mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2021, Mme A B, représentée par Me Dounies, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler les titres exécutoires n°006053 485571 2020 0001281 d'un montant de 14 360,53 euros et n°006053 485571 2020 0001443 d'un montant de 2 717 euros correspondants à des trop-perçus de rémunération et de la décharger du paiement des sommes correspondantes, à titre subsidiaire, de ramener à la somme de 5 876,93 euros le montant du titre exécutoire n°006053 485571 2020 0001281 suite au remboursement qu'elle a effectué à hauteur de 8 480,60 euros, ensemble l'annulation de la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Limoges a rejeté son recours gracieux formulé par courrier en date du 14 décembre 2020 ;
3°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Limoges de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la rectrice de l'académie de Limoges une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les bordereaux des titres de recettes n'ont pas été signés par leur auteur ;
- les titres de perception litigieux ne contiennent ni les bases ni les éléments de calcul permettant de justifier la créance, et malgré sa demande en date du 14 décembre 2020, ces éléments ne lui ont pas été transmis ;
- elle s'est acquittée d'une partie de la somme réclamée par le titre exécutoire n°006053 485571 2020 0001281 à hauteur de 8 480,60 euros, correspondant aux montants qu'elle a pu reconstituer par elle -même, ramenant le solde de la créance maintenue à sa charge à la somme de 5 876,93 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 juillet 2022 et le 9 novembre 2022, la rectrice de l'académie de Limoges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 2 septembre 2021, la direction générale des finances publiques de la Haute-Vienne, conclut, en qualité d'observateur, au bien-fondé des titres exécutoires en litige.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B a été rejetée par une décision du 13 octobre 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, professeure certifiée de français, a été victime d'un accident de service, le 25 septembre 2012, en raison d'une chute à la suite de laquelle elle a violemment heurté un mur avec son épaule droite. Son état de santé a été considéré comme consolidé au 10 décembre 2012 mais s'est aggravé à partir de 2016 à la suite du déclenchement d'un syndrome connexe, entrainant de nombreux arrêts de travail aboutissant à sa mise à la retraite d'office pour invalidité à compter du 21 novembre 2019. Par deux courriers en date du 12 octobre 2020 et du 22 octobre 2020, la rectrice de l'académie de Limoges l'a informée de l'émission prochaine de titres de perception à hauteur respectivement de 2 717 euros et de 14 360,53 euros correspondant à des trop perçus de rémunération en raison, d'une part, de l'octroi d'un congé de longue maladie à demi-traitement du 21 novembre 2017 au 20 novembre 2018 et, d'autre part, du maintien du versement de sa rémunération à mi-traitement dans l'attente de la décision relative à sa retraite pour invalidité à compter du 21 novembre 2019. Les titres de perception correspondant ont été émis les 4 et 19 novembre 2020. Le 14 décembre 2020, Mme B a demandé au rectorat de lui fournir des précisions sur les montants réclamés. Estimant ne pas disposer de ces éléments, elle demande au tribunal d'annuler ces titres de perception et de la décharger du paiement des sommes correspondantes.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur.
3. Mme B prétend que les bordereaux des titres de recettes ne sont pas signés et ne permettent pas d'identifier leur auteur. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les états récapitulatifs des titres de perception pour mise en recouvrement par le comptable public, établis par les services du rectorat de Limoges, fournis suite à sa contestation, font clairement apparaître la signature de la coordinatrice académique chargée de la paye ainsi que ses nom et prénom. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité des bordereaux des titres de recettes manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ".
5. Si Mme B soutient ne pas avoir pu disposer des éléments lui permettant d'identifier clairement les montants qui lui sont réclamés par les titres de perception qu'elle conteste, il résulte de l'instruction que les titres de perception qui lui ont été adressés mentionnent clairement l'objet de la créance, à savoir des indus sur rémunération, et qu'ils comprennent en annexe le détail des sommes à payer en distinguant le montant initial de la dette, les recouvrements déjà effectués et les restes à recouvrer. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne disposait pas des bases et des éléments de calcul de la créance qui lui est réclamée par les titres de perception en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la directrice générale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Une copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Limoges.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse ainsi qu'au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026