mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PARADEISE ADELINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2022, Mme B C, représentée par Me Paradeise, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 novembre 2021 par laquelle le président de la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de retrait des terrains dont elle a l'usufruit du territoire de l'ACCA de Nieul ;
2°) d'enjoindre à titre principal au président de la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne de retirer du territoire de l'association communale de chasse, les parcelles cadastrales sur lesquelles elle possède un droit de chasse, à l'exclusion des parcelles cadastrales A308, A365, B231 et B431, sises sur la commune de Nieul, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre subsidiaire de réexaminer sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de cette fédération la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le président de la fédération a méconnu les dispositions de l'article R. 422-52 du code de l'environnement en prenant sa décision le 16 novembre 2021 " alors que la période de cinq années échouait le 30 juin 2021 " ;
- en se fondant pour prendre sa décision sur la seule absence de capacité juridique, le président de la fédération n'a pas suffisamment motivé sa décision ;
- il a par ailleurs méconnu l'article 8 du code civil ;
- la décision méconnait les articles L. 422-10 et L. 422-18 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2022, la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne, représentée par Me Lachaume, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme C d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de M. Martha, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;
- et les observations de Me Paradeise pour la requérante et de Me Lachaume pour la fédération défenderesse.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre du 24 novembre 2020, Mme C a sollicité du président de la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne que soient retirées du territoire soumis à l'action de l'ACCA de Nieul différentes parcelles dont elle a acquis la pleine propriété pour certaines et l'usufruit pour d'autres à la suite du décès de son époux survenu le 27 janvier 2015. Par une décision du 16 novembre 2021, cette fédération a rejeté l'opposition cynégétique formée par Mme C. L'intéressée demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-18 du code de l'environnement : " L'opposition formulée en application du 3° ou du 5° de l'article L. 422-10 prend effet à l'expiration de la période de cinq ans en cours, sous réserve d'avoir été notifiée six mois avant le terme de cette période. A défaut, elle prend effet à l'expiration de la période suivante. La personne qui la formule la notifie au président de la fédération départementale des chasseurs (). Le droit d'opposition mentionné au premier alinéa du présent article est réservé aux propriétaires et aux associations de propriétaires ayant une existence reconnue lors de la création de l'association ". Aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'environnement : " L'association communale est constituée sur les terrains autres que ceux : () 3° Ayant fait l'objet de l'opposition des propriétaires ou détenteurs de droits de chasse sur des superficies d'un seul tenant supérieures aux superficies minimales mentionnées à l'article L. 422-13 () ". Selon l'article L. 422-13 du même code : " Pour être recevable, l'opposition des propriétaires ou détenteurs de droits de chasse mentionnés au 3° de l'article L. 422-10 doit porter sur des terrains d'un seul tenant et d'une superficie minimum de vingt hectares () ". Aux termes de l'article R. 422-52 de ce code : " L'opposition mentionnée à l'article L. 422-18 est formulée par les personnes mentionnées aux 3° et 5° de l'article L. 422-10, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par un envoi recommandé électronique au sens de l'article L. 100 du code des postes et des communications électroniques. A l'appui de leur demande, celles-ci joignent les justificatifs mentionnés au premier alinéa de l'article R. 422-24 ". Selon l'article R. 422-53 du même code : " Lorsque le propriétaire d'un terrain acquiert d'autres terrains constituant avec le premier un ensemble d'un seul tenant et dont la superficie dépasse le minimum fixé dans la commune pour ouvrir le droit à opposition, il peut exiger le retrait du fonds ainsi constitué du territoire de l'association. A l'appui de sa demande, il doit joindre les justificatifs mentionnés au premier alinéa de l'article R. 422-24. Ce retrait s'effectue dans les conditions prévues à l'article
R. 422-52 ".
3. Il résulte de l'article L. 422-18 du code de l'environnement dans sa rédaction issue de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 que, outre les personnes propriétaires d'un terrain ou détentrices des droits de chasse d'une superficie d'un seul tenant supérieure au seuil résultant de l'article L. 422-13 de ce code, seules les associations de propriétaires ayant une existence reconnue à la date de création de l'association communale de chasse agréée (ACCA) disposent du droit de s'en retirer, à condition de réunir des terrains représentant une superficie totale remplissant la condition prévue à l'article L. 422-13, les associations comparables créées postérieurement à cette date étant privées de ce droit même lorsqu'elles réunissent des terrains représentant une superficie totale remplissant la condition prévue à l'article L. 422-13.
4. Pour rejeter la demande d'opposition de Mme C, la fédération départementale de chasse de la Haute-Vienne s'est fondée sur le motif que l'intéressée n'était pas recevable, en tant qu'usufruitière des trois quarts des terres de son défunt mari, à demander à ce que ces parcelles ne soient plus incluses dans le champ d'action de l'ACCA de Nieul.
5. En sa qualité d'usufruitière des parcelles dont elle se prévaut et dès lors qu'en présence d'une propriété démembrée le droit de chasse appartient à l'usufruitier et non au nu-propriétaire, Mme C doit être regardée comme étant détentrice des droits de chasse au sens du 3° de l'article L. 422-10 du code de l'environnement. Par suite, et sans que n'y fasse obstacle la circonstance que les enfants de la requérante, nu-propriétaires des parcelles en cause, aient fait part par écrit de leur désaccord quant à l'opposition formée par leur mère, cette dernière était recevable, en application de ce même article, à solliciter auprès de la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne, le retrait de ces parcelles du territoire soumis à l'action de l'ACCA, en complément de celles dont elle a acquis la pleine propriété. Par suite, en lui opposant sa qualité d'usufruitière pour rejeter sa demande d'opposition cynégétique, cette fédération a commis une erreur de droit. Pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision contestée doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte:
6. Il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que Mme C est détentrice, eu égard aux terres dont elle a l'usufruit et de celles dont elle a acquis la pleine propriété, des droits de chasse sur un terrain dont la superficie d'un seul tenant est de 112, 1357 hectares, une fois exclues les parcelles cadastrales A308 de 0,9660 hectare, A365 de 0,0805 hectare, B231 de 0,6144 hectare et B431 de 1,0995 hectare. Par suite, sa demande d'opposition cynégétique remplit la condition de superficie prévue par l'article L. 422-13 du code de l'environnement et dont un arrêté a fixé pour le département de la Haute-Vienne, le seuil minimal à 60 hectares. En l'absence de toute autre circonstance de nature à faire obstacle à ce qu'il soit fait droit à sa demande d'opposition cynégétique formulée le 24 novembre 2020, soit dans le délai prévu à l'article L. 422-18 du code de l'environnement, il y a lieu d'enjoindre à la fédération départementale des chasseurs de la Vienne de procéder au retrait de ces terres du territoire soumis à l'action de l'ACCA de Nieul dans un délai de 3 mois à compter de la date de notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais de justice :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme que demande la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne une somme de 1 200 euros à verser à Mme C.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 16 novembre 2021 du président de la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne est annulée.
Article 2:Il est enjoint à cette fédération de retirer du territoire de l'ACCA de Neuil les parcelles pour lesquelles Mme C a formé une opposition cynégétique pour une surface de 112,1357 hectares, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement sous astreinte de 50 (cinquante) euros par jour de retard.
Article 3:La fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne versera à Mme C une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4:Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5:Ce jugement sera notifié à Mme B C et à la fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. A
lg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026