mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101377 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELAS GOUT DIAS AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 août 2021 et le 10 août 2022, Mme A B, représentée par Me Riou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021 par lequel la maire de la commune de Saint-Georges-la-Pouge (Creuse) a retiré à compter du 1er juillet 2021 la délégation de fonctions et de signature qu'elle lui avait attribuée en qualité de première adjointe ;
2°) de condamner la commune de Saint-Georges-la-Pouge à lui verser la somme d'un euro symbolique en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Georges-la-Pouge de la rétablir rétroactivement au 1er juillet 2021 dans ses fonctions d'adjointe, avec les attributions et les indemnités y afférentes, et de publier le jugement à intervenir dans un journal local ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Georges-la-Pouge une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il n'est pas fondé sur la volonté de maintenir la bonne marche de l'administration communale ;
- pour les mêmes motifs, il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure;
- elle est fondée à solliciter une indemnisation au titre du préjudice moral que cette illégalité fautive lui a fait subir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 mai 2022 et le 21 décembre 2022, la commune de Saint-Georges-la-Pouge, représentée par Me Dias, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juin 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Riou, représentant Mme B, et de Me Laurent, représentant la commune de Saint-Georges-la-Pouge.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été élue conseillère municipale de la commune de Saint-Georges-la-Pouge (Creuse) le 15 mars 2020. Par un arrêté du 22 juillet 2020, elle a reçu, en sa qualité de première adjointe au maire, délégations de fonctions et de signature dans le domaine des finances communales, du service de l'eau et de l'assainissement. Ces délégations lui ont été retirées par l'arrêté du maire en date du 28 juin 2021 dont Mme B demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision par laquelle le maire retire à un adjoint les délégations qu'il lui avait préalablement consenties est un acte de nature réglementaire qui n'a pas le caractère d'une sanction même si elle affecte la situation personnelle de cet élu et les conditions d'exercice de son mandat. Elle n'entre ainsi dans aucune des catégories de décisions qui, en vertu des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doivent être motivées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision doit être écarté comme inopérant.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions. " Aux termes de l'article L. 2122-20 du même code : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles n'ont pas été rapportées. " Il résulte de ces dispositions que le maire peut, à tout moment, mettre fin aux délégations qu'il a consenties, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'abrogation par la maire de Saint-Georges-la-Pouge de l'arrêté du 22 juillet 2020 donnant délégation à Mme B est motivée par les mauvaises relations survenues entre la requérante et la maire de la commune et d'autres adjoints suite à ses interventions dans leurs domaines de compétences et des propos tenus à l'encontre de ces personnes. Ainsi, compte tenu des tensions créées au sein de l'équipe communale et malgré les tentatives de conciliation mises en place par la maire de la commune, la décision litigieuse n'a pas été inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que la maire de Saint-Georges-la-Pouge aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en abrogeant l'arrêté du 22 juillet 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que la maire de la commune de Saint-Georges-la-Pouge n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Saint-Georges-la-Pouge.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Crosnier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026