jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AVELIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 novembre 2020, 17 et 18 mars 2021 et 24 août 2022, Mme A C demande au Tribunal :
1°) de lui rembourser la somme de 1 409,79 euros mise à sa charge par saisie administrative à tiers détenteur du 2 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Le Menoux " l'entière prise en charge financière du branchement public " ;
3°) de condamner la commune de Le Menoux à lui verser une somme de 2 000 euros à titre de " dommages et intérêts ", avec intérêts au taux légal ;
4°) de mettre à la charge de la commune de le Menoux une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire n'était pas fondé à mettre à sa charge le coût de raccordement au réseau public d'assainissement pour un logement qu'elle occupe 10 rue Jorge Carrasco sur la commune de Le Menoux, ni sur le fondement de l'article L. 1331-2 du code de la santé publique, ni sur celui de l'article L. 1331-6 du même code ;
- la mise à sa charge de ce coût de raccordement méconnaît le principe d'égalité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 février et 31 mai 2021, la commune de Le Menoux, agissant par son maire en exercice, représentée par Me Decressat, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme C d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête, qui doit s'analyser comme un recours de plein contentieux, est irrecevable à défaut de liaison du contentieux, à défaut d'avoir été présentée par un avocat et dès lors qu'elle est dirigée contre une mairie qui n'est pas une personne morale de droit public. A titre subsidiaire, la commune soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 2 juillet 2020 et des conclusions à fin de décharge afférentes.
Une correspondance de la commune de Le Menoux répondant à ce moyen d'ordre public a été enregistrée le 2 septembre 2022 sans être communiquée.
Un mémoire présenté par Mme C répondant à ce même moyen susceptible d'être relevé d'office a été enregistré le 7 septembre 202 sans être communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un titre de recettes émis le 2 novembre 2018, le maire de la commune de Le Menoux a mis à la charge de Mme C la somme de 1 409,79 euros correspondant au coût exposé par cette commune pour raccorder le logement de cette dernière au réseau public d'assainissement. Le recouvrement de ce titre de recette a été poursuivi par une saisie administrative à tiers détenteur (SATD) émise le 2 juillet 2020. Mme C doit être regardée, à titre principal, comme contestant le bien-fondé de la somme réclamée par la commune et comme demandant à être déchargée de l'obligation de payer résultant de cet acte de poursuite.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant du I de l'article 73 de loi du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant du V du même article 73 de la loi du 28 décembre 2017 : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. () / 5° Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement, le comptable public compétent peut, à l'expiration d'un délai de trente jours suivant sa notification, engager des poursuites devant donner lieu à des frais mis à la charge du redevable dans les conditions fixées à l'article 1912 du code général des impôts. / () L'envoi de la mise en demeure de payer tient lieu du commandement prescrit par le code des procédures civiles d'exécution préalablement à une saisie-vente. Dans ce cas, la mise en demeure de payer n'est pas soumise aux conditions générales de validité des actes des huissiers de justice () / 6° Pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 euros, la mise en demeure de payer est précédée d'une lettre de relance adressée par le comptable public compétent ou d'une phase comminatoire, par laquelle il demande à un huissier de justice d'obtenir du redevable qu'il s'acquitte auprès de lui du montant de sa dette () Lorsque la lettre de relance ou la phase comminatoire n'a pas été suivie de paiement, le comptable public compétent peut adresser une mise en demeure de payer. Dans ce cas, l'exécution forcée des poursuites donnant lieu à des frais peut être engagée à l'expiration d'un délai de huit jours suivant la notification de la mise en demeure de payer. / 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie de saisie administrative à tiers détenteur dans les conditions prévues à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales. ".
4. Il ressort de ces dispositions, ainsi que l'a jugé le tribunal des conflits dans sa décision n° 4212 du 14 juin 2021, que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Au vu de ses écritures, Mme C, qui ne conteste pas le titre de recette du 2 novembre 2018 ni ne soutient ne pas en avoir reçu notification, doit être regardée comme ayant saisi à titre principal le tribunal d'une demande tendant à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre en vue du recouvrement de la créance non fiscale mentionnée au point 1, ainsi que, par voie de conséquence, à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée.
6. Ces conclusions, ressortissant du contentieux du recouvrement, ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative mais de celle du juge de l'exécution, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fin de non-recevoir opposées en défense sur ce point, il y a lieu de rejeter la demande de Mme C tendant à l'annulation de l'obligation à tiers détenteur émise le 2 juillet 2020 et à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction, qui ont la même portée que ces conclusions aux fins d'annulation et de décharge.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article R . 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
8. Par les éléments produits à l'appui de ses écritures, Mme C ne justifie pas qu'elle aurait adressé une demande indemnitaire préalable et que cette demande aurait fait l'objet d'une décision de rejet. Ainsi, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, les conclusions de sa requête aux fins d'indemnisation et, par voie de conséquence, celles tendant à ce que les sommes demandées soient assorties des intérêts au taux légal doivent être rejetées en tant qu'elles sont irrecevables, ainsi que le fait valoir la commune de Le Menoux dans la fin de non-recevoir qu'elle a opposée sur ce point.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Le Menoux, qui n'est pas la partie perdante, le paiement de la somme demandée par Mme C, qui ne peut non plus être mise à la charge de cette commune sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, inapplicable au présent litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par la commune sur le fondement des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme C est rejetée.
Article 2:Les conclusions présentées par la commune de Le Menoux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme C et à la commune de Le Menoux.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026