jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LE BONNOIS REMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 octobre 2020 et 27 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Le Bonnois, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, le titre de perception émis à son encontre le 10 juin 2020 par le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne pour un montant de 11 840 euros correspondant à la somme qu'il a perçue de la part de la société Allianz en exécution du jugement du 7 septembre 2012 du tribunal de grande instance de Paris au titre de l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent qu'il a subi en raison d'un accident de la circulation survenu le 5 janvier 2010 à Limoges, d'autre part, la décision du 13 août 2020 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la relance a rejeté le recours qu'il a formé contre ce titre de perception ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner que la créance concernée par le titre de perception soit recouvrée par une suspension du versement de sa pension militaire d'invalidité jusqu'à épuisement de la dette ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à défaut, pour l'agent judiciaire du Trésor, d'avoir produit, en application de l'article 4 de l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959, une créance provisoire et d'avoir sollicité un sursis à statuer sur les postes soumis à recours, les sommes versées au titre de la pension militaire d'invalidité ne peuvent pas faire l'objet d'une demande de remboursement au titre du jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris le 7 septembre 2012 qui a acquis l'autorité de la chose jugée ;
- la créance en cause dans la présente instance est une créance nouvelle ; or, il résulte de la jurisprudence judiciaire que les prestations nouvelles, apparues postérieurement à la décision arrêtant le préjudice global de la victime, supposent nécessairement une aggravation de l'état de santé de la victime, de sorte l'administration ne pourrait solliciter la prise en charge de la pension militaire d'invalidité que dans le cadre d'une aggravation de son état de santé ;
- l'action de l'administration ne pourra être exercée qu'à l'encontre de la société Allianz puisqu'elle dispose d'une action subrogatoire et non pas d'une action directe contre la victime ; il appartient à l'Etat de solliciter la prise en charge de sa créance auprès de la compagnie d'assurance ;
- à titre subsidiaire, si par extraordinaire le tribunal devait rejeter ses conclusions dirigées contre le titre de perception émis le 10 juin 2020 et la décision ministérielle du 13 août 2020, le remboursement sera effectué sous la forme d'une suspension de versement de la pension militaire d'invalidité jusqu'à épuisement de la dette restant due.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut à l'incompétence de l'ordre juridictionnel administratif pour se prononcer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de M. A compte tenu de la nature privée de la créance et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 ;
- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Rally, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 janvier 2010 à Limoges, M. B A, militaire de carrière, a été percuté par un véhicule assuré par la société Allianz alors qu'il traversait un passage piéton. Par un jugement n° 11/08607 du 7 septembre 2012, le tribunal de grande instance de Paris a condamné la société Allianz à verser, d'une part, une somme globale de 34 540 euros à M. A en réparation de ses préjudices résultant de cet accident de la circulation, dont une somme de 11 840 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, d'autre part, conformément aux demandes de l'agent judiciaire du Trésor, une somme globale de 19 489,14 euros à verser à l'Etat au titre de frais médicaux, d'un maintien de rémunération pour la période du 5 janvier au 7 mai 2020 et de charges patronales. Par un arrêté du 28 septembre 2015, M. A s'est vu concéder, compte tenu des séquelles conservées à la suite de l'accident du 5 janvier 2010, une pension militaire d'invalidité prenant effet à compter du 3 février 2012, qui a été renouvelée à titre définitif par un arrêté du 22 février 2016. Estimant que, du fait de la perception de cette pension militaire d'invalidité et de l'indemnité versée par la société Allianz en exécution du jugement du 7 septembre 2012, M. A avait obtenu une double indemnisation de son déficit fonctionnel permanent résultant de l'accident de la circulation du 5 janvier 2010, le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne a émis, le 10 juin 2020, un titre de perception à son encontre d'un montant de 11 840 euros, soit la somme allouée par le tribunal de grande instance de Paris pour la réparation de ce poste de préjudice. Par cette requête, M. A demande l'annulation de ce titre de perception et de la décision du 13 août 2020 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la relance a rejeté le recours administratif qu'il a formé contre cet acte. Il doit également être regardé comme demandant à être déchargé de cette somme de 11 840 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 : " I. Lorsque le décès, l'infirmité ou la maladie d'un agent de l'Etat est imputable à un tiers, l'Etat dispose de plein droit contre ce tiers, par subrogation aux droits de la victime ou de ses ayants droit, d'une action en remboursement de toutes les prestations versées ou maintenues à la victime ou à ses ayants droit à la suite du décès, de l'infirmité ou de la maladie. / II. Cette action concerne notamment : () Les arrérages des pensions et rentes viagères d'invalidité ainsi que les allocations et majorations accessoires ; () III. Le remboursement par le tiers responsable des arrérages de pensions ou rentes ayant fait l'objet d'une concession définitive est effectué par le versement d'une somme liquidée en calculant le capital représentatif de la pension ou de la rente ". Aux termes de l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985 : " Seules les prestations énumérées ci-après versées à la victime d'un dommage résultant des atteintes à sa personne ouvrent droit à un recours contre la personne tenue à réparation ou son assureur : () 2. Les prestations énumérées au II de l'article 1er de l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 relative aux actions en réparation civile de l'Etat et de certaines autres personnes publiques ; () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 124-3 du code des assurances : " Le tiers lésé dispose d'un droit d'action directe à l'encontre de l'assureur garantissant la responsabilité civile de la personne responsable ".
3. L'opposition à un titre exécutoire, lorsqu'elle n'a pas pour objet de contester la régularité en la forme de l'acte de poursuite, doit être formée devant le juge compétent pour apprécier le bien-fondé de la créance dont ce titre exécutoire tend à assurer le recouvrement.
4. Il résulte de l'instruction que le titre de perception émis le 10 juin 2020 à l'encontre de M. A est fondé sur la circonstance que le cumul de la somme de 11 840 euros, qui a été versée par la société Allianz en exécution du jugement du 7 septembre 2012 du tribunal de grande instance de Paris au titre du déficit fonctionnel permanent subi par l'intéressé en raison de l'accident de la circulation du 5 janvier 2020, avec la pension militaire d'invalidité qui a été concédée par l'Etat, postérieurement à ce jugement par arrêté du 28 septembre 2015, place le requérant en situation de victime doublement indemnisée, aux dépens de l'Etat tiers payeur. La créance litigieuse, qui ne tend pas à la répétition d'un indu de pension militaire d'invalidité, est ainsi fondée sur l'action directe que l'Etat, subrogé dans les droits de M. A, pouvait exercer contre la société Allianz, assureur du tiers responsable, en vertu des dispositions combinées citées au point 2. Cette action, qui tend à l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en application du contrat d'assurance, dont il n'est pas soutenu qu'il avait le caractère d'un contrat administratif, est régie par le droit privé et relève de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Le ministre de l'économie, des finances et de la relance est dès lors fondé à soutenir que les conclusions aux fins d'annulation et de décharge présentées par M. A doivent être rejetées comme étant portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Il en est de même des conclusions présentées à titre subsidiaire par le requérant tendant à ce qu'il soit ordonné que le paiement de la créance soit effectué au moyen de la suspension du versement de la pension militaire d'invalidité jusqu'à épuisement de la dette, qui, en tout état de cause, ne figure pas au nombre des injonctions que le juge administratif a le pouvoir de prononcer.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme à verser à M. A sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er: Les conclusions aux fins d'annulation, de décharge et d'injonction présentées par M. A sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 :Les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Ce jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le rapporteur,
J.B. C
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026