jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2020, sous le n° 2001933, M. A B, représenté par Me Douniès, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 22 octobre 2020 par lequel le maire de Saint-Laurent-sur-Gorre a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle.
Il soutient que l'arrêté :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé en fait voire non motivé en droit ;
- a été pris en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2021, la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, représentée par Me Pauliat-Defaye, conclut au rejet de la requête comme non fondée.
II. Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2021, sous le n° 2101156, M. A B, représenté par Me Douniès, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 10 mai 2021 par lequel le maire de Saint-Laurent-sur-Gorre a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle.
Il soutient que l'arrêté :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé en fait voire non motivé en droit ;
- a été pris en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, représentée par Me Pauliat-Defaye, conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 juin 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ni représentée :
- le rapport de M. Christophe,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'acquisition le 6 août 2020 d'une parcelle cadastrée section AK n°9 sur la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre. Était annexé à l'acte de vente, un certificat d'urbanisme opérationnel obtenu par son notaire le 3 juillet 2020. Par une décision du 14 septembre 2020, le maire de Saint-Laurent-sur-Gorre a procédé au retrait de ce certificat d'urbanisme en raison de son incompatibilité avec une orientation d'aménagement. M. B a déposé le 16 septembre 2020 une demande de permis de construire qui lui a été refusé le 22 octobre 2020 et dont par une requête n° 2001933, il demande l'annulation. M. B a de nouveau déposé le 24 mars 2021 une demande de permis de construire qui lui a été refusé le 10 mai 2021 et dont par une requête n° 2101156, il demande l'annulation.
Sur la jonction :
2. Le maire de Saint-Laurent-sur-Gorre a refusé les deux permis de construire en litige pour le même motif tiré de leur incompatibilité avec une opération d'aménagement programmé. Les requêtes nos 2001933 et 2101156 relatives à la situation d'un même requérant, posent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. (). ". Aux termes de l'article L. 422-3 du même code : " Lorsqu'une commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer la compétence prévue au a de l'article L. 422-1 qui est alors exercée par le président de l'établissement public au nom de l'établissement. (). Le maire adresse au président de l'établissement public son avis sur chaque demande de permis et sur chaque déclaration préalable. ".
4. Il ressort de la consultation du recueil des actes administratifs de la Haute-Vienne n° 87-2018-122 publié le 21 décembre 2018 sur le site de la préfecture éponyme, accessible tant au juge qu'aux parties, que l'arrêté n° 87-2018-12-20-001 portant transformation de la communauté d'agglomération de Limoges métropole en communauté urbaine fixe la liste des communes faisant parties de cet établissement public lequel ne comprend pas la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision aurait dû être prise par le président de la communauté urbaine. Ce moyen sera en conséquence écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition () ".
6. Les arrêtés attaqués mentionnent les dispositions sur lesquelles ils se fondent, à savoir celles du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune applicables à la zone AUct. Ils indiquent également les éléments de fait ayant conduit au refus de délivrer les permis de construire et portent notamment une appréciation relative aux caractéristiques du projet qui ne permet pas la création d'une voie en vue de desservir un futur ensemble à bâtir prévu par une opération d'aménagement programmé (OAP). Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir qu'ils seraient entachés d'une insuffisance de motivation.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre a prévu dans le cadre de son PLU, la création de deux opérations d'aménagement programmé visant à définir les conditions d'urbanisation de deux zones amenées à connaître des développements urbains. Par ces OAP, la commune souhaite fixer des principes d'urbanisation notamment en ce qui concerne les accès, les dessertes internes et les principes de circulation. Ainsi, pour refuser le permis de construire, le maire de Saint-Laurent-sur-Gorre a considéré que le projet présenté par M. B, inclus dans le périmètre de l'une des deux opérations d'aménagement programmé dite " Les Vigneries ", ne permettrait pas la création d'une voie destinée à desservir un futur ensemble bâti prévu par cette OAP et que l'accès au projet du requérant ne pourrait se réaliser que sur la route des Vigneries alors que les sorties n'y seront plus possibles. Il en conclut que le projet est incompatible avec l'orientation d'aménagement programmé qui prévoit la condamnation de la route non pour des raisons de sécurité publique mais au regard de la création d'une voie nouvelle destinée à permettre la circulation des véhicules au sein des futurs ensembles à bâtir. Il ne s'est par conséquent pas fondé sur une éventuelle atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique telle que prévue par les dispositions de l'article R. 111-2 précité. Dès lors, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: Les requêtes de M. B enregistrées respectivement sous les nos 2001933 et 2101156 sont rejetées.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Douniès et à la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- M. Christophe, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
Nos 2001933,2101156
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026