jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 18 novembre 2021 et le 25 mai 2022, Mme B A C, représentée par Me Dounies, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que mère d'enfant français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que mère d'enfant français dans le délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 313-11 7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation portée sur sa situation personnelle et d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 décembre 2021, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les conclusions de M. Slimani, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante comorienne née en 1980, est entrée en métropole le 8 janvier 2020, selon ses déclarations, munie d'un titre de séjour " vie privée et familiale " délivré par le préfet de Mayotte, valable du 3 avril 2019 au 2 avril 2020. Le 3 août 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que mère d'enfants français. Par une décision du 17 septembre 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne lui a opposé un refus.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision attaquée mentionne que le préfet a refusé de délivrer à Mme A C le titre de séjour sollicité en qualité de parent d'enfant français au motif qu'elle était dépourvue de l'autorisation préfectorale spéciale prévue à l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également rappelé que l'intéressée était la mère de quatre enfants dont trois de nationalité française et deux majeurs. Elle satisfait dès lors aux exigences de motivation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A C, célibataire, est entrée irrégulièrement en métropole en janvier 2020. Son séjour est donc récent à la date de la décision attaquée. Si elle se prévaut de la présence en métropole de ses quatre enfants dont trois de nationalité française et deux majeurs, elle n'a pas vocation à demeurer avec ces deux derniers qui peuvent lui rendre visite à Mayotte. De même, si elle mentionne que deux de ses enfants français dont elle a la garde sont scolarisés à Limoges, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer, le cas échéant, à Mayotte où ses deux enfants mineurs ont toujours vécu avant leur entrée en métropole ni qu'ils ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité. En outre, si elle produit une attestation du 1er février 2022 légalisée par la ville de Limoges et selon laquelle elle aurait entamé une vie commune avec un compatriote, sans précision sur sa situation au regard du droit au séjour, cette attestation est postérieure à la décision attaquée. Par ailleurs, si elle précise vouloir suivre une formation dans le domaine de la petite enfance, elle ne justifie d'aucune perspective d'insertion socio-professionnelle en France métropolitaine. Dans ces conditions, le refus de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
6. En troisième et dernier lieu, Mme A C ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, codifié depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 423-23 du même code, dès lors que le préfet de la Haute-Vienne a statué sur la seule demande de titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français " présentée par l'intéressée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans statuer sur l'article L. 423-23 du même code. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme B A C, à Me Dounies et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
D. ARTUS
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026