jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100902 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2021, Mme C B, représentée par Me Armand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2021 par laquelle la préfète de la Corrèze a l'assignée à résidence pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est illégale dès lors qu'elle a été prise pour l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire du 5 février 2019 qui a été annulée par une décision du tribunal du 29 mai 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2021 la préfète de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la référence dans la décision à l'arrêté portant interdiction de retour du 5 février 2019 constitue une erreur matérielle et que la décision est prise sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant l'arrêté portant interdiction de retour pris le 3 juillet 2019.
Par un courrier du 14 décembre 2023, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'inapplicabilité à la situation de la requérante des dispositions du 2° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles est fondée la décision d'assignation à résidence litigieuse, base légale erronée à laquelle il pourra être substitué celle des dispositions du 1° du même article.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune partie n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise née en 1981, est entrée en France en situation irrégulière au mois de septembre 2016, selon ses déclarations, accompagnée de son époux et de ses trois enfants. Sa demande d'asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2017. Par un arrêté du 5 février 2019, la préfète de la Corrèze a rejeté une demande de titre de séjour déposée par Mme B, prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un jugement du 29 mai 2019, le tribunal administratif de Limoges a prononcé l'annulation de cet arrêté en tant qu'il mettait à la charge de la requérante une obligation de quitter le territoire et a enjoint au préfet de réexaminer sa situation. A la suite de ce réexamen, une nouvelle décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour, a été prise par la même autorité le 3 juillet 2019. Par un jugement rendu le 17 octobre 2019, le tribunal a rejeté la requête présentée contre cette décision, dont la légalité a également été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 9 juillet 2020. Par une décision du 3 juin 2021, la préfète de la Corrèze a assigné à résidence Mme B pour une durée de six mois. Mme B sollicite l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ". Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ayant sur ce point la même portée que les dispositions antérieures de l'article R. 511-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé du caractère exécutoire de cette décision et de ce que la durée pendant laquelle il lui est interdit de revenir sur le territoire commence à courir à la date à laquelle il satisfait à son obligation de quitter le territoire français ".
3. Il résulte de ces dispositions combinées que l'assignation à résidence, qui a pour objet de permettre la mise à exécution d'une mesure d'éloignement, ne peut être fondée sur une interdiction de retour sur le territoire que lorsque celle-ci a commencé à courir, donc après l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et le retour irrégulier de l'intéressé.
4. Il ressort tant des termes de la décision attaquée que des écritures en défense que la préfète de la Corrèze a entendu fonder la décision portant assignation à résidence en litige sur les dispositions du 2° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en faisant état à ce titre de ce que la requérante avait fait l'objet d'une décision d'interdiction de retour d'une durée d'un an le 5 février 2019. S'il ressort des pièces du dossier que la préfète de la Corrèze a entendu viser son arrêté du 3 juillet 2019, ayant la même portée que celui du 5 février 2019 qui avait été annulé par le tribunal, il résulte de ce qui précède que ce fondement ne pouvait justifier légalement la décision dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas été exécutée par l'intéressée et que, par suite, l'interdiction de retour prise à son encontre n'avait pas commencé à courir.
5. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
6. En l'espèce, en premier lieu, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées, dès lors que Mme B a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français non exécutée intervenue le 3 juillet 2019, postérieurement à l'annulation prononcée par le tribunal dont se prévaut la requérante, de l'arrêté du 5 février 2019 visé par erreur par la décision attaquée. En deuxième lieu, cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
7. Au vu de ce qui précède et dès lors que la circonstance que la décision portant assignation à résidence vise à tort la décision portant obligation de quitter le territoire du 5 février 2019 annulée par le tribunal et non celle du 3 juillet 2019 mentionnée précédemment et ayant le même objet, relève d'une simple erreur de plume, le moyen tiré de ce que l'arrêté doit, pour ce motif, être annulé sera écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B à l'encontre de la décision l'assignant à résidence pour une durée de six mois doivent être rejetées. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. A
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026