jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | PASCAL AUDREY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2020, Mme A E, représentée par Me Pascal, demande au tribunal d'annuler la décision du 13 août 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne lui a notifié le remboursement d'un indu de primes exceptionnelles de fin d'année d'un montant de 670,78 euros pour les mois de décembre 2018 et décembre 2019.
Elle soutient que :
- elle conteste l'indu de primes exceptionnelles ;
- contrairement à ce qu'allègue la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne, elle est bien séparée depuis octobre 2015 et n'a donc ainsi commis aucune fausse déclaration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2021, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- pour bénéficier de la prime exceptionnelle de fin d'année, il faut être bénéficiaire du revenu de solidarité active socle en novembre ou décembre de la même année ;
- à la suite de la régularisation de sa situation, la requérante ne pouvait pas être bénéficiaire du revenu de solidarité active socle sur la période litigieuse ;
- par conséquent, l'indu de primes exceptionnelles de fin d'année 2018 et 2019 est fondé.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. D a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a notamment bénéficié de prestations sociales, du revenu de solidarité active, de la prime d'activité, de l'allocation de logement familiale et de primes exceptionnelles de fin d'année, sur la base d'une déclaration selon laquelle elle vivait seule. Par une décision en date du 13 août 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a réclamé à Mme E le remboursement d'indus des prestations sociales précitées dès lors qu'un contrôle effectué le 27 janvier 2020 par un agent assermenté a mis en évidence que la requérante n'était pas séparée de son compagnon, père de ses trois enfants. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne du 13 août 2020 en ce qu'elle a réclamé le remboursement d'un indu de primes exceptionnelles de fin d'année pour les mois de décembre 2018 et décembre 2019.
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. Il est revalorisé le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; 3° Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ; 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ".
3. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul () ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci ". Le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite, prévoit les mêmes dispositions pour l'année 2019.
4. Il résulte de l'instruction que les indus de primes exceptionnelles de fin d'année litigieux résultent de la prise en compte de la vie commune de Mme E et M. B au mois d'octobre 2015. La caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a notifié à Mme E des indus de revenu de solidarité active pour la période d'août 2018 à juin 2020. La requérante n'apporte aucun élément de nature à infirmer les constatations de fait précitées effectuées par l'agent de la caisse d'allocations familiales. Ainsi, n'étant plus bénéficiaire du revenu de solidarité active aux mois de novembre et décembre 2018 d'une part, et aux mois de novembre et décembre 2019 d'autre part, la requérante n'avait pas non plus droit aux primes exceptionnelles de fin d'année au titre de 2018 et 2019 et, en application des dispositions de l'article 6 du décret susvisé, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne était, dès lors, fondée à lui en demander le remboursement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme E est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A E et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocation familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le magistrat désigné,
N. D
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026