mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MEAUDE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2200185 du 14 janvier 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux a renvoyé le dossier de la requête de M. A B au tribunal administratif de Limoges.
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 janvier et 20 mars 2022, M. A B, représenté par Me Meaude, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel la préfète de la Corrèze l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de deux mois, avec obligation de se présenter au commissariat de Brive-la-Gaillarde tous les jours, à l'exception des dimanches et des jours fériés ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son avocate en vertu des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté du 11 janvier 2022 ;
- l'arrêté du 11 janvier 2022 est insuffisamment motivé en droit et en fait ; la préfète de la Corrèze n'a pas précisé sur le fondement de quel alinéa de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile il l'a assigné à résidence ; cet arrêté ne comporte que des " considérants stéréotypés " ;
- la préfète de la Corrèze n'a pas fait un examen sérieux de sa situation ;
- les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prononcer son assignation à résidence n'étaient pas remplies ; les prolongations successives de son placement en rétention administrative démontrent l'existence de perspectives d'éloignement raisonnables ; si, le 11 janvier 2022, la cour d'appel de Bordeaux a ordonné sa remise en liberté, celle-ci n'était pas liée à une absence de perspectives d'éloignement justifiant le report de l'exécution de la mesure d'éloignement ;
- l'arrêté du 11 janvier 2022 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il est hébergé chez sa mère, au 6 rue du Maréchal Juin à Limoges, ce qui rend impossible l'exécution de cet arrêté ; la préfète aurait par ailleurs dû l'autoriser à travailler sur le fondement de l'article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'arrêté du 11 janvier 2022 fait peser sur lui des contraintes manifestement disproportionnées.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, la préfète de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant comorien né le 19 mai 2000, M. B déclare être entré à Mayotte à l'âge de neuf mois et sur le territoire métropolitain en 2016. Par un arrêté du 16 novembre 2021, la préfète de la Corrèze l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Initialement placé en rétention administrative, la cour d'appel de Bordeaux a ordonné sa remise en liberté immédiate par une ordonnance du 11 janvier 2022. Par un arrêté du même jour, la préfète de la Corrèze l'a assigné à résidence dans ce département, pour une durée de deux mois, avec obligation de se présenter au commissariat de Brive-la-Gaillarde tous les jours, à l'exception des dimanches et des jours fériés. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () / Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat ". Selon l'article L. 732-4 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1° () de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie ". Selon l'article R. 733-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ".
3. Comme le fait valoir la préfète de la Corrèze, il n'est ni établi ni même soutenu que M. B aurait transmis à ses services, avant l'édiction de l'arrêté litigieux du 11 janvier 2022, l'attestation d'hébergement établie le 20 décembre 2021 par sa mère, qu'il produit dans la présente instance pour justifier qu'il vivait chez celle-ci au 6 rue du Maréchal Juin à Limoges. Cependant, il ressort des pièces du dossier qu'à plusieurs reprises, M. B a, dans le cadre de précédentes instances contentieuses, notamment celles ayant donné lieu au jugement n° 2101823 du 24 novembre 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal a rejeté son recours formé à l'encontre de l'arrêté du 16 novembre 2021 et à l'ordonnance rendue le 5 janvier 2022 par la cour d'appel de Bordeaux confirmant la prolongation de son placement en rétention administrative, expressément indiqué qu'il était domicilié à Limoges chez sa mère, circonstance que la préfète de la Corrèze, qui était une des parties à ces instances, ne pouvait ignorer. Par ailleurs, la préfète de la Corrèze n'établit ni même n'allègue qu'à la date de son arrêté du 11 janvier 2022, elle aurait disposé d'éléments de nature à établir que M. B avait son domicile en Corrèze. Dans ces conditions, en l'assignant à résidence dans le département de la Corrèze et en lui imposant de se présenter six fois par semaine à 9h au commissariat de police de Brive-la-Gaillarde situé à plus de 90 km de Limoges, sans au demeurant justifier de la moindre démarche qui lui aurait permis de savoir si le domicile de M. B était en réalité en Corrèze et non à Limoges comme il avait pu le déclarer, la préfète a entaché son arrêté du 11 janvier 2022 d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel la préfète de la Corrèze l'a assigné à résidence pour une durée de deux mois, avec obligation de se présenter au commissariat de Brive-la-Gaillarde tous les jours, à l'exception des dimanches et des jours fériés.
5. En second lieu, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Meaude, avocate de M. B, de la somme de 800 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel la préfète de la Corrèze a assigné à résidence M. B pour une durée de deux mois, avec obligation de se présenter au commissariat de Brive-la-Gaillarde tous les jours, à l'exception des dimanches et des jours fériés, est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Me Meaude une somme de 800 (huit cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Corrèze et à Me Meaude.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
F.J. REVELLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026