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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2101178

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101178

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2101178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 juillet 2021 et le 11 mars 2024, Mme A D, représentée par Me Roux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 mars 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et de travail d'un an et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 794 euros au titre des article 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus de renouvellement de son titre de séjour est entaché d'un vice de forme dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- il appartient au préfet de justifier de l'avis de l'Ofii dont il se prévaut et de son caractère régulier ; il doit établir l'existence du rapport émis, sa transmission, et le respect des formes et délai prévus par l'arrêté du 27 décembre 2016 ; le préfet doit également démontrer que le collège des médecins a délibéré ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 28 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnaît l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît le droit au respect de la vie privée et familiale protégé par le préambule de la Constitution de 1946, le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;

- un titre de séjour lui a été délivré le 3 février 2023.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2021, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.

Par une lettre du 14 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré du non-lieu à statuer en raison de la délivrance à Mme D d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'au 2 février 2025.

Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante angolaise née en 1973, est entrée sur le territoire français au mois d'octobre 2019 selon ses déclarations, de façon irrégulière, accompagnée de deux de ses cinq enfants. Elle a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 janvier 2021, puis par une décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile le 21 juin 2021. Le 14 février 2020, elle a sollicité son admission au séjour en raison de l'état de santé de l'un de ses enfants C. Après un premier avis formulé le 21 avril 2020 par le collège des médecins de l'Ofii, une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois lui a été délivrée. Elle en a sollicité le renouvellement le 22 janvier 2021. Par une décision du 19 mars 2021, le préfet de la Haute-Vienne a refusé ce renouvellement. Mme D sollicite l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête de Mme D, la préfète de la Haute-Vienne a délivré à la requérante, le 3 février 2023, un titre de séjour valable jusqu'au 2 février 2025. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 19 mars 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, et ses conclusions à fin d'injonction, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de Mme D.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme D sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Roux et au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

N. GAULLIER-CHATAGNER

Le président,

N. NORMAND

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef

A. BLANCHON

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