mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MONPION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés respectivement les 9 novembre 2021, 25 août 2022 et 12 mars 2024, les consorts B, représentés par Me Gautier-Delage, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune d'Azérables a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police et d'engager des poursuites pour faire cesser l'occupation irrégulière de la voie publique communale n° 34 au droit de la parcelle cadastrée sous le n° 351, situé au lieu-dit " Beauregard " et appartenant à M. C ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Azérables de faire usage de ses pouvoirs de police et d'engager des poursuites pour faire cesser l'occupation irrégulière du domaine public ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Azérables la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- M. C, propriétaire de la parcelle voisine de leur propriété, a irrégulièrement édifié un mur sur l'accotement de la voie communale n°34, qui doit être regardé comme appartenant au domaine public ;
- ce mur constitue un risque pour la sécurité publique du fait de sa localisation dans un virage le long d'une étroite voie communale et de la circulation d'engins agricoles ;
- la voie n° 34 est une voie communale, dès lors qu'elle est ouverte à la circulation du public, qu'elle est inscrite sur le tableau des voies communales et que la commune en assure l'entretien ;
- le cadastre, ainsi que la présence d'ouvrages publics implantés de l'autre côté du mur édifié par M. C démontrent que celui-ci empiète sur le domaine public ;
- il ressort d'un constat d'huissier du 9 mars 2020 que M. C a empiété sur le domaine public routier, en méconnaissance de l'arrêté d'alignement du 9 juin 1998, qui lui a été délivré préalablement à la construction du mur ;
- le refus de la commune d'Azérables d'engager des poursuites à l'encontre de M. C n'est justifié par aucune considération d'ordre public ou de sauvegarde des intérêts généraux.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er avril 2022 et le 22 février 2024, la commune d'Azérables conclut au rejet de la requête et demande la mise à la charge des consorts B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la voie n° 34 n'est pas une voie communale, dès lors qu'elle ne retrouve dans ses archives aucune décision de classement et qu'elle dessert seulement les habitations du lieu-dit " Beauregard " ;
- la dangerosité des lieux n'est pas établie, dès lors qu'aucun accident n'a eu lieu sur ce site ;
- il n'est pas établi que le mur en litige empiète sur le domaine public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2022, M. C demande au tribunal le rejet de la requête des consorts B par les mêmes motifs que ceux exposés par la commune d'Azérables et demande la mise à la charge des consorts B la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient au surplus que :
- la décision est suffisamment motivée ;
- le poteau électrique était déjà implanté sur sa propriété au moment de son acquisition.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 mars 2024 par une ordonnance du 13 mars précédent.
Une note en délibéré a été produite par les consorts B le 16 septembre 2024 qui a été enregistrée sans être communiquée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gazeyeff,
- les conclusions de Mme Siquier, rapporteure publique.
- les observations de Me Monpion, succédant à Me Gautier-Delage, représentant les consorts B.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts B sont propriétaires d'une parcelle cadastrée sous le n° A1567 située au 6 lieu-dit Beauregard à Azerables qui jouxte la voie n° 34. En face de cette parcelle et de l'autre côté de cette voie, M. C est propriétaire d'une parcelle cadastrée sous le n° 351. Par un arrêté du 9 juin 1998, le maire de la commune d'Azérables a fixé l'alignement individuel de la voie au droit de cette parcelle. Après cet alignement, M. C a fait ériger un mur sur la bande de terrain herbeuse à la limite de sa propriété et le long de la voie n° 34. Estimant que ce mur constituait un empiètement sur le domaine public routier, les consorts B ont, par un courrier daté du 20 septembre 2021, saisi le maire de la commune d'Azérables afin qu'il mette en œuvre ses pouvoirs de police de conservation du domaine public routier et qu'il engage des poursuites à l'encontre de M. C pour faire cesser cet empiètement. Par un courrier daté du 5 octobre 2021, le maire de la commune d'Azérable a refusé de faire droit à cette demande. Les consorts B demandent au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une décision par laquelle une autorité refuse de mettre en œuvre ses pouvoirs de police n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées, dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune d'Azerables a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police et d'engager des poursuites pour faire cesser l'occupation irrégulière de la voie publique est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la qualification de la voie n° 34 :
3. Il ressort des pièces du dossier que la voie n° 34, qui dessert les habitations du lieu-dit Beauregard, figure sur le tableau des voies communales de la commune d'Azérables transmis par la direction départementale des finances publiques aux consorts B par un courriel daté du 18 juin 2021. Cette voie est mentionnée comme une voie communale tant sur les plans cadastraux, que dans l'arrêté d'alignement délivré à M. C le 9 juin 1998 et le plan établi par le géomètre expert le 30 juillet 1990. Au surplus, les requérants soutiennent sans être contredits sur ce point que la commune assure l'entretien de cette voie. Dans ces conditions, la commune d'Azerables et M. C ne sont pas fondés à soutenir qu'il n'est pas établi que la voie n° 34 est une voie communale qui appartient au domaine public.
En ce qui concerne l'existence d'une atteinte au domaine public routier :
4. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 111-1 du code de la voirie routière, " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens du domaine public de l'Etat, des départements et des communes affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ".
5. D'une part, les autorités chargées de la police et de la conservation du domaine public routier sont tenues, par application des principes régissant la domanialité publique, de veiller à l'utilisation normale de la voirie routière et d'exercer à cet effet les pouvoirs qu'elles tiennent de la législation en vigueur, y compris celui de saisir le juge compétent pour statuer sur la répression des atteintes portées à ce domaine, pour faire cesser les occupations sans titre et enlever les obstacles créés de manière illicite qui s'opposent à l'exercice par le public de son droit à l'usage du domaine. Si l'obligation ainsi faite à ces autorités trouve sa limite dans les autres intérêts généraux dont elles ont la charge et, notamment, dans les nécessités de l'ordre public, elles ne sauraient légalement s'y soustraire pour des raisons de simple convenance administrative.
6. D'autre part, il appartient au juge administratif de se prononcer sur l'existence, l'étendue et les limites du domaine public, sauf à renvoyer à l'autorité judiciaire une question préjudicielle en cas de contestation sur la propriété du bien litigieux dont l'examen soulève une difficulté sérieuse. Le caractère sérieux de la contestation s'apprécie au regard des prétentions contraires des parties et au vu de l'ensemble des pièces du dossier. Le juge doit prendre en compte tant les éléments de fait que les titres privés invoqués par les parties.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la configuration des lieux telle qu'elle résulte des photographies jointes au constat d'huissier réalisé à la demande des requérants le 9 mars 2020 que le mur réalisé par M. C est situé dans un virage sur l'accotement herbeux qui longe l'enrobé de la voie communale. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet accotement serait nécessaire au maintien de la voie, ou à son usage, et en particulier à la sécurité de la circulation sur cette voie qui dessert seulement les habitations du lieu-dit " Beauregard ". Par ailleurs, la seule présence sur cet accotement herbeux de poteaux électriques et de panneaux de signalisation, ainsi que la circonstance que la commune d'Azérables en assure l'entretien, ne sauraient suffirent à le faire regarder comme appartenant, en son ensemble, au domaine public routier. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance, au demeurant insuffisamment établie, que le mur érigé par M. C serait situé au-delà des limites fixées par l'arrêté d'alignement du 9 juin 1998, les consorts B ne sont pas fondés à soutenir que mur érigé par M. C empiète sur le domaine public routier.
8. Enfin, les requérants soutiennent que le mur construit par M. C présente un risque compte tenu de la circulation sur la voie, notamment des engins agricoles de grande dimension. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'aucun accident n'a eu lieu sur ce site, ainsi, au regard de la configuration des lieux telle qu'elle a été décrite au point précédent, et à instar de ce qu'a constaté l'huissier mandaté par les requérants, la dangerosité de l'édifice n'est pas établie.
9. Il résulte de ce qui précède que les consorts B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que le maire de la commune d'Azérables a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police et d'engager des poursuites pour faire cesser l'occupation irrégulière de la voie publique communale n° 34. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives au prononcé d'une injonction et celles présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées par la commune d'Azérables et M. C relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Les consorts B étant la partie perdante, il y a lieu de mettre à leur charge solidaire une somme de 600 euros à verser à M. C et une somme de 600 euros à verser à la commune d'Azérables sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par les consorts B est rejetée.
Article 2 : Les consorts B verseront une somme de 600 (six cents) euros à la commune d'Azérables en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les consorts B verseront une somme de 600 (six cents) euros à M. A C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié aux consorts B, à M. A C et à la commune d'Azérables.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Boschet, premier conseiller,
- M. Gazeyeff, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
D. GAZEYEFF
Le président,
FJ. REVEL
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
M. Dcg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026