jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE H SIQUIER |
| Avocat requérant | PASCAL AUDREY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2020, M. D C, représenté par Me Pascal, demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision implicite de rejet prise par la commission de médiation du département de la Haute-Vienne ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commission de médiation de ce département de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2020, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'une décision explicite a été rendue le 29 juin 2020 et a été notifiée à M. C, qui la produit à l'appui de sa requête et qu'ainsi, il n'est pas fondé à contester une décision implicite qui n'est pas née suite au silence gardé par l'administration.
Par une décision en date du 16 septembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hélène Siquier, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la recevabilité de la requête :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
2. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 : " Tout acte, recours, action en justice, () qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". Aux termes du I de l'article 15 de l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif : " I.- Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif ".
3. En l'espèce, le recours exercé par le requérant a été enregistré par la commission de médiation du département de la Haute-Vienne le 31 mars 2020. Le préfet produit, en défense, une décision du 25 juin 2020, dans les délais fixés par l'ordonnance du 25 mars 2020, par laquelle le président de la commission de médiation de la Haute-Vienne a rejeté le recours exercé par le requérant sans toutefois établir que cette décision aurait été notifiée au requérant et que ce dernier en aurait eu connaissance avant de saisir le tribunal. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient le requérant, aucune décision implicite de rejet n'est née. Les conclusions de la requête doivent dès lors être regardées comme dirigées contre la décision de rejet explicite du 25 juin 2020, dont la notification ne peut être établie, et révélée en cours d'instance. Par suite, la fin de non-recevoir, tirée de l'absence de rejet implicite du recours de l'intéressé doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte de ce qui a été dit au point 3 du jugement que les conclusions à fin d'annulation doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision expresse du 25 juin 2020.
5. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". L'article L. 345-2-2 du même code précise que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Enfin, l'article L. 345-2-3 du même code dispose que : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée ".
6. Les dispositions précitées, éclairées par les travaux parlementaires qui ont précédé leur adoption, fixent pour l'Etat une obligation de résultat dont peuvent se prévaloir les demandeurs ayant exercé les recours amiables ou contentieux qu'elles organisent.
7. La décision litigieuse révèle que le requérant a bénéficié à trois reprises d'un hébergement d'urgence et qu'il est inscrit sur la liste d'attente du service intégré d'accueil et d'orientation. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une solution adaptée lui ait été proposée à l'issue de ces hébergements d'urgence. En outre, le requérant soutient, sans être contredit par le préfet, être sans domicile fixe et ne disposer que de très faibles ressources uniquement constituées de l'aide versée par le centre communal d'action sociale de Limoges, s'élevant à 100 euros par trimestre, qu'ainsi, sa situation est précaire à l'entrée de l'automne compte-tenu des niveaux de températures attendues. Par suite, eu égard aux obligations fixées par les dispositions précitées et compte tenu de la situation du requérant qui avait déjà bénéficié à trois reprises d'un hébergement dans une structure d'accueil d'urgence, l'administration a méconnu les dispositions précitées. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions ci-dessus reproduites aux points 5 et 6 du jugement et doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de la situation administrative de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du préfet de la Haute-Vienne en date du 25 juin 2020 est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la situation administrative de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne et à Me Pascal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le magistrat désigné,
H. B
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026