jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GRIMALDI - MOLINA & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 septembre et le 30 novembre 2020, M. B D, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2020 par lequel le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse l'a sanctionné en prononçant une exclusion temporaire de fonctions d'une durée de 18 mois assortie d'un sursis de 9 mois, ensemble la décision du 24 septembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de le réintégrer dans ses effectifs et de reconstituer sa carrière dans un délai de 5 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- certains des faits sur lesquels se fonde la sanction ne sont pas établis;
- d'autres faits ne sont pas fautifs ;
- la sanction prononcée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 relative à la fonction publique de l'État ;
- le décret n° 84 961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, attaché principal d'administration, a été affecté, à compter du 1er septembre 2017, au collège Eugène Freyssinet, à Objat pour exercer les fonctions d'adjoint-gestionnaire d'établissement public local d'enseignement. Par un arrêté du 15 juillet 2020, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a prononcé à son encontre une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions de 18 mois, assortie d'un sursis de 9 mois. L'intéressé demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 24 septembre 2020 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, en vertu de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, les directeurs d'administration centrale peuvent signer au nom du ministre et par délégation, à compter du jour suivant la publication au Journal Officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à partir du jour où il prend effet, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité. Par décret du 2 octobre 2019, publié au Journal Officiel de la République française du 3 octobre 2019, M. C E, auteur de l'arrêté du 15 juillet 2020, a été nommé directeur des ressources humaines du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Dès lors, M. C E disposait d'une délégation de signature lui permettant de signer l'arrêté attaqué, de sorte que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction () ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. L'arrêté attaqué vise les textes applicables à la situation de M. D et mentionne les motifs sur lesquels s'est fondée l'administration pour infliger à l'intéressé la sanction en litige, exposant notamment le détail des différents faits qui lui sont reprochés et en quoi ils revêtent un caractère fautif. Par suite, cet arrêté alors même qu'il ne mentionne pas le nom des personnes en cause ni la date précise des faits reprochés à l'intéressé, est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Premier groupe : l'avertissement ; le blâme. Deuxième groupe : la radiation du tableau d'avancement ; l'abaissement d'échelon ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ; le déplacement d'office. Troisième groupe : la rétrogradation ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans. Quatrième groupe : la mise à la retraite d'office ; la révocation. ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. M. D a été sanctionné pour avoir eu des gestes et des propos déplacés vis-à-vis de deux assistantes d'éducation du collège et pour s'être rendu, à plusieurs reprises le soir, dans les dortoirs des élèves féminines de l'internat au moment des douches malgré différentes mises en garde.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment des témoignages de deux assistantes d'éducation, qu'il est reproché à M. D d'avoir tenu, à plusieurs reprises, des propos inappropriés en leur présence et d'avoir eu des gestes déplacés. Il aurait ainsi dit à une élève en présence de ces deux assistantes : " si elles t'embêtent, tu me le dis et je les tape (.) non je rigole, on ne tape pas les femmes ou seulement avec une rose (), vous ce serait avec les épines () et vous sans les épines ". Il lui est également reproché d'avoir dit à l'une de ces assistantes d'éducation, au cours de la semaine du 1er juin 2019, lors de la visite de l'établissement par des élèves de CM2 et en la tenant par les épaules: " Vous êtes l'une de mes préférées () ne me trahissez pas ". Il lui ait également fait grief d'avoir interpellé cette assistante d'éducation en l'appelant " Femme ", avant de lui indiquer " pas de vouvoiement entre nous, vous savez je suis jeune dans ma tête et j'ai plein de ressources ". Ces faits, qui sont relatés de façon suffisamment circonstanciée et qui ne sont pas sérieusement contestés par l'intéressé, doivent être tenus pour établis.
8. D'autre part, pour prendre sa décision, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse s'est fondé sur des intrusions inopportunes de M. D dans le dortoir des élèves féminines au moment des douches. Il ressort des pièces du dossier notamment du témoignage d'une assistante d'éducation que M. D est venu à plusieurs reprises à l'internat des filles au moment des douches autour de 21 heures, en dépit des demandes contraires qui lui ont été adressées par les élèves et cette assistante d'éducation. Ces intrusions particulièrement inappropriées de la part d'un gestionnaire adjoint, sans missions de surveillance, ont suscité l'inquiétude et la gêne des élèves, certaines d'entre elles ayant été conduites, lors de l'une de ces intrusions et alors qu'elles étaient en serviettes de bain, à crier et à devoir se cacher après que M. D est entré dans le dortoir sans attendre que la surveillante ne lui ouvre la porte. Ces faits, qui ne sont pas sérieusement contestés par le requérant dans leur existence ni dans leur caractère répété et qui sont corroborés par un SMS du principal du collège du 4 juin 2019 demandant à M. D de cesser de passer dans les dortoirs au moment des douches, doivent être tenus pour établis.
9. Ces faits, par leur nature même comme par leur caractère répété, constituent des manquements aux obligations professionnelles de cet agent d'encadrement, notamment à son obligation de dignité et d'exemplarité. Ils portent également atteinte à l'image du service public de l'éducation nationale. Ils présentent un caractère fautif justifiant qu'une sanction disciplinaire soit prononcée.
10. Enfin, en prononçant une exclusion temporaire de fonctions de 18 mois dont 9 avec sursis eu égard à ces faits, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait pris conscience du caractère inapproprié de son comportement vis-à-vis de ses collègues ni des élèves mineurs qui ont eu à subir ses intrusions inopportunes, ni tenu compte des remarques de sa hiérarchie, l'autorité disciplinaire, quand bien même l'intéressé ne présente pas d'antécédents disciplinaires, n'a pas pris une sanction disciplinaire disproportionnée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. D est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Limoges.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026