mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CHRISTIAN DELPY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2021, Mme B D, représentée par Me Labrousse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 en tant que la directrice de l'établissement public départemental autonome (EPDA) du Glandier l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 1er mars 2021 et en tant qu'elle a été privée du maintien de son plein traitement jusqu'à son admission à la retraite ;
2°) d'enjoindre à la directrice de cet établissement à réexaminer sa situation dans le délai de 2 mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'EPDA du Glandier la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée méconnait son droit au maintien de son traitement jusqu'à la reprise de son service ou sa mise à la retraite en cas d'invalidité imputable au service ;
- elle ne pouvait légalement être placée en disponibilité d'office ;
- l'EPDA du Glandier, en ne lui proposant qu'un seul poste de reclassement et en s'étant abstenu d'effectuer des recherches sérieuses de reclassement a méconnu son obligation de reclassement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet et 15 septembre 2021, l'EPDA du Glandier, représenté par Me Delpy conclut au rejet de la requête comme non fondée et à ce que soit mise à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Bonnié pour l'EPDA du Glandier.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D est affectée à un poste d'aide-soignante à l'EPDA du Glandier, à Lubersac, en Corrèze, depuis le 1er juillet 2009. Le 19 juillet 2013, elle a été victime d'un accident de service et a été placée, par la suite, en arrêts de travail, lesquels ont été renouvelés à plusieurs reprises. Après avoir fait procéder à deux expertises médicales et avoir consulté la commission de réforme puis le comité médical, la directrice de l'EPDA du Glandier a, par une décision du 11 mars 2021 dont l'intéressée demande l'annulation, placée Mme D en disponibilité d'office à compter du 1er mars 2021, pour raison de santé, dans l'attente des démarches administratives et indiqué qu'à réception de l'avis de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) validant une retraite pour invalidité à compter du 1er mars 2021, Mme D devra procéder au remboursement des sommes versées par l'établissement dans l'attente de sa mise à la retraite.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 17 du décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige (version en vigueur du 8 octobre 2011 au 21 mai 2021) : " Lorsque le fonctionnaire est dans l'incapacité de reprendre son service à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir. Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service qu'après l'avis favorable du comité médical. Si l'avis du comité médical est défavorable, le fonctionnaire est soit mis en disponibilité, soit, s'il le demande, reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme des agents des collectivités locales. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. ". Aux termes de l'article 36 du même texte : " La mise en disponibilité prévue aux articles 17 et 35 du présent décret est prononcée après avis du comité médical ou de la commission départementale de réforme sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. Elle est accordée pour une durée maximale d'un an et peut être renouvelée à deux reprises pour une durée égale. Toutefois, si à l'expiration de la troisième année de disponibilité le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du comité médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un troisième renouvellement. L'avis est donné par la commission de réforme lorsque le congé antérieur a été accordé en vertu du deuxième alinéa du 4° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. Le renouvellement de la mise en disponibilité est prononcé après avis du comité médical. Toutefois, lors du dernier renouvellement de la mise en disponibilité, c'est la commission de réforme qui est consultée. " Aux termes de l'article 29 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " La mise en disponibilité d'office prévue à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ne peut être prononcée que s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues par la section 3 du chapitre V de cette loi. La durée de la disponibilité prononcée d'office ne peut excéder une année. Elle peut être renouvelée deux fois pour une durée égale. Si le fonctionnaire n'a pu, durant cette période, bénéficier d'un reclassement, il est, à l'expiration de cette durée, soit réintégré s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice des fonctions admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié. "
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'expertise du docteur C du 19 janvier 2021, dont la teneur n'est pas contestée par la requérante, que cette dernière, en arrêts de travail pour accident de service depuis le 16 octobre 2016 en raison d'une lésion de son genoux gauche, était à la date de cette expertise dans l'incapacité totale et définitive d'exercer une quelconque fonction au sein de l'EPDA du Glandier. Sur la base de ce rapport, la commission de réforme, dans un avis du 4 février 2021, a conclu à l'inaptitude totale et définitive à l'exercice de toute fonction de Mme D avant que le comité médical ne délivre le 9 mars 2021 un avis favorable au placement de la requérante en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 1er mars 2021, dans l'attente de son placement à la retraite. Dans ces conditions, et alors que la requérante ne conteste pas la réalité de son inaptitude totale et définitive telle qu'elle a été relevée par la commission de réforme sur la base du rapport d'expertise susmentionné, elle ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de son droit à se voir proposer un reclassement dès lors que l'EPDA, qui lui a au demeurant proposé un poste de reclassement comme veilleur de nuit en décembre 2019, n'était pas tenu, au vu de cette inaptitude absolue et définitive, de rechercher si un tel reclassement était possible dans ou en dehors de ses services. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance par l'EPDA de son obligation de reclassement doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ".
5. D'une part, en plaçant provisoirement, au vu notamment du sens des avis de la commission de réforme et du comité médical mentionnés au point 3, Mme D en disponibilité d'office pour raisons de santé, dans l'attente que soit menée à son terme la procédure de mise à la retraite pour invalidité, la directrice l'EPDA du Glandier, qui a placé l'intéressée dans une position régulière, n'a pas commis d'illégalité.
6. D'autre part, si la requérante soutient que par sa décision du 11 mars 2021, la directrice de l'EPDA du Glandier " l'aurait incité à formaliser une demande de mise en retraite anticipée ", il ne ressort pas des termes de cette décision, laquelle se borne à faire référence à des démarches administratives en attente, qu'une telle invitation aurait été formulée.
7. Enfin, en vertu des dispositions citées au point 4, Mme D, dont la maladie provient d'un accident de service ainsi que dit au point 1, avait droit au bénéfice d'un plein traitement jusqu'à son admission à la retraite. Si l'établissement défendeur établit avoir assuré la poursuite du versement d'un plein traitement entre le 1er mars 2021 et la date d'admission à la retraite de l'intéressée à la fin du mois de mai 2021, l'article 2 de la décision critiquée prévoit le remboursement des sommes ainsi versées, alors que cette admission à la retraite qui rétroagit à la date de fin des congés de maladie n'a pas pour effet de retirer le caractère créateur de droit du maintien de traitement prévu par les dispositions citées au point 4, lequel n'a pas un caractère provisoire. Par suite, Mme D est fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige en tant seulement qu'il a prévu le remboursement des sommes versées au titre du maintien de son plein traitement entre le 1er mars 2021 et la date à laquelle a été prononcée son admission à la retraite.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Ainsi que le demande la requérante, il y a lieu d'enjoindre à la directrice de l'EPDA du Glandier de réexaminer sa situation en tenant compte de ce qui a été dit au point 7 dans un délai de 3 mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais de justice :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme D, qui ne peut être regardée comme la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une quelconque somme au titre des frais d'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'EPDA du Glandier une somme de 1 000 euros à verser à Mme D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: L'article 2 de la décision du 11 mars 2021 est annulé.
Article 2:Il est enjoint à la directrice de l'EPDA du Glandier de réexaminer la situation de Mme D au vu de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement dans un délai de 3 mois à compter de la date de notification de cette décision.
Article 3:L'EPDA du Glandier versera à Mme D une somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5:Les conclusions présentées par l'EPDA du Glandier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6:Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à l'établissement public départemental autonome (EPDA) du Glandier.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026