jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OUANGARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2020, M. B C, représenté par Me Ouangari, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 mai 2020 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne l'a assigné à résidence au sein de la commune de Limoges ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de renonciation à l'aide juridictionnelle, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
Sur la décision d'assignation à résidence :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la mesure n'est pas nécessaire et proportionnée ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale normale protégé par le préambule de la Constitution de 1946, par l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant obligation de pointage :
- la décision, en ce qu'elle comporte une obligation de pointage est illégale en raison de l'illégalité de l'assignation à résidence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une violation de la loi ;
- cette obligation de pointage est gratuite, disproportionnée et non nécessaire ; la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2021, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête, à titre principal, comme irrecevable et, à titre subsidiaire, comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- le pacte international relatif aux droits civiques et politiques ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
2. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif, d'établir que l'intéressé a régulièrement reçu notification de la décision.
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet de la Haute-Vienne en date du 6 mai 2020 portant assignation à résidence de M. C pour une durée de six mois, qui comporte l'indication selon laquelle l'intéressé dispose d'un délai de deux mois pour former un recours contentieux devant le tribunal administratif, a été notifié le jour même à M. C en présence d'un interprète. Le délai de deux mois dont le requérant disposait pour contester la décision en litige a donc commencé à courir le 6 mai 2020. Au surplus, le requérant n'apporte pas la preuve d'un dépôt de demande d'aide juridictionnelle ou d'un dépôt de recours administratif ayant pu proroger ledit délai contentieux. Ainsi, à la date d'enregistrement de la requête le 15 octobre 2020, l'arrêté attaqué était devenu définitif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de la Haute-Vienne, tirée de la tardivité de la requête, doit être accueillie de sorte que la requête présentée par M. C est irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 mai 2020 portant assignation à résidence et obligation de pointage ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et tendant au remboursement des dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Ouangari et à la préfète de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
La rapporteure,
N. D
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026