jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | SELAS GOUT DIAS AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juin 2021 et le 16 mai 2023, M. A C, représenté par Me Courtet Gout, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze a rejeté sa demande tendant à la prise en charge au titre de l'aide sociale à l'hébergement des frais d'hébergement de sa mère au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des Lauriers de Sainte Fortunade, ensemble la décision du 16 septembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner le conseil départemental de la Corrèze à attribuer à Mme B C, à compter rétroactivement de sa date d'entrée à l'EPHAD le 21 juin 2007, une aide sous la forme d'une prise en charge de ses frais d'hébergement, et ce sous astreinte définitive de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au conseil départemental de la Corrèze de procéder au réexamen de la demande aux fins de prise en charge des frais d'hébergement de Mme C, ce conformément aux dispositions des articles L. 132-1 et R. 131-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles ;
4°) de dire et juger n'y avoir lieu à écarter l'exécution provisoire de la décision à intervenir ;
5°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Corrèze à lui verser la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
6°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Corrèze la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
7°) de condamner le conseil départemental de la Corrèze aux entiers dépens.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait dès lors que ses ressources financières sont insuffisantes pour couvrir les frais d'hébergement de sa mère au sein de l'EHPAD ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation financière de sa mère et des obligés alimentaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, le Conseil départemental de la Corrèze conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité du recours de M. C devant le juge judiciaire, à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme non fondée et à ce que les dépens soient mis à la charge de M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. E a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne à l'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prestation d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
2. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne âgée de soixante-cinq ans privée de ressources suffisantes peut bénéficier, soit d'une aide à domicile, soit d'un accueil chez des particuliers ou dans un établissement ". Aux termes de l'article L. 132-3 du même code : " Les ressources de quelque nature qu'elles soient à l'exception des prestations familiales, dont sont bénéficiaires les personnes placées dans un établissement au titre de l'aide aux personnes âgées ou de l'aide aux personnes handicapées, sont affectées au remboursement de leurs frais d'hébergement et d'entretien dans la limite de 90 % ". Aux termes de l'article L. 132-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes tenues à l'obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l'occasion de toute demande d'aide sociale, invitées à indiquer l'aide qu'elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais. () La proportion de l'aide consentie par les collectivités publiques est fixée en tenant compte du montant de la participation éventuelle des personnes restant tenues à l'obligation alimentaire. () ". Aux termes de l'article 205 du code civil : " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin ". Le deuxième alinéa de l'article 207 du code civil dispose que : " () quand le créancier aura lui-même manqué gravement à ses obligations envers le débiteur, le juge pourra décharger celui-ci de tout ou partie de la dette alimentaire ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions et des articles L. 134-1 et L. 134-3 du code de l'action sociale et des familles que l'aide sociale présente un caractère subsidiaire, son admission étant subordonnée à la détermination des possibilités contributives des personnes tenues envers le postulant de l'obligation alimentaire.
4. Il en résulte d'autre part, que s'il n'appartient qu'au juge judiciaire d'arrêter à titre obligatoire le montant de la participation de chacun des obligés alimentaires, il incombe au juge administratif en vue d'arrêter le montant des dépenses susceptibles d'être couvertes par la collectivité publique au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, de procéder, comme l'a fait avant lui le département pour rejeter la demande du postulant, à l'évaluation de la capacité contributive de l'ensemble des obligés alimentaires. Le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées est, à ce titre, inopérant.
5. En l'espèce, M. C a sollicité, auprès du département de la Corrèze, la prise en charge des frais d'hébergement de sa mère, Mme B C, à l'EHPAD des Lauriers de Sainte Fortunade. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté par le requérant, que les frais d'hébergement de Mme C s'élèvent à 1 761,11 euros par mois, que celle-ci dispose de 1 187,79 euros par mois et que la participation de ses trois obligées d'aliment, dont fait partie le requérant, peut s'élever à 710 euros par mois, soit un montant supérieur à l'aide sociale sollicitée. Il ne résulte pas de l'instruction que les charges de M. C feraient obstacle à ce qu'il contribue à ces frais d'hébergement. Dans ces conditions, et alors qu'il n'appartient pas au département de la Corrèze de prendre en charge les frais de séjour en EHPAD d'une personne auxquels les obligés alimentaires peuvent apporter une aide suffisante, le président du conseil départemental de la Corrèze n'a pas inexactement apprécié la situation, en fait et en droit, en refusant de prendre en charge, au titre de l'aide sociale, les frais d'hébergement en EHPAD de Mme C.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les dépens :
7. Selon l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
8. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens entrant dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le requérant et le conseil départemental de la Corrèze sur ce fondement.
Sur les frais du litige :
9. Il n'y a pas lieu et alors que le requérant est la partie perdante de condamner l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A C et au conseil départemental de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le magistrat désigné,
N. E
Le greffier,
M. D
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. D
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026