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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2101610

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101610

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2101610
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantDOUNIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 octobre 2021, Mme A C, représentée par Me Dounies, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne a rejeté sa demande du 23 juillet 2021 de remise gracieuse et de décharge de l'obligation de payer la somme globale de 9 818,73 euros au titre d'indus de rémunération, résultant de trois mises en demeure de payer émises le 25 mai 2021 ;

2°) à titre subsidiaire, de prononcer le sursis de paiement prévu par les dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.

3°) d'enjoindre à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les mises en demeure de payer sont irrégulières en ce qu'elles souffrent d'un défaut d'information relatif aux références des créances ainsi qu'aux périodes concernées et aux montants à recouvrer ;

- les mises en demeure sont mal fondées en ce que les sommes réclamées ne font l'objet d'aucun détail ;

- les majorations de 10% mises à charge ne sont pas motivées, entrainant par voie de conséquence, l'annulation des mises en demeure litigieuses.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2022, la rectrice de l'académie de Limoges, informe le tribunal qu'elle produira ses conclusions après avoir réexaminé la situation de la requérante.

Par un courrier du 18 septembre 2023, le président de la formation de jugement a informé les parties qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office et tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la régularité des mises en demeure.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;

- la livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée :

- le rapport de M. Crosnier,

- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, professeure certifiée de français, a été victime le 25 septembre 2012 d'un accident de service à l'origine du déclenchement d'un syndrome connexe ayant entrainé de nombreux arrêts de travail et aboutissant à sa mise en retraite pour invalidité le 21 novembre 2019. Trois titres de perception en date respectivement des 4 novembre 2020, 19 novembre 2020 et 8 décembre 2020 ont été émis en vue du recouvrement de trop perçus de rémunération à hauteur de la somme globale de 17 406,33 euros, dont Mme C s'est partiellement acquittée pour un montant de 8 480,60 euros, en raison de l'octroi d'un congé de longue maladie à demi-traitement du 21 novembre 2017 au 20 novembre 2018, du paiement d'heures d'enseignements non effectuées et du maintien du versement de sa rémunération à mi-traitement dans l'attente de la décision relative à sa retraite pour invalidité à compter du 21 novembre 2019. Faute pour la requérante d'avoir réglé la totalité de sa dette dans le délai qui lui était imparti, elle a été mise en demeure de payer le solde correspondant, majoré de 10%, soit la somme totale de 9 818,73 euros. Elle demande au tribunal d'annuler la décision de la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne en date du 4 août 2021 par laquelle cette dernière rejette sa demande de remise gracieuse et de décharge de l'obligation de payer ce solde.

2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ;() ".

3. Il résulte de ces dispositions que les recours contre les décisions prises par l'administration sur les contestations relatives au recouvrement d'une somme dont la perception incombe au comptable public, lorsqu'elles portent sur la régularité en la forme de l'acte de recouvrement, relèvent de la compétence du juge de l'exécution. Par suite, les conclusions de la requête par lesquelles Mme C conteste la régularité des mises en demeure qui lui ont été adressées en ce qu'elles ne mentionneraient pas les titres exécutoires dont elles découlent ainsi que la nature des créances et les sommes restant dues, tout comme le défaut de motivation des majorations de 10% mises à sa charge doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins de sursis de paiement dès lors que la présente requête suspend l'exécution des décisions contestées, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Une copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Limoges.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Crosnier, premier conseiller,

- M. Boschet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.

Le rapporteur,

Y. CROSNIER

Le président,

D. ARTUS

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, ainsi qu'au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

G. JOURDAN-VIALLARD

mf

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