jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101273 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOMOT-PINARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2021, Mme C A, représentée par Me Gomot-Pinard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 mai 2021 par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté sa demande de carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Indre de lui délivrer une carte de résident de dix ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Elle soutient que l'autorité préfectorale lui oppose une condition tenant au minimum de salaire garanti interprofessionnel, alors qu'elle a été habituée à se suffire de ses modiques moyens pour satisfaire aux besoins de sa petite famille, en méconnaissance de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Il soutient que le moyen soulevé par la requérante est infondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / Les années de résidence sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " retirée par l'autorité administrative sur le fondement d'un mariage ayant eu pour seules fins d'obtenir un titre de séjour ou d'acquérir la nationalité française ne peuvent être prises en compte pour obtenir la carte de résident prévue au premier alinéa. / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / La condition de ressources prévue au premier alinéa n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". L'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance () des titres de séjour (), prévoit quant à lui au titre des justificatifs de ressources sollicitée pour la délivrance du titre prévu à l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " justificatifs de vos ressources ou de celles de votre couple si vous êtes mariés (à l'exclusion des prestations sociales ou allocations), qui doivent être suffisantes, stables et régulières sur les 5 dernières années (bulletins de paie, avis d'imposition, attestation de versement de pension, contrat de travail, attestation bancaire, revenus fonciers, etc.) ; si vous êtes titulaire de l'allocation adultes handicapés (AAH) ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) vous devez joindre les justificatifs attestant de votre qualité d'allocataire ".
2. Pour refuser de délivrer à Mme A, mère de trois enfants en bas âge, une carte de résident d'une durée de dix ans, le préfet de l'Indre a pu, sans erreur de droit, se fonder sur le critère, prévu par le troisième alinéa des dispositions précitées en vue de la délivrance d'une carte de résident, tiré de ce qu'elle ne justifiait pas de ressources stables et suffisantes, devant atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance sur les cinq dernières années. Si Mme A fait valoir qu'elle a déclaré 11 797 euros de revenus au titre de l'année 2019 et 11 246 euros de revenus au titre de l'année 2018, le montant des revenus dont il est fait état au titre de ces deux années, qui est celui pris en compte par le préfet de l'Indre est nettement inférieur au montant du salaire minimum de croissance. En outre, le préfet de l'Indre soutient, sans être contredit que le revenu annuel pour l'année 2017 de Mme A était de 9 171 euros, et de 1 721 euros pour l'année 2016, et la requérante se borne, pour l'année 2020, à produire quatre fiches de paie faisant apparaitre des montants de 568 à 1 545 euros correspondant à quatre mois de cette année. Enfin, si la requérante produit une promesse d'embauche du 4 juin 2021, pour un emploi d'opérateur de production, correspondant à un salaire mensuel brut de 1 560,56 euros, le courrier de la société Elis est postérieur à la décision attaquée et vise une période d'emploi du 7 juin 2021 au 19 septembre 2021. Dans ces conditions, le préfet de l'Indre n'a pas méconnu l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis d'erreur de droit en refusant la délivrance de la carte de résident sollicitée.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A contre la décision du 31 mai 2021 par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté sa demande de carte de résident doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Gomot-Pinard, et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère.
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
La greffière d'audience,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026