jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2021, M. E F et M. D F demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Priest-sous-Aixe a sursis à statuer sur la demande de permis de construire n° 087177 21D5708 déposée par Mme G A et M. B H le 12 février 2021 en vue de la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section AH n°3, située 7 petite rue de chez Roger dont ils sont propriétaires et pour laquelle ils bénéficient d'une promesse d'acquisition des pétitionnaires.
Ils soutiennent que :
- le terrain est constructible depuis de nombreuses années et le certificat d'urbanisme est prorogé jusqu'au 27 juillet 2021 ;
- les pétitionnaires veulent acquérir le terrain dont ils sont propriétaires en vue de construire leur maison d'habitation ;
- le terrain se situe à proximité d'une route communale et est desservi par les réseaux ;
- la construction sera implantée sur la partie est du terrain, préservant ainsi la partie boisée de ce dernier ;
- le projet consiste en la construction d'une maison en bois qui s'insère dans le paysage ; la construction sera économe en énergie ;
- le projet ne favorisera pas l'étalement urbain dans la mesure où il est bordé au nord par la route départementale ; il est raisonné et s'intègre dans une logique urbaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2022, la commune de Saint-Priest-sous-Aixe, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen de droit ni aucune conclusion ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 novembre 2023.
M. E F a produit un mémoire qui a été enregistré le 18 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Siquier,
- les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique,
- et les observations de Me Martin, représentant la commune de Saint-Priest-sous-Aixe.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F et M. D F ont hérité de la parcelle cadastrée section AH n°3, située 7 petite rue de chez Roger à Saint-Priest-sous-Aixe, appartenant à leur père. Cette parcelle est classée en zone constructible du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes du Val de Vienne, dont la commune de Saint-Priest-sous-Aixe est membre. Il est constant que cette parcelle bénéficie d'un certificat d'urbanisme positif, prorogé pour une durée d'un an le 27 juillet 2020. La communauté de communes a engagé une procédure de révision de son PLUi. Le projet de PLUi en cours d'élaboration classe la parcelle des requérants en zone naturelle. Or, les pétitionnaires, Mme G A et M. B H envisagent d'acquérir cette parcelle en vue d'y construire leur maison d'habitation. Le maire de la commune a, le 8 mars 2021, sursis à statuer sur leur demande, ce qui remet en cause l'acquisition de cette parcelle par ces derniers. Les requérants contestent cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction en vigueur à la date de délivrance du certificat d'urbanisme du 27 juillet 2020 : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. (). / Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'Etat, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément. Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer. (). ".
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 424-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " () Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. (). ".
4. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir, et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
5. Il résulte de la combinaison des articles L. 410-1 et L. 153-11 du code de l'urbanisme que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsque sont remplies, à la date de délivrance du certificat, les conditions énumérées à l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le conseil communautaire de la communauté de communes du Val de Vienne, par délibération du 2 avril 2015 a prescrit la révision du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) s'est tenu lors du conseil communautaire du 25 juin 2018. Par délibération du 8 décembre 2020, le conseil communautaire a arrêté le projet de PLUi. Il ressort de ce document que les auteurs du PLUi entendent classer le terrain litigieux en zone naturelle dans laquelle toutes nouvelles constructions à usage d'habitation ne seront plus autorisées. Ainsi, les conditions posées par l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme pour opposer un sursis à statuer sur la demande de permis de construire déposée par les pétitionnaires en vue de la construction d'une maison d'habitation étaient réunies, dès lors qu'à la date de la prorogation du certificat d'urbanisme positif, le 27 juillet 2020, les conseillers communautaires avaient débattu des orientations générales du projet d'aménagement durable de la commune et qu'ainsi tout projet de construction d'une maison d'habitation sur la parcelle des requérants, destinée à être classée en zone naturelle était de nature à compromettre l'exécution du futur plan. Dans ces conditions, le maire pouvait, sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur la demande de permis de construire déposée le 12 février 2021 par Mme G A et M. B H.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L. 151-9 de ce code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ". Aux termes de l'article R. 151-24 de ce code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
8. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme, qui ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol, de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
9. Il ressort des pièces du dossier que les auteurs du PLUi entendent maintenir la qualité des milieux naturels et stopper le processus de mitage des espaces naturels et agricoles. La consultation du site Géoportail de l'urbanisme, facilement accessible tant au juge qu'aux parties, révèle que la parcelle cadastrée section AH n°3 se situe en limite du " village " " Chez Roger ". Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette parcelle n'est pas littéralement entourée de constructions. Celle dernière supporte un espace boisé et s'ouvre sur de vastes espaces agricoles et forestiers et ne s'inscrit pas à l'intérieur d'un espace urbanisé. Par ailleurs, les circonstances que les requérants aient trouvé acquéreurs pour la parcelle dont ils sont propriétaires, que cette dernière était, dans l'actuel PLUi, classée en zone constructible, qu'elle soit à proximité d'une route communale et soit desservie par les réseaux, que le projet de construction soit respectueux de l'environnement dès lors que le projet consiste en la construction d'une maison en bois qui s'insère dans le paysage et qui est économe en énergie, que le projet de construction soit implanté dans la partie non boisée de la parcelle et qu'il ne favoriserait pas l'étalement urbain sont sans incidence sur la légalité de son classement en zone N dès lors que nul n'a de droit acquis au maintien d'un texte réglementaire. Dans ces conditions, compte tenu de la nature du projet, de la situation de la parcelle, au milieu d'une zone à vocation naturelle que les auteurs du plan local d'urbanisme entendent préserver, et du parti d'urbanisme envisagé, le maire de Saint-Priest-sous-Aixe, en opposant un sursis à statuer à la demande de Mme A et de M. H au motif qu'elle était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal, n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. E F et de M. D F est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. E F, à M. D F et à la commune de Saint-Priest-sous-Aixe.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
H. SIQUIER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026