, serait entaché d'une erreur de fait, ou procèderait d'une erreur de droit dans l'application du 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions en litige. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. C au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Martin, à la préfète de la Haute-Vienne et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- M. Josserand-Jaillet, président honoraire de tribunal administratif,

- Mme Siquier, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.

Le rapporteur,

D. G

Le président,

N. NORMAND

Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne

à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

M. B

mf

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