jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET MALEVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2020, adressée au tribunal par ordonnance de renvoi du 5 novembre 2020 du tribunal administratif de Bordeaux, et un mémoire enregistré le 14 octobre 2021, M. B E, représenté par Me Stéphanie E, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 6 août 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental de la Creuse a prononcé sa mutation d'office au centre d'exploitation de Crocq ;
2°) d'enjoindre au département de la Creuse de procéder à sa réintégration sur le site de Felletin ;
3°) de mettre à la charge du département de la Creuse la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de la présente instance.
M. E soutient que :
- le mémoire en défense et les pièces versés par le département de la Creuse doivent être écartés des débats dès lors qu'il n'est pas justifié de la compétence de la personne ayant établi le mémoire, lequel est par ailleurs dépourvu de toute signature ;
- la décision attaqué n'est pas signée et est entachée d'un vice d'incompétence à défaut de publication régulière de la délégation de signature ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- en ne consultant pas la commission administrative paritaire, l'autorité territoriale a entaché sa décision d'un vice de procédure l'ayant privé d'une garantie ;
- la décision qui doit s'analyser comme une sanction déguisée est entachée d'un détournement de procédure et de pouvoir ;
- en ne le mettant pas en mesure de consulter son dossier, le département a entaché la décision attaquée d'un vice de procédure ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne à tort l'existence d'une demande de mobilité de sa part ;
- elle est constitutive d'une discrimination dès lors que M. G, lui, n'a pas été muté ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le16 août 2021, la présidente du département de la Creuse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que la décision contestée est une mesure d'ordre intérieur insusceptible d'être contestée devant le juge, subsidiairement que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. F.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un conflit entre deux agents de la direction des routes, relevant de l'unité territoriale technique d'Aubusson, et affectés au centre d'exploitation de Felletin, M. E et M. G, la présidente du département de la Creuse a, par une décision du 6 août 2020, procédé à l'affectation de M. E au centre d'exploitation de Crocq. M. E demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la recevabilité des écritures en défense :
2. La circonstance que la signataire des observations présentées en défense au nom de du département et tendant seulement au rejet de la requête n'aurait pas disposé d'une délégation de signature régulière serait, à la supposer établie, sans incidence sur la solution du présent litige. Par suite, il n'y a pas lieu d'écarter le mémoire en défense produit dans la présente instance comme le demande M. E.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable, alors même que la mesure de changement d'affectation aurait été prise pour des motifs tenant au comportement de l'agent public concerné.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse a eu pour effet de modifier la résidence administrative de M. E, précédemment fixée à Felletin pour la fixer à Crocq, située à 20 kilomètres de distance. Dès lors que la commune ne justifie pas de ce que M. E aurait adressé une demande de mobilité à cette fin, la décision contestée, qui impose un changement de résidence administrative à l'intéressé, doit être regardée comme une mutation d'office et non pas comme une mesure d'ordre intérieur. Par suite, la fin de non-recevoir afférente opposée par présidente du département de la Creuse doit être écartée.
Sur la nature de la décision en litige et le prétendu détournement de procédure :
5. La mutation d'office d'un agent titulaire dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle et matérielle de ce dernier.
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du rapport d'enquête administrative présenté au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du 24 janvier 2020 que la mesure contestée est survenue après qu'un agent du centre d'exploitation de Felletin se soit plaint de difficultés relationnelles avec M. E, contre lequel il a porté plainte le 29 novembre 2019 pour des faits de harcèlement moral. Il ressort de ces mêmes pièces que, en raison de ce conflit, " l'ambiance de travail est tendue dans le centre ", " les problèmes relationnels sont bien réels et ont des répercussions sur l'ensemble de l'équipe et des encadrants ". Dans ces conditions, et quand bien même le collègue de M. E a retiré sa plainte le 13 février 2020 et alors qu'il est constant que chacun de ces deux agents a fait l'objet d'une mutation d'office et que la médiation engagée pour restaurer un climat de travail serein n'a pas été couronnée de succès, la mesure prise à l'endroit de M. E ne révèle pas l'intention du département de sanctionner celui-ci. Par suite, la décision contestée, dont le requérant ne justifie au demeurant pas qu'elle aurait porté atteinte à sa situation professionnelle ou à sa carrière, a bien été prise dans l'intérêt du service de sorte que les moyens tirés du détournement de procédure, du non-respect des garanties de la procédure disciplinaire, de l'insuffisance de motivation au regard notamment des dispositions combinées du 2°) de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L.211-5 du même code doivent être écartés.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été prise par Mme A D, directrice des ressources humaines, laquelle disposait d'une délégation de signature pour prendre un tel acte en vertu d'un arrêté n° 2020-127 du 1er juillet 2020. Par ailleurs, cet arrêté portant délégation de signature a été publié sur le site internet du département le 31 août 2020 de sorte que, à la date de la notification à M. E le 31 août 2020 de la décision critiquée, la délégation de signature était exécutoire et lui était opposable. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration d'asile : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que l'ampliation de la décision attaquée n'est pas signée. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité, dès lors que le département produit dans le cadre de l'instance la décision du 6 août 2020, revêtue de la signature de Mme D.
10. En troisième lieu, la mesure contestée, étant une mutation d'office et non une sanction déguisée, elle ne figure pas au nombre des décisions devant faire l'objet d'une motivation, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant et doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version en vigueur à la date de la décision contestée : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ". Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure tenant à l'absence de consultation préalable de la commission administrative paritaire dès lors que cette formalité n'était pas requise, à la date de la décision en litige, par les dispositions de l'article 52 précitées.
12. En cinquième lieu, la circonstance que la décision litigieuse vise une demande de mobilité de la part de M. E alors que l'existence d'une telle demande ne ressort pas des pièces du dossier, pour regrettable qu'elle soit, est sans incidence sur la légalité de cet acte.
13. En sixième lieu, alors que le collègue de M. E avec lequel il était en conflit a lui aussi fait l'objet d'une mutation d'office, le requérant ne produit pas d'éléments de fait susceptibles de faire présumer qu'il aurait été victime d'une discrimination au travers de la décision de mutation d'office qui lui a été opposée.
14. En septième lieu, ainsi que dit au point 6, la décision du 6 août 2020 a été prise dans l'intérêt du service et a eu pour seul effet d'affecter M. E à une vingtaine de kilomètres de Felletin, où il était précédemment affecté. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le département en procédant à cette mutation d'office doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 août 2020. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. E est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. E et à la présidente du conseil départemental de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. C
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026