mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101465 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 septembre 2021 et 2 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Plas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de l'Indre a fixé à 756 euros le montant de son complément indemnitaire annuel (CIA) au titre de l'année 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 15 juillet 2021 ;
- la décision du 15 juillet 2021 est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision du 15 juillet 2021 est entachée d'une erreur de droit et d'erreur d'appréciation dès lors que l'administration n'a pu évaluer son engagement professionnel et sa manière de servir au titre de l'année 2020 car, lors de son entretien professionnel, aucun critère objectif légal n'a servi à la détermination du CIA ; son administration n'a pas été en mesure de justifier des critères mis en œuvre afin de déterminer le complément indemnitaire alloué.
La procédure a été communiquée au ministre du travail, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2009-1484 du 3 décembre 2009 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2020-1545 du 9 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 25 juillet 2016 portant application au corps de l'inspection du travail des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boschet,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Plas, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Inspecteur du travail affecté en qualité d'agent de contrôle de l'inspection du travail de l'Indre, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de l'Indre a fixé à 756 euros le montant de son complément indemnitaire annuel (CIA) au titre de l'année 2020.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 8122-2 du code du travail : " I. - Le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a autorité sur les directeurs départementaux de l'emploi, du travail et des solidarités et les directeurs départementaux de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations pour l'exercice des missions relevant des actions d'inspection de la législation du travail. / Les directeurs départementaux de l'emploi, du travail et des solidarités, les directeurs départementaux de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations et, en Ile-de-France, les directeurs d'unités départementales exercent, au nom du directeur régional et sous son autorité, et dans le cadre des directives et instructions de la direction générale du travail, le pouvoir hiérarchique sur les agents du système d'inspection du travail affectés dans les directions départementales de l'emploi, du travail et des solidarités, les directions départementales de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations et les unités départementales ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 décembre 2009 relatif aux directions départementales interministérielles : " Les directions départementales interministérielles sont des services déconcentrés de l'Etat relevant du ministre de l'intérieur. Elles sont placées sous l'autorité du préfet de département, à l'exception des services relevant du système d'inspection et de législation du travail pour les missions mentionnées au 3° du I de l'article 4 ".
3. Nommée en qualité de directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de l'Indre par un arrêté du 22 mars 2021 du Premier ministre publié au Journal officiel de la République française du 24 mars 2021, Mme C exerçait, du seul fait de l'emploi qu'elle occupait, le pouvoir hiérarchique sur les agents du système d'inspection du travail affectés dans sa direction, au nombre desquels figurait M. B. Au titre de l'exercice de ce pouvoir hiérarchique, elle était compétente pour fixer le montant du CIA de M. B au titre de l'année 2020. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 15 juillet 2021 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attribuant un CIA au titre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) ne refuse pas un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la décision du 15 juillet 2021 constituerait une sanction déguisée. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret ". Selon l'article 4 de ce décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent bénéficier d'un complément indemnitaire annuel qui tient compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir, appréciée dans les conditions fixées en application de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. / Il est compris entre 0 et 100 % d'un montant maximal par groupe de fonctions fixé par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Le complément indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel, en une ou deux fractions, non reconductible automatiquement d'une année sur l'autre ". Pour les agents relevant du corps de l'inspection du travail affectés en services déconcentrés, l'article 4 de l'arrêté du 25 juillet 2016 fixe les montants maximaux annuels du complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir à 6 710 euros pour ceux relevant du groupe de fonctions 1, à 5 954 euros pour ceux relevant du groupe de fonctions 2 et à 4 725 euros pour ceux relevant du groupe de fonctions 3.
6. Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " L'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct, qui donne lieu à un compte rendu. Lors de cet entretien professionnel annuel, les fonctionnaires reçoivent une information sur l'ouverture et l'utilisation de leurs droits afférents au compte prévu à l'article 22 quater de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article ". Selon l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu ". Aux termes de l'article 3 de ce décret : " L'entretien professionnel porte principalement sur : / 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire () ".
7. Il ressort des propres mentions portées sur la décision du 15 juillet 2021 que le CIA de M. B lui a été attribué au titre de l'année 2020 sur le fondement, d'abord, d'un tableau de référence, dont la légalité n'est pas contestée, prévoyant un montant de base de 848 euros pour un " bon agent " relevant comme l'intéressé du groupe de fonctions A, auquel, selon l'engagement professionnel et la manière de servir durant l'année en cause, un coefficient de minoration allant jusqu'à -40 % ou un coefficient de majoration allant jusqu'à +50 % est susceptible d'être appliqué. Il ressort également de ces mêmes mentions que c'est en raison de l'engagement professionnel et de la manière de servir de M. B au cours de l'année 2020 qu'il s'est vu octroyer, au titre de cette même année, un CIA d'un montant de 756 euros, soit celui qui correspond, selon le tableau servant de référence, au montant de base de 848 euros auquel a été appliqué un coefficient de minoration de -10 %. Dans ces conditions, contrairement à ce que fait valoir M. B, les mentions portées sur la décision du 15 juillet 2021 permettent de connaître les critères qui ont été mis en œuvre par l'administration pour déterminer le montant de son CIA au titre de l'année 2020. Par ailleurs, il ne ressort d'aucun texte, notamment des dispositions du décret du 20 mai 2014, que les critères d'attribution de son CIA, qui sont déjà fixés par ce décret, auraient dû être discutés et être fixés lors de l'entretien professionnel réalisé pour l'année 2020. Par suite, les moyens tirés de l'existence d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit au motif que l'administration, d'une part, n'aurait pu évaluer son engagement professionnel et sa manière de servir au titre de l'année 2020 car aucun critère objectif légal servant à la détermination du CIA n'aurait été fixé lors de son entretien professionnel, d'autre part, n'a pas été en mesure de justifier des critères mis en œuvre afin de déterminer ce complément, doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de l'Indre a fixé à 756 euros le montant de son CIA au titre de l'année 2020 et, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
D. ARTUSLa greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026