jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2021, M. C B, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour " étranger malade " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une personne qui ne disposait pas d'une délégation de signature régulière et est donc entachée d'incompétence de son auteur ;
- la décision n'énonce aucun élément de droit qui la fonde et n'indique même pas rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé ; elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen de la situation personnelle du requérant ;
- il incombe à la préfète de la Creuse de produire l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) du 16 février 2021 visé dans la décision et de démontrer qu'il a été émis par un collège de trois médecins compétents ayant délibéré au regard, notamment, du rapport médical établi par un quatrième médecin ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 août 2021 et le 23 février 2024, la préfète de la Creuse conclut au rejet de la requête comme irrecevable et non fondée.
Elle soutient que :
- la requête est dirigée contre une simple lettre d'information ; aucune décision explicite n'a été prise le 22 mars 2021 sur la demande et une décision implicite de rejet est née postérieurement le 9 avril 2021 conformément aux articles R. 311-12 et R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né en 2002, est entré sur le territoire français au mois de novembre 2018 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile le 10 janvier 2020 et déposé une demande de titre de séjour en raison de son état de santé le 29 mai 2020. Il a fait l'objet d'un avis du collège des médecins de l'Ofii le 9 octobre 2020, lequel a estimé que son état de santé rendait nécessaire un suivi sur le territoire français pendant trois mois. Placé sous le statut de demandeur d'asile, il ne s'est pas vu délivrer de titre de séjour au titre de son état de santé. Il a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en raison de son état de santé le 9 décembre 2020. Par un courrier du 22 mars 2021, la préfète de la Creuse a indiqué à M. B le sens de l'avis du collège des médecins émis le 22 mars 2021. M. B sollicite l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la préfète de la Creuse :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de l'acte attaqué du 22 mars 2021, que la préfète de la Creuse a, à cette date, indiqué à M. B, à la suite du dépôt de sa demande de titre de séjour en raison de son état de santé, que le collège des médecins de l'Ofii avait rendu un avis du 22 mars 2021 précisant que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale mais que son défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'au vu des éléments du dossier, son état pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Ainsi que le fait valoir le requérant lui-même, cette lettre ne comporte aucune mention expresse selon laquelle sa demande de titre de séjour présentée le 9 décembre 2020 serait rejetée. En application des dispositions citées au point 2, ce courrier du 22 mars 2021 ne pouvait pas davantage être regardé comme rejetant implicitement la demande présentée par le requérant le 9 décembre 2020, dès lors que le délai de quatre mois précité n'était pas expiré. Dans ces conditions, la préfète de la Creuse est fondée à soutenir que le courrier attaqué du 22 mars 2021 n'a pas eu pour objet ou pour effet, ni explicitement, ni implicitement, de refuser la demande de titre de séjour présentée par le requérant, si bien que les conclusions présentées par M. B à l'encontre de la " décision " du 22 mars 2021 en tant qu'elle rejetterait sa demande de titre de séjour sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B contre la décision du 22 mars 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a rejeté sa demande de titre de séjour doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Toulouse et à la préfète de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère.
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. A
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026