vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | KARAKUS-GURSAL HANIFE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2021, Mme A B, représentée par Me Karakus, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 mai 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour en tant que " parent d'enfant français " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision portant refus de séjour porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les conclusions de M. Slimani, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante comorienne née en 1980, est entrée en France métropolitaine le 25 septembre 2016 munie d'un visa délivré par le préfet de Mayotte, valable du 12 décembre 2016 au 10 janvier 2017 et d'une carte de séjour mention " vie privée et familiale " zone Mayotte valable du 17 mai 2016 au 16 mai 2017. Elle a sollicité, le 6 avril 2021, la délivrance d'un titre de séjour en sa qualité de parent d'enfant français, après avoir fait l'objet de deux précédents refus. Par une décision du 27 mai 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne a opposé un refus à sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est la mère de cinq enfants âgés de 15, 11, 4 et 3 ans et le dernier de 6 mois. Par un jugement du 14 avril 2021, le juge des enfants du tribunal judiciaire de Limoges après avoir constaté que la requérante n'était pas en mesure d'apporter un cadre de vie sécurisé et conforme aux besoins de ses quatre derniers enfants, a décidé de les confier au titre d'une mesure de placement au service de l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de la Haute-Vienne pour une durée d'un an et a accordé à l'intéressée un droit de visite qui pourra évoluer vers un droit d'hébergement lorsque les conditions matérielles le permettront. La décision de refus de séjour en litige est intervenue dès le 27 avril 2021, soit bien avant l'expiration du délai de validité de la mesure de placement. Dès lors, la présence de la requérante en métropole, seul parent présent sur place, leur père résidant à Mayotte, est requise afin de permettre à ses enfants de continuer à voir leur mère dont il n'est pas attesté en défense qu'elle n'userait pas de ce droit de visite. Ainsi, le refus de séjour contesté, qui place Mme B en situation irrégulière sur le territoire français, est susceptible de la séparer de ses enfants mineurs. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le préfet de Haute-Vienne a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en prenant à son égard la décision contestée.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 27 mai 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de l'admettre au séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au fait que la mesure d'assistance éducative a pris fin en avril 2022, l'annulation prononcée au présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Vienne, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la demande de la requérante au regard de la situation de ses enfants telle qu'elle existe à la date de sa décision à venir. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au bénéfice de Me Karakus, avocate de la requérante, ce versement valant renonciation, conformément à l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 27 mai 2021 est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:L'Etat versera à Me Karakus la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ce versement valant, conformément à ces dispositions, renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Karakus et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
N. NORMAND
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026