mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | EFFICIA |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 avril 2021 et le 30 mars 2022, M. C D, représenté par Me Chainay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2021 par laquelle le président-directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de fonctions de 24 mois dont 12 mois avec sursis ;
2°) de mettre à la charge de l'INSERM une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne lui a pas été communiqué l'intégralité des pièces de son dossier, en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 : certains témoignages utiles à sa défense recueillis par l'administration, lors de l'enquête administrative, n'ont pas été communiqués lors de la procédure disciplinaire ; de plus, il n'a eu connaissance que de 8 comptes rendus d'auditions menées par l'administration lors de l'enquête administrative, et 4 comptes rendus n'ont pas été produits au dossier ;
- la présence d'un tiers, lors de l'audience du conseil de discipline, au moins durant tous les débats, en l'occurrence M. B, délégué régional de l'INSERM, qui avait mené l'instruction de la procédure disciplinaire, qui n'était ni membre de l'instance devant rendre un avis ni " expert " désigné par l'administration, et qui est au moins intervenu à deux reprises lors des débats, a vicié la procédure, d'autant que l'impartialité de ce dernier est sujette à caution ;
- le principe de contradictoire a été méconnu : M. B a demandé à le rencontrer le 6 mars 2019 pour recueillir des éléments de fond sur la procédure, sans qu'aucune formalisation écrite de cet échange n'ait été réalisée ;
- la règle " non bis in idem " a été méconnue dès lors que par une décision du 13 novembre 2019, il a fait l'objet pour les mêmes faits d'un déplacement d'office à l'unité mixte de recherche 1262 à Limoges ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- la sanction prononcée est disproportionnée ;
- la sanction prononcée est entachée de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mars 2022 et le 3 juin 2022, l'INSERM, représenté par la SCP Waquet-Farge-Hazan, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 4 000 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D, à l'exclusion de celui tenant à la disproportion de la sanction, sont inopérants au regard de l'autorité de chose jugée attachée aux jugements n°1903706 et 1903332 du 14 janvier 2021 du tribunal administratif de Rennes, subsidiairement qu'ils sont mal fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905, notamment son article 65 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Chainay pour M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, directeur de recherche de 2ème classe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en poste sur le site de Rennes, après avoir été suspendu temporairement de ses fonctions a fait l'objet d'une révocation par une décision du 4 juin 2019 du président-directeur général de cet établissement. A la suite de l'annulation de cette décision par le tribunal administratif de Rennes par un jugement du 14 janvier 2021, cette même autorité a prononcé par une décision du 25 mars 2021 l'exclusion temporaire de fonctions de l'intéressé pour une durée de 24 mois dont 12 avec sursis. M. D demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". L'article 19 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dispose que : " Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes ".
3. Lorsqu'une enquête administrative a été diligentée sur le comportement d'un agent public ou porte sur des faits qui, s'ils sont établis, sont susceptibles de recevoir une qualification disciplinaire ou de justifier que soit prise une mesure en considération de la personne d'un tel agent, le rapport établi à l'issue de cette enquête, y compris lorsqu'elle a été confiée à des corps d'inspection, ainsi que, lorsqu'ils existent, les procès-verbaux des auditions des personnes entendues sur le comportement de l'agent faisant l'objet de l'enquête font partie des pièces dont ce dernier doit recevoir communication en application de l'article 19 de la loi n° 83 634 du 13 juillet 1983, sauf si la communication de ces procès-verbaux est de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui ont témoigné.
4. Il est constant qu'alors que 33 entretiens se sont déroulés dans le cadre de l'enquête administrative qui a été ouverte à l'encontre de M. D, seuls 25 procès-verbaux d'audition ont été versés au dossier de l'agent et ont pu ainsi être consultés par celui-ci dans le cadre de sa défense. D'une part, la circonstance que les 8 procès-verbaux manquants n'ont pas été signés ne faisaient pas obstacle, contrairement à ce que soutient l'INSERM, à leur communication à M. D, ni même ne suffit à faire regarder les 8 personnes concernées comme ayant entendu manifester leur refus de participer à la procédure disciplinaire. D'autre part, l'INSERM, par ses seules affirmations, ne justifie pas de ce que les éléments contenus dans ces 8 procès-verbaux n'auraient pas été utiles à M. D pour organiser utilement sa défense, ni qu'ils seraient sans lien avec la procédure engagée à son encontre. De troisième part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la communication de ces procès-verbaux, lesquels auraient pu être " anonymisés " en tant que de besoin ou faire l'objet d'une synthèse insérée dans le dossier individuel de M. D aurait été de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui ont témoigné. Dans ces conditions, et alors que l'INSERM ne fait pas la preuve que le requérant aurait été informé lors de la communication de son dossier que des procès-verbaux étaient manquants, M. D ne peut être regardé, alors que le conseil de discipline s'est tenu le 9 mai 2019, comme ayant été mis à même de demander la jonction de ces procès-verbaux manquants, en temps utile. Par suite, cette irrégularité de procédure a effectivement privé M. D d'une garantie de sorte que celui-ci est fondé à soutenir que la décision en cause doit être annulée au vu de ce moyen, lequel est opérant contrairement à ce que soutient à tort l'INSERM, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante, la somme que réclame l'INSERM au titre des frais d'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'INSERM une somme à verser à M. D au titre de ces mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 25 mars 2021 de l'INSERM est annulée.
Article 2:Les conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. C D et à l'Institut national de santé et de recherche médicale.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026