jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOURCHENIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés le 17 décembre 2020, le 24 février 2021, le 1er mars 2021 et le 3 mai 2021, M. A C, représenté par Me Bourchenin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2020 par laquelle la préfète de la Corrèze l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Corrèze de lui restituer son passeport dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, à son bénéfice, une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- c'est au prix d'une erreur manifeste d'appréciation qu'il n'a pas été autorisé à travailler.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2021, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant marocain né en 1982, est entré sur le territoire français en décembre 2013. Par un arrêté du 16 mars 2017, le préfet de la Corrèze lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire. Le recours formé contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif du 11 janvier 2018. Par un nouvel arrêté du 26 juin 2020, le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivré un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Le recours formé contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal du 25 septembre 2020 confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel du 8 décembre 2021. Par une décision du 10 décembre 2020, M. C a été assigné à résidence sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde pour une durée de six mois. C'est la décision dont M. C sollicite l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, M. Mathieu Doligez, secrétaire général de la préfecture de la Corrèze et signataire de l'arrêté attaqué, bénéficie d'une délégation de signature de la préfète de la Corrèze en date du 1er septembre 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 19-2020-082 du même jour, à l'effet de signer " notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire la décision du 10 décembre 2020 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. - 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. La décision en litige, qui porte assignation à résidence du requérant, et qui est distincte de la décision portant obligation de quitter le territoire prise à son encontre, n'a ni pour objet, ni pour effet, de prononcer son éloignement du territoire français. L'argumentation selon laquelle il aurait, en raison de cette décision, vocation à regagner son pays d'origine, ce qui serait contraire à son droit au respect de sa vie privée et familiale, est donc sans influence à l'encontre de la décision du 10 décembre 2020. Par ailleurs, si M. C fait état de la naissance de son premier enfant au mois de décembre 2018, ainsi que de la grossesse difficile de son épouse, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de résident, ainsi que des attaches familiales dont il dispose sur le territoire français, ces éléments ne sont pas de nature, eu égard à l'objet et aux effets de la décision en litige, à démontrer que celle-ci porterait, par elle-même, une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et serait ainsi contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. La décision d'assignation en litige, qui ne prononce pas l'éloignement de M. C du territoire, n'implique aucune séparation de la cellule familiale qu'il forme avec son épouse, son enfant, et son enfant à naître, et dont il n'établit au demeurant pas qu'elle ne pourrait se reconstituer au Maroc. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prononcée en application de l'article L. 561-1 peut être assortie d'une autorisation de travail ".
8. M. C, qui produit une promesse d'embauche, ne démontre ni même n'allègue qu'une autorisation de travail prévue par les dispositions des articles L. 5221-2 du code de travail aurait été sollicitée à son bénéfice. Par suite, et alors au demeurant que la délivrance de l'autorisation de travail n'est par ailleurs qu'une possibilité pour le préfet, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Corrèze aurait entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation en ne l'assortissant pas d'une autorisation de travail.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 10 décembre 2020 par laquelle la préfète de la Corrèze l'a assigné à résidence pour une durée de six mois sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde. Par suite, la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que ses conclusions tendant au remboursement des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
N. D
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. B
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026