mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Dumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2021 par laquelle le directeur opérationnel Limousin de La Poste a renouvelé son temps partiel à compter du 1er juillet 2021 en en modifiant les modalités ;
2°) de mettre à la charge de La Poste une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision n'a pas été prise dans l'intérêt du service et méconnaît les dispositions relatives au temps partiel annualisé dans la fonction publique d'Etat.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 juillet 2022 et le 20 juillet 2022, la société anonyme La Poste, représentée par Me Magne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est tardive et que les pièces ne sont pas numérotées ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée ;
- le décret n°2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n°2002-1072 du 7 août 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est agent technique de La Poste, titulaire depuis le 6 décembre 2004. Après avoir exercé ses fonctions à Bessines-sur-Gartempe, il a été affecté à compter du 17 février 2020 au centre de tri d'Uzurat à Limoges suite à une réorganisation du service. Le 2 juin 2020, son employeur l'a autorisé, pour une durée d'un an renouvelable à compter du 1er juillet 2020, à exercer ses fonctions dans le cadre d'un temps partiel annualisé à hauteur de 50%, réparti à raison d'une semaine de travail sur deux. Le 28 juin 2021, le directeur opérationnel Limousin de La Poste a décidé, au regard des nécessités de service et après avis de la commission administrative paritaire (CAP) saisie à la demande du requérant, de reconduire le temps partiel de M. B du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022 en en modifiant les modalités selon un rythme de deux semaines à hauteur alternativement de 18h30 et de 16h30 de travail hebdomadaire. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 37 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors en vigueur : " Les fonctionnaires titulaires, en activité ou en service détaché, qui occupent un emploi conduisant à pension du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, sur leur demande, sous réserve des nécessités de la continuité et du fonctionnement du service et compte tenu des possibilités d'aménagement de l'organisation du travail, être autorisés à accomplir un service à temps partiel, qui ne peut être inférieur au mi-temps, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle, qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée du travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er. () Ces cycles peuvent être définis par service ou par nature de fonction. / Les conditions de mise en œuvre de ces cycles et les horaires de travail en résultant sont définies pour chaque service ou établissement, après consultation du comité social d'administration. () ". L'article 2 du décret du 7 août 2002 relatif au temps partiel annualisé dans la fonction publique de l'Etat dispose : " L'autorisation d'assurer un service à temps partiel annuel est accordée pour une période d'un an, renouvelable deux fois par tacite reconduction. A l'issue d'une période de trois ans, le renouvellement de l'autorisation de travail à temps partiel doit faire l'objet d'une demande et d'une décision expresses. / La période d'un an court à compter de l'autorisation. / L'autorisation définit les conditions d'exercice du service sur l'année en indiquant l'alternance des périodes travaillées et non travaillées, ainsi que la répartition des horaires de travail à l'intérieur des périodes travaillées. / La modification des conditions d'exercice du service à temps partiel annuel peut intervenir à titre exceptionnel, sous réserve du respect d'un délai d'un mois, soit à la demande de l'agent pour des motifs graves le plaçant dans l'incapacité d'exercer ses fonctions selon les modalités définies par l'autorisation, soit à l'initiative de l'administration, si les nécessités du service le justifient, après consultation de l'agent intéressé. En cas de litige, la commission administrative paritaire compétente peut être saisie. ".
3. En premier lieu, les horaires de travail de M. B fixés sur un cycle de deux semaines par la décision en litige, à savoir en semaine 1, du lundi au vendredi de 17 heures 30 à 20 heures 45 et le samedi de 15 heures 45 à 18 heures et, en semaine 2, du lundi au vendredi de 17 heures 30 à 20 heures 45, s'inscrivent dans le cadre de l'accord collectif du 17 février 2020 relatif aux sept cycles de travail et aux horaires qui en résultent au cours de périodes pluri-hebdomadaires de douze semaines, applicables au sein de l'établissement de Limoges Uzurat, conformément aux dispositions de l'article 4 du décret du 25 août 2000. Dans ce contexte, en modifiant les modalités d'exercice du mi-temps de M. B après avoir consulté la CAP compétente suite au refus de l'intéressé, La Poste n'a pas méconnu les dispositions de l'article 2 du décret du 7 août 2002 relatif au temps partiel annualisé dans la fonction publique de l'Etat citées au point précédent.
4. En deuxième lieu, la décision contestée relève que la répartition du travail une semaine sur deux demandée par M. B n'a pu être accordée pour des raisons tenant à la bonne marche du service et à son organisation et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'au regard des cycles de travail en cours au sein de l'établissement décrits précédemment, cette décision ait fait une application manifestement erronée des nécessités de fonctionnement du service. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir du " guide du temps partiel des fonctionnaires et des agents non titulaires des trois fonctions publiques " publié par la direction générale de l'administration et de la fonction publique, lequel est dépourvu de valeur réglementaire.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 28 juin 2021 par laquelle le directeur opérationnel Limousin de La Poste a reconduit son mi-temps tout en adaptant les modalités d'exercice dans le cadre des cycles de travail existant au sein de son établissement méconnaît les dispositions relatives au temps partiel annualisé dans la fonction publique de l'Etat et n'est pas justifiée dans l'intérêt du service. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées par La Poste, la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de La Poste, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le versement de la somme que La Poste demande au titre de ce même article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par La Poste sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la société anonyme La Poste.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026