mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101307 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELAS GOUT DIAS AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 août 2021, le 5 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Dias, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2021 par laquelle la directrice de l'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne a prononcé sa révocation ;
2°) de mettre à la charge de cet établissement une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- les faits reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- à titre subsidiaire, la décision attaquée est disproportionnée au regard du quantum de la sanction.
Par des mémoires en défense enregistrés les 10 février 2022 et 19 avril 2023, l'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne, représenté par Me Renaudie, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B d'une somme de 3 000 euros au titre des frais de justice.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 11 mai 2023.
Une pièce produite par Mme B a été enregistrée le 30 juin 2023 sans être communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha ;
- les conclusions de M. C ;
- les observations de Me Dias, pour Mme B et de Me Renaudie pour l'établissement défendeur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée à compter du 28 mars 2011 en qualité d'aide-soignante à temps complet par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) d'Argentat-sur-Dordogne. Par une décision du 14 juin 2021, dont l'intéressée demande l'annulation, la directrice de cet établissement lui a infligé la sanction de révocation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Et aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () quatrième groupe () la révocation () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
3. Pour prononcer à l'encontre de Mme B la sanction de la révocation, qui constitue la sanction disciplinaire la plus lourde qui puisse être infligée à un fonctionnaire hospitalier, l'administration lui a opposé les griefs selon lesquels, d'une part, elle a fait preuve de différents actes de maltraitance et de comportements inadaptés à l'endroit de certaines résidentes, d'autre part, qu'elle a fait montre d'actes d'insubordination et a tenu des propos inappropriés vis-à-vis de sa hiérarchie le 3 octobre 2020.
S'agissant de la matérialité des faits reprochés à Mme B :
4. De première part, il ressort de manière suffisamment concordante des pièces du dossier, notamment des différents témoignages produits en défense, que Mme B s'est comportée à plusieurs reprises de manière inappropriée avec certains résidents, en s'adressant à eux de manière agressive et irrespectueuse, avec un ton violent et humiliant, en parlant de ces personnes à des collègues de manière méprisante et en ayant des pratiques de soins inappropriées, au moment de l'administration des médicaments notamment, consistant à " bâillonner de sa main le résident afin qu'il ne recrache pas les médicaments et ce de manière violente ", à " boucher le nez d'un résident afin qu'il ouvre la bouche et y mettre la cuillère de médicaments ". Toutefois, le fait de maltraitance reproché à titre principal à l'intéressée par lequel elle aurait frappé violemment l'avant-bras d'une résidente qui a été porté à la connaissance de la direction de l'établissement par une collègue de Mme B en décembre 2020, soit près d'un an après sa commission au début de l'année 2020, ne peut être tenu pour établi de façon certaine au vu notamment des réfutations de Mme B et du classement sans suite décidé par le procureur de la République à la suite du signalement dont il a été saisi.
5. De deuxième part, l'intéressée ne conteste pas avoir apporté de sa propre initiative, au sein de son service en août 2020, un vibromasseur destiné à une résidente de l'étage sans en informer au préalable le médecin coordonnateur ni le cadre de santé. Ce fait doit dès lors être tenu pour établi.
6. De troisième part, il ressort des pièces du dossier que le 3 octobre 2020, lors d'une transmission entre les deux postes de jour, Mme B s'est mise en colère et a levé la voix contre le cadre de santé du 1er étage qui informait l'équipe d'un changement dans la répartition entre les tâches hôtelières et de soins, tout en remettant en cause la politique des ressources humaines de l'établissement, notamment le fait que n'ait pas été conservé un agent contractuel qui prenait en charge les tâches hôtelières. Ce fait, quand bien même Mme B n'était pas seule à déplorer ce changement organisationnel, démontre la difficulté de l'intéressée à garder le contrôle de soi et à s'inscrire positivement dans un cadre hiérarchique. Il doit être tenu pour établi.
S'agissant de la qualification juridique des faits reprochés et de la proportionnalité de la sanction :
7. Si les faits exposés aux points 4, 5 et 6 constituent des manquements de la requérante à ses obligations professionnelles de nature à justifier une sanction disciplinaire, la sanction de révocation prononcée, qui relève du groupe le plus élevé dans le barème des sanctions, doit toutefois, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la nature et de la gravité des faits commis, de l'absence d'antécédents disciplinaires, de l'appréciation portée jusqu'alors sur la manière de servir de Mme B au sein de l'EHPAD dans lequel elle travaille depuis 2011, des attestations de soutien dont elle peut se prévaloir de la part de collègues et de membres de famille de résidents être regardée, comme disproportionnée au regard des faits qui l'ont motivée.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 14 juin 2021 prononçant sa révocation.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme à verser à l'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne titre des frais de justice. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de cet établissement une somme de 1 200 euros à verser à Mme B au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 juin 2021 portant révocation de Mme B est annulée.
Article 2 : L'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne versera à Mme B une somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'EHPAD d'Argentat-sur-Dordogne.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026