mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 1 |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 16 octobre 2021 et le 23 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Dounies, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 août 2021 rejetant la demande d'échange de son permis de conduire bissau-guinéen contre un permis de conduire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'échanger son permis de conduire sous astreinte de 150 euros dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir, ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été précédée d'un réel examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de fait et de droit et méconnaît les dispositions de l'article 11 de l'arrêté ministériel du 8 février 1999 dès lors que son permis de conduire est authentique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Par un mémoire, enregistré le 31 décembre 2021, l'agence nationale des titres sécurises, conclut à l'irrecevabilité de la requête dès lors qu'elle n'est pas compétente en matière de délivrance de permis de conduire.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante guinéenne (Guinée-Conakry), a sollicité une première fois le 17 juin 2020 auprès des services de la préfecture de la Haute-Vienne l'échange de son permis de conduire bissau-guinéen délivré le 16 septembre 2015 contre un permis français. Sa demande a été rejetée par une décision du 10 novembre 2020. L'intéressée a sollicité une seconde fois l'échange de son permis de conduire le 18 novembre 2020 qui a été rejeté par une décision du 16 août 2021. Par une décision du 16 février 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a abrogé la décision du 16 août 2021 et de nouveau rejetée la demande d'échange de permis de conduire présentée par Mme C. Les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent, dès lors, être regardées comme dirigées contre la décision du 16 février 2022 en tant qu'elle rejette la demande d'échange de permis de conduire présentée par Mme C.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021. Dans ces circonstances, il n'y a plus lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 février 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. En indiquant dans sa décision du 16 février 2022 que la demande d'échange de permis de conduire présentée par l'intéressé le 17 juin 2020 était refusée au motif qu'elle n'avait pas apportée la preuve de sa résidence normale par la seule production d'une attestation sur l'honneur de son hébergeant, en visant l'article R. 222-3 du code de la route et les articles 5-II-D et 5-I-A de l'arrêté du 12 janvier 2012, le préfet de la Loire-Atlantique a suffisamment motivé en droit et en fait au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ainsi que celui du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de la requérante doivent être écartés.
6. Aux termes de l'article R. 222-2 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice, du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 12 janvier 2012 susvisé : " I. Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : A. Avoir été délivré au nom de l'Etat dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale, sous réserve qu'il existe un accord de réciprocité entre la France et cet Etat conformément à l'article R. 221-1 du code de la route () ". Aux termes du quatrième alinéa de l'article R. 222-1 du code de la route : " On entend par résidence normale le lieu où une personne demeure habituellement, c'est-à-dire pendant au moins 185 jours par année civile, en raison d'attaches personnelles et professionnelles, ou, dans le cas d'une personne sans attaches professionnelles, en raison d'attaches personnelles révélant des liens étroits entre elle-même et l'endroit où elle demeure ".
7. Pour refuser la demande d'échange de permis de conduire à Mme C, le préfet de la Loire-Atlantique a considéré que les documents fournis par l'intéressée ne permettaient pas d'attester d'une résidence normale en Guinée-Bissau au moment de l'obtention de son permis de conduire. Si la requérante produit une déclaration sur l'honneur d'hébergement en Guinée-Bissau pour la période allant du 8 avril au 14 octobre 2015, ce seul document n'est pas à lui seul de nature à démontrer de manière suffisamment probante la réalité de sa résidence normale en Guinée-Bissau. Dans ces circonstances, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait entaché sa décision d'une erreur de droit ni d'une erreur de fait et méconnu les dispositions de l'article 11 de l'arrêté ministériel du 8 février 1999. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger le permis de conduire bissau-guinéen de Mme C avec un permis de conduire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2:Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme A C, Me Dounies et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au centre d'expertise et de ressources titres et échanges de permis de conduire et à l'Agence nationale des titres sécurises.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le président,
P. B
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026