lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOMOT-PINARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2021, M. A C, représenté par Me Gomot-Pinard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté sa demande de regroupement familial qu'il a présenté au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants mineurs ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Indre, à titre principal, de lui délivrer l'autorisation de regroupement familial au profit de son épouse et de ses deux enfants mineurs et, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de sa demande, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est motivée que sur ses seuls revenus ;
- la moyenne mensuelle nette de ses revenus en 2018 était de 1 388 euros soit au-dessus du SMIC ; il est devenu actionnaire de la SAS " Boucherie market " en 2019 ; si la somme annuelle de ses revenus en 2020 était de seulement 5 044 euros c'est en raison de la crise pandémique ; l'exercice clos au 30 juin 2021 de l'entreprise dont il est le seul et unique actionnaire depuis le 8 septembre 2021 affiche un bénéfice de 19 380 euros ; depuis juillet 2021, il bénéficie d'un salaire mensuel net de 1 478,02 euros ; en lui refusant le regroupement familial alors qu'il remplit toutes les conditions de l'article 4 de l'accord franco-algérien, le préfet à commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les conclusions de M. Slimani, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, né en 1986, titulaire d'un certificat de résidence algérien de dix ans valide du 10 juillet 2019 au 9 juillet 2029 a déposé le 30 novembre 2019 une demande de regroupement familial en faveur de son épouse et de ses deux enfants mineurs, demeurés dans son pays d'origine. Par une décision du 23 juillet 2021 dont il demande l'annulation le préfet de l'Indre a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont pris en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; / 2 - le demandeur ne dispose ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France () ".
3. Aux termes de l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période () ".
4. Il résulte de la combinaison des stipulations précitées et des dispositions de l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont applicables aux ressortissants algériens dès lors qu'elles sont compatibles avec les stipulations de l'accord franco-algérien, que le caractère stable et suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette même période. Cependant, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
5. Pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. C au profit de son épouse et de ses deux enfants, le préfet de l'Indre s'est fondé sur le motif que la moyenne mensuelle des revenus perçus par l'intéressé au cours de la période de référence, à savoir les douze mois qui ont précédé le dépôt de sa demande de regroupement familial enregistrée le 24 janvier 2020, s'élève à 1 191 euros soit un montant à peine inférieur de 13 euros au salaire minimum de croissance net (SMIC) lequel s'établissait à 1 204 euros mensuels. Cette faible différence, au regard de l'objectif de la procédure de regroupement familial qui est de permettre le respect du droit à une vie privée et familiale normale, et alors que M. C vit séparé de son épouse et de ses deux enfants âgés de 3 et 4 ans depuis plus de 5 ans, impliquait d'examiner l'évolution des ressources de l'intéressé. Or, il ressort des pièces du dossier que pour les mois précédant la décision de refus du 23 juillet 2021, M. C fournit le formulaire de l'impôt sur les sociétés de la SAS " Boucherie market " dont il était alors actionnaire à hauteur de 50% pour l'exercice ouvert le 1er juillet 2020 et clos le 30 juin 2021 faisant apparaître un résultat fiscal, après imputation des déficits, de 11 689 euros et joint également deux bulletins de salaire des mois de juillet et août 2021, postérieurs à la décision attaquée mais reflétant une situation antérieure, d'un montant de 1 478,02 euros pour un SMIC qui s'établissait alors à 1229,88 euros net. Dès lors, et alors qu'il dispose du logement adapté pour accueillir sa famille, les pièces produites par le requérant permettent d'établir le caractère stable et suffisant de ses revenus. Dans les circonstances de l'espèce, en estimant que M. C ne remplissait pas les conditions de ressources fixées par les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien, le préfet de l'Indre s'est livré à une appréciation erronée de la situation du requérant.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 23 juillet 2021 par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté sa demande de regroupement familial formulée au profit de son épouse et de ses deux enfants mineurs.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de l'Indre autorise le regroupement familial au bénéfice de l'épouse et des enfants mineurs de M. C. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de l'Indre d'autoriser le regroupement familial au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 23 juillet 2021 par laquelle le préfet de l'Indre a rejeté la demande de regroupement familial formulée par M. C au profit de son épouse et de ses deux enfants mineurs est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de l'Indre d'autoriser le regroupement familial au profit de l'épouse et des deux enfants mineurs du requérant dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
D. ARTUS
La greffière d'audience,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026