mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101405 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP PIELBERG KOLENC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 septembre 2021 et 22 septembre 2023, Mme A D, représentée par la SCP PIELBERG KOLENC, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur du foyer d'accueil d'adultes handicapés (FAAH) de Neuvic-Entier et d'Ambazac a refusé de faire droit à sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre au FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié que le médecin du travail ait été informée de la réunion de la commission de réforme, qu'il a pu présenter un rapport ou, le cas échéant, se faire entendre devant cette instance, en méconnaissance de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- la décision du 1er juillet 2021 est entachée d'erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense et des pièces enregistrés les 3 janvier 2022, 18 juillet 2023 et 5 octobre 2023, le FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac, représenté par Me Dubois, conclut au rejet de la requête comme non-fondée et ce qu'il soit mis à la charge de Mme D une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boschet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubois, pour le FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac.
Considérant ce qui suit :
1. Educatrice spécialisée à l'établissement public départemental d'accueil pour adultes handicapés (EPDAAH) Gilbert Ballet, devenu par la suite le foyer d'accueil d'adultes handicapés (FAAH) de Neuvic-Entier et d'Ambazac, Mme D a été placée en congé de longue maladie, non imputable au service, en raison d'épisodes dépressifs du 9 septembre 2011 au 31 mai 2012. Après une reprise en mi-temps thérapeutique du 1er juin 2012 au 31 mai 2013, elle a bénéficié d'un temps partiel thérapeutique à 80 % à compter du 1er juin 2013 pendant une durée d'un an, lequel a été renouvelé une fois pour une seconde durée d'un an. Cependant, à nouveau en raison de troubles dépressifs, Mme D a été placée en congé de longue durée, non imputable au service, à compter du 31 mars 2015. Par un courrier du 30 novembre 2016, Mme D a demandé que sa maladie dépressive ayant justifié ses arrêts de travail à compter du 31 mars 2015 soit reconnue comme imputable au service. Suivant l'avis qui a été émis le 11 septembre 2017 par la commission de réforme à la suite de deux rapports d'expertises psychiatriques établis le 29 mars 2017 par le docteur C et le 15 juin 2017 par le docteur B, son employeur, par une décision du 4 avril 2018, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette maladie. Par un jugement du 27 janvier 2021, le tribunal a annulé cette décision du 4 avril 2018 en raison des vices de procédure dont elle était entachée et a enjoint au réexamen de la situation de Mme D. A l'issue de ce réexamen, le directeur du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac, par une décision du 1er juillet 2021 prise après un nouvel avis défavorable émis le 26 avril 2021 par la commission de réforme, a à nouveau refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme D. Cette dernière demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
3. Aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat de la commission informe le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale, le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. () Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous ". Aux termes de l'article 16 de cet arrêté : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. / Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux ". Le dossier mentionné par ces dispositions, à la communication duquel le fonctionnaire a droit avant la réunion de la commission de réforme, doit contenir le rapport du médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale, le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, prévu à l'article 15 de cet arrêté. Si ces dispositions n'exigent pas que l'administration procède de sa propre initiative à la communication des pièces médicales du dossier d'un fonctionnaire avant la réunion de la commission de réforme, elles impliquent que ce dernier ait été informé de la possibilité d'obtenir la consultation de ces pièces.
4. Si Mme D s'est vu communiquer, le 24 mars 2021, des éléments de son dossier qui devaient être prochainement soumis à l'avis de la commission de réforme, ce dossier ne pouvait alors comporter le rapport du docteur E, médecin du travail, qui a été établi ultérieurement le 23 avril 2021. En outre, si, par son courrier du 6 avril 2021 portant convocation devant la commission de réforme, le directeur du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac a rappelé à Mme D son droit à obtenir la communication du dossier médical soumis à cette instance, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a pas eu un délai suffisant pour demander utilement la communication de son dossier médical complété par le rapport du médecin du travail, dès lors que ce rapport a été adressé à la commission de réforme le vendredi 23 avril 2021, pour une réunion prévue le lundi 26 avril 2021. Ainsi, la circonstance que Mme D n'a pas été mise à même de demander en temps utile la communication de son dossier médical complet comprenant le rapport du médecin du travail avant la réunion de la commission de réforme du 26 avril 2021, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004, constitue un vice de procédure. En l'espèce, eu égard au contenu du rapport du 23 avril 2021, dans lequel le médecin du travail a indiqué qu'il lui semblait " possible qu'une problématique psychologique ait pu apparaître au cours de l'exercice professionnel " et a suggéré aux membres de la commission de réforme, " dans un esprit de neutralité ", au vu des deux rapports d'expertise contraires établis par les docteurs C et B, de demander une nouvelle expertise psychiatrique, ce vice de procédure doit être regardé comme ayant privé Mme D, qui aurait notamment pu se prévaloir de cette suggestion pour solliciter une nouvelle expertise, d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac a refusé de faire droit à sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac d'engager la procédure de réexamen de la demande de Mme D, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac une somme de 1 200 euros à verser à Mme D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur ce fondement par le FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur du FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac a refusé de faire droit à la demande de Mme D tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac d'engager la procédure de réexamen de la demande de Mme D, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac versera une somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par le FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac en vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au FAAH de Neuvic-Entier et d'Ambazac.
Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Martha, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
D. ARTUSLe greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026