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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2101746

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101746

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2101746
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique 2
Avocat requérantKARAKUS-GURSAL HANIFE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2021, Mme E A C, représentée par Me D, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a confirmé un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 052,42 euros pour la période allant du 1er novembre 2019 au 31 août 2020 ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne de procéder au remboursement des sommes retenues ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle rencontre des difficultés dans ses démarches administratives ; c'est pourquoi elle remplissait ses déclarations trimestrielles de revenus avec l'aide du personnel de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne ;

- elle n'a jamais eu l'intention de frauder.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, le conseil départemental de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Normand, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Par une décision du 29 juin 2023, le président du tribunal a désigné Mme F en qualité de rapporteure publique sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Normand a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Tout d'abord, aux termes de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, d'inciter à l'exercice d'une activité professionnelle et de lutter contre la pauvreté de certains travailleurs, qu'ils soient salariés ou non-salariés ". Aux termes de l'article L. 262-2 de ce code : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Aux termes de l'article L. 262-45 du même code : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, le département ou l'Etat en recouvrement des sommes indûment payées. () ". Aux termes de l'article R. 262-6 dudit code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, de revenu de solidarité active, de prime exceptionnelle de fin d'année ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme A C provient de l'absence de déclaration par l'intéressée de la réalité de sa situation personnelle et financière. En l'occurrence, les mentions du rapport d'enquête de l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales font état d'une incohérence entre les sommes déclarées et les sommes réellement perçues. Plus précisément, la requérante qui bénéficie d'une pension alimentaire de 150 euros mensuels pour l'un de ses enfants, a omis de déclarer une autre pension alimentaire du même montant pour deux de ses enfants depuis novembre 2019 et n'a, par ailleurs, déclaré aucune pension alimentaire d'août à octobre 2019, et uniquement 150 euros mensuels de février à mai 2020 et en juillet 2020. En se bornant à indiquer qu'elle rencontrait des difficultés personnelles à remplir ses déclarations trimestrielles de revenus, Mme A C ne conteste pas sérieusement le fait qu'elle n'a pas déclaré l'intégralité des pensions alimentaires pour la période litigieuse. Dans ces conditions, Mme A C n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A C tendant à l'annulation de la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a rejeté son recours dirigé contre la décision du 18 décembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de ce département lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 052,42 euros pour la période du 1er novembre 2019 au 31 août 2020, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions de la requête à fin d'injonction, celles tendant au versement, au bénéfice de l'avocate de Mme D, de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme E A C et au département de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

Le magistrat désigné,

N. NORMAND

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

M. B

mf

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