jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
| Avocat requérant | MARTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2021, Mme A C épouse E, représentée par Me Marty, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 août 2021 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Vienne a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande d'hébergement ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de la Haute-Vienne de la reconnaître comme prioritaire à un hébergement opposable ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve de sa renonciation, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ont été méconnues dès lors que le motif de la décision attaquée est tiré à tort de l'irrégularité de sa situation sur le territoire national ;
- les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ont été violées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2022, la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C épouse E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. D a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse E a saisi, le 26 juillet 2021, la commission départementale de médiation de la Haute-Vienne d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande d'hébergement. L'intéressée demande d'annuler la décision du 19 août 2021 par laquelle la commission départementale de médiation a rejeté son recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. " Aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du même code : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. () ". Il résulte des textes précités que la commission ne peut refuser d'examiner une demande d'hébergement qui lui est soumise au seul motif de l'irrégularité du séjour de l'intéressée.
3. Pour rejeter le recours de la requérante tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, la commission de médiation du département de la Haute-Vienne, qui s'est d'ailleurs expressément fondée sur les dispositions de l'article
L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation traitant des conditions de permanence et de régularité de séjour en France des personnes souhaitant bénéficier d'un droit au logement décent et indépendant, a considéré que Mme C épouse E se maintenait avec sa famille sur le territoire français malgré l'existence d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, que son propre comportement contribuait à la mettre dans la situation dans laquelle elle se trouvait et qu'en conséquence, le caractère prioritaire et urgent ne pouvait être appliqué à sa situation. Aussi, en se fondant exclusivement sur la situation administrative de la requérante, sans rechercher si elle présentait par ailleurs les conditions lui ouvrant droit à ce dispositif d'urgence, la commission de médiation du département de la Haute-Vienne a méconnu les dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation précitées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, Mme C épouse E est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 août 2021 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Vienne a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande d'hébergement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement qui annule la décision de la commission de médiation de la Haute-Vienne du 19 août 2021 attaquée, implique seulement qu'il soit procédé à un réexamen de la demande de la requérante par la commission de médiation, et non qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Vienne d'attribuer un logement à l'intéressée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de faire procéder à ce nouvel examen de la demande de l'intéressée par la commission de médiation de la Haute-Vienne en vue de prendre une nouvelle décision qui devra intervenir dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Marty au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 19 août 2021 de la commission de médiation de la Haute-Vienne est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de faire procéder à un nouvel examen de la demande de Mme C épouse E par la commission de médiation de la Haute-Vienne en vue de prendre une nouvelle décision qui devra intervenir dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:L'Etat versera une somme de 1 000 (mille) euros à Me Marty au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse E, à Me Marty et au ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. D
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026