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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200104

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200104

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200104
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Malabre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour et de travail, ou de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 920 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 14 octobre 2021 ;

- cette décision est entachée d'un vice de procédure ; en premier lieu, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas demandé l'avis préalable de la commission du titre de séjour ; en second lieu, l'avis du collège de médecins de l'Ofii a été rendu dans des conditions irrégulières ; premièrement, il appartient au préfet de la Haute-Vienne de justifier de l'existence de l'avis sur lequel il s'est fondé, ainsi que sa teneur ; deuxièmement, il n'est pas justifié, conformément à l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016, qu'il s'est vu remettre un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté ; troisièmement, il appartient au préfet de la Haute-Vienne d'établir, d'une part, l'existence du rapport prévu à l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa date, sa transmission, et le respect des formes et délais règlementaires susmentionnés et de l'arrêté du 27 décembre 2016, spécialement son annexe B, d'autre part, que le médecin qui a rédigé ce rapport n'a pas siégé dans le collège de médecins de l'Ofii qui s'est prononcé sur sa situation ; quatrièmement, il appartient au préfet de la Haute-Vienne de justifier de l'existence d'une délibération collégiale des membres du collège de médecins de l'Ofii ; cinquièmement, il n'est pas justifié que, dans son avis, le collège de médecins de l'Ofii se soit prononcé sur la compatibilité de son état de santé avec la possibilité de voyager ;

- cette décision méconnaît le 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- cette décision méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des libertés fondamentales, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant algérien né le 22 mai 1995, M. B déclare être entré en France le 3 septembre 2019. Par arrêté du 21 juin 2021, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le 10 août 2021, M. B a demandé la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé. Par une décision du 14 octobre 2021, prise à la suite d'un avis rendu le 8 septembre 2021 par le collège de médecins de l'Ofii, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande. M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".

3. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. En cas de défaut de présentation de l'étranger lorsqu'il a été convoqué par le médecin de l'office ou de production des examens complémentaires demandés dans les conditions prévues au premier alinéa, il en informe également le préfet. Dans ce cas le récépissé de demande de première délivrance d'un titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 n'est pas délivré. Lorsque l'étranger dépose une demande de renouvellement de titre de séjour, le récépissé est délivré dès la réception, par le service médical de l'office, du certificat médical mentionné au premier alinéa. / Le collège peut demander au médecin qui suit habituellement le demandeur, au médecin praticien hospitalier ou au médecin qui a rédigé le rapport de lui communiquer, dans un délai de quinze jours, tout complément d'information ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, inséré dans un chapitre I relatif aux " dispositions applicables aux étrangers sollicitant leur admission au séjour " : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Aux termes de l'article 4 de cet arrêté, inséré dans le même chapitre : " Pour l'établissement de son rapport médical, le médecin de l'office peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant renseigné le certificat médical et faire procéder à des examens complémentaires. / Le médecin de l'office, s'il décide, pour l'établissement du rapport médical, de solliciter un complément d'information auprès du médecin qui a renseigné le certificat médical, en informe le demandeur. / Il peut convoquer, le cas échéant, le demandeur auprès du service médical de la délégation territoriale compétente. / Les informations ou les résultats d'examens complémentaires sollicités sont communiqués dans un délai de quinze jours à compter de la demande formulée par le médecin de l'office. A défaut de disposer de ces éléments dans ce délai, le demandeur atteste avoir entrepris les démarches nécessaires dans ce même délai. / Lorsque le demandeur n'a pas accompli les formalités lui incombant conformément aux deux alinéas précédents ou lorsqu'il n'a pas justifié de son identité à l'occasion de sa convocation à l'office, le service médical de l'office en informe le préfet dès l'établissement du rapport médical ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté, inséré dans le même chapitre : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

4. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () / : 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Selon l'article R. 611-1 de ce code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Aux termes de l'article R. 611-2 du même code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, inséré dans un chapitre II relatif aux " dispositions applicables aux étrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement " : " L'étranger qui, dans le cadre de la procédure prévue aux titres I et II du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sollicite le bénéfice des protections prévues au 10° de l'article L. 511-4 ou au 5° de l'article L. 521-3 du même code est tenu de faire établir le certificat médical mentionné au deuxième alinéa de l'article 1er ". Selon l'article 10 de cet arrêté, inséré dans ce même chapitre : " Le certificat médical, dûment renseigné et accompagné de tous les documents utiles, est transmis sans délai, par le demandeur ou, avec l'accord exprès de celui-ci, par le médecin qui l'a rédigé, par tout moyen permettant d'assurer la confidentialité de son contenu, au service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'adresse a été préalablement communiquée au demandeur ". Aux termes de l'article 11 de ce même arrêté, inséré dans ce même chapitre : " Au vu du certificat médical, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 ou, lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 561-2 ou de l'article L. 552-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou retenu en application de l'article L. 551-1 du même code, le médecin de l'office désigné par son directeur général pour émettre l'avis sur l'état de santé prévu à l'article R. 511-1 du même code émet un avis dans les conditions prévues à l'article 6 et au présent article et conformément aux modèles figurant aux annexes C et D du présent arrêté. / Pour l'établissement de l'avis, le collège de médecins ou le médecin de l'office peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant rempli le certificat médical. Le demandeur en est informé. / Le collège de médecins ou le médecin de l'office peut convoquer le demandeur et faire procéder à des examens complémentaires. Dans ce cas, le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. Il peut être assisté d'un interprète et d'un médecin de son choix. / Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate ".

5. Il résulte des dispositions précitées de l'arrêté du 27 décembre 2016 qu'il n'est dérogé à la rédaction préalable par un médecin de l'Ofii du rapport prescrit à son article 3 que lorsqu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement entend se prévaloir, à l'encontre notamment d'une décision portant obligation de quitter le territoire français de la protection résultant du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors qu'un certificat médical satisfaisant aux prévisions de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est présenté par un ressortissant algérien à l'appui d'une demande de titre sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il incombe aux services de l'Ofii de procéder à la rédaction de ce rapport préalable, laquelle constitue une garantie pour le demandeur, et à le communiquer au collège. La seule circonstance que le demandeur aurait fait l'objet d'une mesure d'éloignement antérieurement à sa demande de titre de séjour n'est pas de nature à faire obstacle à l'application des dispositions des articles 1 à 8 de cet arrêté, relatifs à la procédure applicable aux demandes d'admission au séjour.

6. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir fait l'objet, le 21 juin 2021, d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, M. B a sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Pour l'instruction de cette demande de titre de séjour, les dispositions précitées exigeaient dès lors du préfet de la Haute-Vienne qu'il recueille l'avis du collège de médecins de l'Ofii, lequel devait être émis au vu d'un rapport médical établi par un médecin de cet office, dans les conditions énoncées au chapitre 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016. La circonstance que l'intéressé a précédemment fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français n'avait pas pour effet, contrairement à ce que soutient le préfet, de rendre seules applicables à la situation de l'intéressé les dispositions citées au point 4, qui concernent les étrangers sollicitant, dans le cadre d'une procédure d'éloignement, le bénéfice de la protection qui est prévue au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là qu'en statuant sur la demande de séjour M. B sur la base de l'avis du collège de médecins de l'Ofii, sans que celui-ci ait été émis au vu d'un rapport médical établi par un médecin de cet office, le préfet de la Haute-Vienne a entaché d'irrégularité sa décision du 14 octobre 2021. Au regard notamment du rôle et des prérogatives attribués par les textes précités au médecin de l'Ofii, l'absence de rapport de celui-ci a eu pour effet de priver le requérant d'une garantie.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Compte tenu du motif sur lequel elle repose, l'annulation de la décision du 14 octobre 2021 implique uniquement qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Malabre, avocat de M. B, de la somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 14 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de la notification de ce jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Malabre une somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Malabre.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Gazeyeff, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

F.J. REVELLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. C

jb

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