mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2020, la SAS Ecolim, représentée par Me Crevel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2020 par laquelle la directrice générale de FranceAgriMer a refusé de lui accorder une subvention 90 134,97 euros au titre du fonds opérationnel 2018 ;
2°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance du principe du contradictoire tel que prévu à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la non-éligibilité de la mesure 1.29 pour une réfaction d'un montant de 80 315,07 euros est illégale dès lors que c'est à tort que FranceAgriMer a retenu, d'une part, qu'elle avait pris en charge une dépense pour le compte d'un producteur, la SCEA Le Caillou, avant que ce dernier ne prenne en charge la dépense correspondante, d'autre part, que ce producteur n'avait pas réellement supporté la dépense d'achat dont le remboursement a été demandé à FranceAgriMer ;
- s'agissant de la réfaction pour un montant de 22 530,48 euros au titre de la mesure 1.33, c'est à tort que l'administration a exclu des dépenses éligibles des factures d'achat de palox ;
- s'agissant de la réfaction au titre de la mesure 3-4-8 pour un montant de 15 262,52 euros, c'est à tort que FranceAgriMer a retenu, d'une part, qu'elle avait pris en charge une dépense pour le compte d'un producteur, la SCEA Le Caillou, avant que ce dernier ne prenne en charge la dépense correspondante, d'autre part, que ce producteur n'avait pas réellement supporté la dépense d'achat dont le remboursement a été demandé à FranceAgriMer, enfin que la SCEA Le Caillou " ne fournit pas de justificatif de paiement couvrant la totalité de la dépense d'une facture en date du 13 décembre 2018 du fournisseur ETS Laurent Bernard d'un montant HT de 7 051, 00 euros " ;
- la pénalité qui lui a été appliquée méconnaît les dispositions de l'article 117 paragraphe 3 du règlement n°543/2011 de la commission européenne du 7 juin 2011.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, la directrice générale de FranceAgriMer conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 2200/96 du conseil du 28 octobre 1996 portant organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes ;
- le règlement (UE) n° 543/2011 de la commission du 7 juin 2011 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 404/2011 de la Commission du 8 avril 2011 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 1224/2009 du Conseil instituant un régime communautaire de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Ecolim, dont le siège est situé à Vignols (Corrèze), a été reconnue par un arrêté du 6 septembre 2010 organisation de producteurs de fruits et de légumes au sens du droit de l'Union européenne. Ayant mis en place à compter de 2017 un programme opérationnel, elle a sollicité le bénéfice d'une aide au titre du fonds opérationnel 2018 pour un montant de 90 134, 97 euros. Après avoir réalisé un contrôle le 12 juillet 2019 sur cette société, FranceAgriMer, par une décision du 11 décembre 2019 a prononcé l'inéligibilité des dépenses exposées au titre du fonds opérationnel 2018 et l'a exclue de tout soutien au titre du fonds opérationnel 2019. Par une décision du 21 juillet 2020, ce même établissement a refusé de verser une aide de 90 134,97 euros à la SAS ECOLIM au titre du fonds opérationnel 2018, après avoir prononcé l'inéligibilité au titre de ce fonds de dépenses relatives aux mesures 1.26, 1.29, 1.33 et 3.4.8 pour un montant global de 71 729, 36 euros et avoir infligé une pénalité. La société Ecolim demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 115 du Règlement d'exécution (UE) N° 543/2011 du 7 juin 2011 portant modalités d'application du règlement (CE) no 1234/2007 du Conseil en ce qui concerne les secteurs des fruits et légumes et des fruits et légumes transformés : " 1. Sans préjudice des autres sanctions et pénalités applicables en vertu de la législation de l'Union et de la législation nationale, s'il est établi qu'une organisation de producteurs, une association d'organisations de producteurs ou un groupement de producteurs a commis une fraude en rapport avec l'aide couverte par le règlement (CE) n°1234/2007, les États membres: a) retirent la reconnaissance de l'organisation de producteurs, de l'association d'organisations de producteurs ou du groupement de producteurs; b) excluent les actions ou opérations concernées du bénéfice d'un soutien au titre du programme opérationnel ou du plan de reconnaissance concerné et procèdent au recouvrement de tout montant déjà versé pour cette opération, et c) excluent l'organisation de producteurs, l'association d'organisations de producteurs ou le groupement de producteurs de soutien au titre du programme opérationnel ou du plan de reconnaissance concerné au cours de l'année suivante () ".
3. Pour prendre la décision en litige et refuser le versement de toute aide à la société requérante au titre du fonds opérationnel 2018, FranceAgriMer s'est fondé, d'une part, sur l'inéligibilité d'un certain nombre de dépenses déclarées par cette organisation de producteurs, d'autre part, sur l'application d'une pénalité en application de l'article 117 du règlement (UE) n°543/2011, enfin sur l'existence d'une fraude rendant impossible tout versement au titre de l'année en cause.
4. Par un jugement n° 2000235 rendu le 9 février 2023 et devenu définitif, le tribunal a retenu l'existence d'une fraude commise par la société Ecolim aux fins d'obtenir une aide européenne de 90 134,97 euros au titre du fonds opérationnel 2018, soit la même somme que celle concernée par le présent litige. Pour ce seul motif qui doit être regardé comme établi pour les motifs exposés au point 9 du jugement susmentionné, FranceAgriMer était tenu, au vu des dispositions citées au point 2, d'exclure les actions ou opérations concernées du bénéfice d'un soutien au titre du programme opérationnel 2018. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner l'ensemble des moyens développés par la société requérante qui sont inopérants et alors que l'application d'une pénalité n'a pas eu d'autre effet que de conduire au non versement de l'aide sollicitée au titre du programme opérationnel en cause pour l'année 2018, la SAS Ecolim n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 21 juillet 2020 qu'elle conteste.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de la société Ecolim est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à la SAS Ecolim et à FranceAgriMer.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026