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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2100241

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2100241

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2100241
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantGOMOT-PINARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 février 2021, M. C A D, représenté par Me Gomot-Pinard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté sa demande d'autorisation provisoire de séjour pour recherche d'emploi adressée le 9 octobre 2020 ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Indre de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat " aux entiers dépens lesquels seront recouvrés conformément à la loi sur l'aide juridictionnelle ".

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- la décision implicite de rejet méconnaît les dispositions de l'article L.313-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2021, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 mars 2021.

Vu les autres pièces du dossier

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Par une décision du 29 juin 2023, le président du tribunal a désigné M. E en qualité de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Siquier été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

2. M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mars 2021. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A D tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur le refus de titre de séjour :

3. M. A D, né en 1988 à Rabat, ressortissant marocain, est entré en France le 7 septembre 2010 muni d'un visa de long séjour valable du 3 septembre 2010 au 3 septembre 2011 et délivré en qualité d'étudiant. Il a bénéficié à compter de cette date de cartes de séjour temporaire et pluriannuelles en cette qualité jusqu'au 31 octobre 2020. Il présente devant le tribunal une requête tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision implicite de rejet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée d'un an en qualité d'étudiant en recherche d'emploi.

4. Aux termes de l'article L. 313-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " I.- Une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée de validité de douze mois, non renouvelable, est délivrée à l'étranger qui justifie : 1° Soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 313-7, L. 313-18 ou L. 313-27 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret ; 2° Soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " chercheur " délivrée sur le fondement du 4° de l'article L.313-20 et avoir achevé ses travaux de recherche. / II.- La carte de séjour temporaire prévue au I est délivrée à l'étranger qui justifie d'une assurance maladie et qui : 1° Soit entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur. Pendant la durée de la carte de séjour temporaire mentionnée au premier alinéa du I, son titulaire est autorisé à chercher et à exercer un emploi en relation avec sa formation ou ses recherches, assorti d'une rémunération supérieure à un seuil fixé par décret et modulé, le cas échéant, selon le niveau de diplôme concerné. () ; 2° Soit justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches. () ". Aux termes de son article R. 313-11-11 : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Et aux termes de l'annexe 10 à ce code précisant la liste des pièces justificatives à produire pour la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi/création d'entreprise " : " () - diplôme de grade au moins équivalent au master ou diplômes de niveau I labellisés par la Conférence des grandes écoles ou diplôme de licence professionnelle obtenu dans l'année dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national ou attestation de réussite définitive au diplôme () ". Il résulte de ces dispositions que cette demande doit être présentée dans l'année qui suit la délivrance matérielle du diplôme, lequel figure au nombre des pièces devant être produites par le demandeur.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A D qui se borne à produire la copie de la licence professionnelle de sciences et technologies, santé, maintenance des systèmes industriels, de production et d'énergie qui lui a été délivrée le 15 octobre 2018 par l'université Claude Bernard Lyon 1, n'établit pas qu'à la date de sa demande, il possédait un diplôme au moins équivalent au grade de master et ce, en méconnaissance de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. C'est donc à bon droit que le préfet de l'Indre a refusé de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ".

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A D doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance et les dépens :

7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit versée M. A D, qui est la partie perdante, au titre des frais d'instance. D'autre part, si le requérant demande au tribunal de " condamner la préfecture de l'Indre aux entiers dépens lesquels seront recouvrés conformément à la loi sur l'aide juridictionnelle ", il n'établit pas avoir effectivement exposé des dépens au cours de la présente instance. Ces conclusions seront, par suite, rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle présentée par M. A D.

Article 2:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C A D, Me Gomot-Pinard et au préfet de l'Indre.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

La rapporteure,

H. SIQUIER

Le président,

N. NORMAND

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

M. B

mf

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