LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2100821

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2100821

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2100821
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantGUILLOT OLIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 mai 2021, le 22 juin 2021 et le 6 septembre 2023, M. C D, représenté par Me Plas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2021 par lequel le maire de la commune d'Oradour-sur-Glane a délivré un permis d'aménager à M. E et Mme B ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Oradour-sur-Glane la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la recevabilité :

- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie d'un intérêt à agir ; elle a été enregistrée dans le délai de recours contentieux de deux mois suivant la notification de la décision attaquée ; il justifie avoir procédé à l'accomplissement des formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la légalité externe :

- le permis d'aménager contesté a été délivré au vu d'un dossier incomplet dès lors que le projet architectural qui tient lieu de projet d'aménagement est insuffisant et ce, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme et que les informations et documents exigés par les articles R. 441-2, R. 441-4 et R. 442-5 du code de l'urbanisme n'ont pas été produits.

En ce qui concerne la légalité interne :

- dans la mesure où les terrains classés 2 AU n'ont pas été ouverts à l'urbanisation dans

les neuf années faisant suite au plan local d'urbanisme (PLU), l'arrêté est illégal en ce qu'en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme, il n'a pas été précédé d'une révision du PLU ;

- l'arrêté contesté méconnaît les articles R. 111-2 du code de l'urbanisme, UB 3 et 1 AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane ;

- il méconnait également les article UB 4 et 1 AU 4, 2) Eaux pluviales du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane ;

- il méconnait les articles UB 6 et 1 AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2021, la commune d'Oradour-sur-Glane, représentée par Me Monpion, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit fait, en tant que de besoin, application des articles L. 600-5-1 et L. 600-5 du code de l'urbanisme et à la mise à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir du requérant ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par un mémoire, enregistré le 27 juin 2023, M. F E, représenté par Me Guillot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir du requérant ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chambellant,

- les conclusions de M. Slimani, rapporteur public,

- les observations de Me Plas, représentant M. C D,

- et les observations de Me Monpion, représentant la commune d'Oradour-sur-Glane.

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 février 2021, le maire de la commune d'Oradour-sur-Glane a délivré à M. F E et Mme G B un permis d'aménager un lotissement de 15 lots à bâtir pour une surface de plancher totale autorisée de 3 750 m2, sur les parcelles cadastrées AT 131, 132 et 468 de la commune, situées route de Saint-Junien au lieu-dit " Le Peyrou ", d'une superficie de 21 600 m2, lesquelles font partie à la fois d'une zone UB et d'une zone 1AU. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. D est propriétaire d'une parcelle contiguë au projet. Il expose à bon droit que l'accès au projet de lotissement aura nécessairement pour effet de générer du trafic supplémentaire créant des nuisances sonores et des difficultés pour accéder à sa propre parcelle. Dans ces conditions, la construction attaquée est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien, et la fin de non-recevoir opposée en défense doit ainsi être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager :

5. Aux termes des dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme : " Un projet architectural, paysager et environnemental est joint à la demande. Il tient lieu du projet d'aménagement mentionné au b de l'article R*441-2. /Il comporte, outre les pièces mentionnées aux articles R*441-2 à R*441-8 : / a) Deux vues et coupes faisant apparaître la situation du projet dans le profil du terrain naturel ; / b) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ; / c) Le programme et les plans des travaux d'aménagement indiquant les caractéristiques des ouvrages à réaliser, le tracé des voies, l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments qui seront édifiés par les acquéreurs de lots ainsi que les dispositions prises pour la collecte des déchets ; / d) Un document graphique faisant apparaître une ou plusieurs hypothèses d'implantation des bâtiments. ". Aux termes de l'article R. 441-2 du même code : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet d'aménagement comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 441-3 et R. 441-4. ". Aux termes de l'article R. 441-4 de ce code : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer. ".

6. La régularité de la procédure d'instruction d'un permis d'aménager requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par le code de l'urbanisme. Pour autant, la circonstance que le dossier de demande ne les comporterait pas tous ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager comporte une note de présentation qui précise l'organisation et l'aménagement du projet ainsi qu'un programme des travaux, des plans de composition, de coupes et cinq photographies. L'ensemble de ces éléments présente l'environnement proche et lointain ainsi que l'état du terrain d'assiette antérieurement à la réalisation du projet. Par suite, l'autorité administrative a été mise à même d'apprécier la conformité du projet à l'ensemble des dispositions précitées.

8. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, le projet architectural pris en toutes ses composantes prévoit, conformément aux prescriptions du service départemental incendie et secours (SDIS) 87 dans son avis du 14 décembre 2020, que " La défense incendie sera assurée par la pose d'un poteau incendie à l'entrée du lotissement. Le Syndicat VBG informe que la conduite existante PVC diamètre 90 sur laquelle le nouveau réseau va être raccordé à un débit de 37m3/h sous 1 bar. Le poteau incendie pourra donc délivrer un débit de 30m3/h. (Il est précisé que les services du SDIS 87 ont été consultés et ont validés ce principe de défense incendie en amont du dépôt du Permis d'Aménager) ". Le moyen tiré de ce qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le point d'eau incendie serait implanté à moins de 200 mètres de chaque lot doit, dès lors, être écarté.

9. Enfin, le requérant soutient que le dossier de demande de permis d'aménager serait incomplet dès lors qu'aucun élément n'est relatif à la gestion des déchets. La commune d'Oradour-sur-Glane se borne à indiquer en défense que la collecte des déchets sera assurée par des bacs individuels. S'il ressort des termes de l'article 6 du règlement de lotissement, pièce PA10, relatif au ramassage des ordures ménagères que " l'aire de retournement ne devra pas être encombrée par du stationnement ", cet article ne prévoit aucunement les modalités de gestion des déchets et ce, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme doit être retenu s'agissant de la gestion des déchets.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme :

10. Aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide :/() 4° Soit d'ouvrir à l'urbanisation une zone à urbaniser qui, dans les neuf ans suivant sa création, n'a pas été ouverte à l'urbanisation ou n'a pas fait l'objet d'acquisitions foncières significatives de la part de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, directement ou par l'intermédiaire d'un opérateur foncier () ".

11. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que la zone du lieu-dit " Le Peyrou ", située route de Saint-Junien sur la commune d'Oradour-sur-Glane, initialement classée par le plan local d'urbanisme du 28 octobre 2008 en zone 2AU correspondant à une zone dont l'ouverture à l'urbanisation peut être conditionnée à une évolution du document d'urbanisme, a été partiellement classée en zone 1AU correspondant à une zone ouverte à l'urbanisation suite à la modification du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Oradour-sur-Glane, approuvée par la délibération du 5 octobre 2010 du conseil municipal de la commune d'Oradour-Sur-Glane. Il ressort plus précisément des termes de cette délibération que les parcelles nos 413 à 132 sont désormais classées en zone 1AU, moins de neuf ans après l'adoption du plan local d'urbanisme en litige. Par suite, les parcelles nos131, 132 et 468, qui se situent dans la zone 1AU conformément au rapport de présentation de la modification du plan local d'urbanisme, pouvaient donner lieu à l'édiction d'un permis d'aménager un lotissement sans révision préalable du plan local d'urbanisme. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la délivrance du permis d'aménager était conditionnée par la révision du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme, article UB 3 et 1 AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane :

12. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Aux termes des articles UB 3 et 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane : " () Lorsque le terrain est riverain de plusieurs voies publiques, l'accès sur celle de ces voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit. Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie, et de la protection civile. Toute opération doit prendre le minimum d'accès sur les voies publiques. Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. () ".

13. En l'espèce, d'une part, la voie d'accès à créer, d'une largeur de 5 mètres, dans le cadre du projet prend appui sur la route départementale 101 - route de Saint-Junien - à un endroit où, ainsi qu'il ressort de plusieurs photographies, la visibilité des conducteurs ne souffre d'aucune difficulté. D'autre part, si cette voie d'accès débouche sur cette route départementale dont la vitesse est limitée à 50 Km/heure, dans une zone de l'agglomération, il ressort des pièces du dossier qu'aux abords du terrain d'assiette, existent d'autres constructions dont l'accès se situe également sur la route départementale sans que des risques aient été relevés par le conseil départemental dans son avis du 7 décembre 2020. Ainsi, les risques allégués par le requérant étant dépourvus de réalité, celui-ci n'est fondé à soutenir que l'arrêté litigieux serait entaché d'illégalité en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles UB 4 et 1 AU 4, 2) Eaux pluviales du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane :

14. Aux termes de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane : " Les aménagements réalisés sur le terrain doivent limiter l'imperméabilisation des sols, et les eaux pluviales seront dans la mesure du possible recyclées ou à défaut, conservées sur la parcelle et infiltrées dans le sol. Toutefois, si la nature des terrains, l'occupation, la configuration ou l'environnement de la parcelle ne le permettent pas, les aménagements seront conçus de façon à limiter les débits évacués dans le réseau collecteur prévu à cet effet. Ces aménagements seront à la charge exclusive du pétitionnaire. /Lorsque la construction ou l'installation envisagée est de nature à générer des eaux pluviales polluées, dont l'apport risque de nuire gravement au milieu naturel ou à l'efficacité des dispositifs d'assainissement, le constructeur ou l'aménageur doit mettre en œuvre les installations nécessaires pour assurer la collecte, le stockage éventuel et le traitement des eaux pluviales et de ruissellement. "

15. Le requérant soutient que le dossier de demande de permis d'aménager ne prévoit aucun dispositif relatif à la gestion des eaux pluviales notamment en ce qui concerne la limitation de l'imperméabilisation des sols. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier et en particulier du récépissé de déclaration concernant l'aménagement de lotissement du 13 février 2021 et du programme des travaux, que le projet a prévu un récolement des eaux pluviales dans un réseau d'évacuation à destination d'un bassin de rétention avant le rejet du débit de fuite de ce bassin dans le réseau pluvial public, en tenant compte des besoins de compensation des surfaces imperméabilisées des 15 lots. Par ailleurs, le requérant n'avance aucun élément sérieux pour contester le caractère suffisant des travaux programmés suite à l'obtention du récépissé précité. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 6 et de l'article 1 AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane :

16. Article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Oradour-sur-Glane :

" 1 -Les constructions doivent respecter un retrait minimum de 15 m par rapport à l'axe des Routes Départementales, hors agglomération. / 2 - Les constructions doivent être édifiées en respectant un retrait minimum de 5 m par rapport à l'alignement des autres voies existantes, ou de la limite qui en tient lieu.() ".

17. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort du plan de composition que d'une part, le polygone d'implantation du lotissement respecte un retrait minimum de 15 mètres par rapport à l'axe de la route départementale n° 101 et, d'autre part, que les constructions telles que développées par le projet architectural respectent un retrait de 5 m par rapport à l'alignement des autres voies existantes soit en l'espèce, la voie d'accès desservant le lotissement. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est uniquement fondé à demander l'annulation du permis d'aménager délivré le 10 février 2021 à M. E et Mme B en tant que le projet autorise l'implantation d'un lotissement de 15 lots d'une superficie de 21 600 mètres carrés au lieu-dit " Le Peyrou " à Oradour-sur-Glane en raison de l'incomplétude du dossier.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

19. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

20. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que, lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge administratif doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation.

21. Il ressort des pièces du dossier que l'illégalité résultant de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager relevée au point 9 du présent jugement affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis d'aménager au sens de ce texte et de fixer à quatre mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel le pétitionnaire pourra demander la régularisation de ce permis.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mises à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par la commune d'Oradour-sur-Glane et M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

23. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune d'Oradour-sur-Glane une somme de 1 000 euros à verser à M. D.

D E C I D E :

Article 1er: L'arrêté du 10 février 2021 par lequel le maire d'Oradour-sur-Glane a délivré un permis d'aménager à M. E et Mme B est annulé en tant que le dossier du projet autorisé d'implantation d'un lotissement de 15 lots d'une superficie de 21 600 mètres carrés au lieu-dit " Le Peyrou " à Oradour-sur-Glane est incomplet.

Article 2:Il appartiendra à M. E de solliciter de l'autorité administrative compétente, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, une régularisation rendant le projet en litige conforme aux dispositions de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme.

Article 3: La commune d'Oradour-sur-Glane versera une somme de 1 000 (mille) euros à M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Plas, à la commune d'Oradour-sur-Glane, à Me Monpion, à M. A E, à Mme G B et à Me Guillot.

Délibéré après l'audience du 5 avril 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- Mme Chambellant, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.

La rapporteure,

J. CHAMBELLANT

Le président,

N. NORMAND

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

if

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026