mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE F MARTHA |
| Avocat requérant | ANGLE DROIT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 24 janvier et 9 septembre 2022, 13 juillet et 27 septembre 2023, M. A C, représenté par Me Mons-Bariaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2021 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Suzanne Valadon de Bessines sur Gartempe lui a infligé un blâme, ensemble la décision du 19 novembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner l'EHPAD Suzanne Valadon à lui verser la somme totale de 40 000 euros en réparation du préjudice moral subi du fait de la faute consistant en l'illégalité des décisions susvisées, assortie des intérêts de droit à compter de la notification de la première demande indemnitaire formée le 12 novembre 2021 auprès de l'EHPAD ;
3°) de mettre à la charge de cet établissement une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision attaquée ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la sanction disciplinaire portant le blâme doit être prise par arrêté et non par une décision ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
- la sanction est disproportionnée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 octobre 2022 et le 27 novembre 2022, l'EHPAD " Suzanne Valadon ", représenté par Me Brazier, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné M. Martha, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Mons-Bariaud, représentant M. C et de M. B pour l'établissement défendeur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, agent des services hospitaliers, exerce ses fonctions au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " Suzanne Valadon " depuis le 1er octobre 2001. Le 25 aout 2021, l'EHPAD a porté à la connaissance du requérant son intention d'engager une procédure disciplinaire à son encontre en lui reprochant une attitude maltraitante envers les résidents ainsi que des gestes de soins brusques les mettant en danger. Par une décision du 13 septembre 2021, cet établissement a prononcé un blâme à l'encontre de M. C. Par une décision du 19 novembre suivant, il a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé. M. C demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 4 janvier 2021, le directeur de l'hôpital intercommunal du Haut Limousin et des EHPAD de Bessines sur Gartempe et de Nantiat a délégué sa signature à M. B, directeur adjoint des EHPAD de Bessines sur Gartempe et de Nantiat, à l'effet de signer, notamment, les actes et décisions relatifs au recrutement du personnel et à l'organisation. Par suite, le moyen tenant à l'incompétence de l'auteur de l'acte contesté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. Il ressort des termes de la décision du 13 septembre 2021, qui vise les textes dont il est fait application, que la sanction fait état de deux types de manquements commis par M. C, " des négligences professionnelles constitutives de manquement à la réalisation de soins adaptés en poste de nuit " et " des gestes de soins non adaptés notamment concernant le changement des protections ou encore le coucher des résidents au sein de l'EHPAD ". Si M. C fait grief à la décision de ne pas préciser les circonstances exactes des faits reprochés, notamment la date de commission de ces faits, les éléments contenus dans la décision sont suffisamment circonstanciés, alors que l'administration n'a pas à faire état de l'ensemble des considérations de fait sur lesquelles elle se fonde, pour permettre à M. C de connaître les motifs de la sanction qui le frappe et de les discuter valablement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, la circonstance que l'acte attaqué ait été édicté sous la désignation " décision " plutôt que sous celle d'" arrêté " est sans incidence sur sa régularité.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 29 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". En vertu de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / L'avertissement, le blâme ; / Deuxième groupe : / La radiation du tableau d'avancement, l'abaissement d'échelon, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ; / Troisième groupe : / La rétrogradation, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans ; / Quatrième groupe : / La mise à la retraite d'office, la révocation ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. D'une part, s'agissant des faits reprochés à M. C vis-à-vis de résidents, il ressort des pièces du dossier que, l'établissement s'est fondé sur différents témoignages et fiches d'évènements indésirables concernant à titre principal des faits commis en mai et juin 2021, gestes brusques lors du coucher des résidents, des carences lors du changement de protection, des comportements inadaptés envers les résidents comme des chatouilles au niveau des pieds ou des tapes sur les fesses. Il n'est pas sérieusement contesté que ces faits ont été commis par M. C. Par ailleurs, trois des collègues de l'intéressé ont souligné le caractère inapproprié et brusque de certains des soins réalisés par ce dernier tout en estimant qu'il ne s'agit pas d'actes de maltraitance. Par ailleurs, l'intéressé lui-même dans le cadre de l'enquête disciplinaire qui a été ouverte reconnait avoir déjà laissé des " résidents dans leur souillure " " si la personne est odieuse ", " être peut-être brusque ", faire des chatouilles au niveau des pieds de temps en temps en précisant que " c'est de la rigolade ". Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'un signalement avait déjà été effectué le 15 juin 2019 à la suite de la plainte d'un résident à l'encontre de M. C. Au vu de l'ensemble de ces éléments suffisamment circonstanciés et concordants, sans que n'y fasse obstacle le jugement de relaxe dont a bénéficié M. C le 16 juin 2022 par le tribunal judiciaire de Limoges en l'absence d'élément moral de l'infraction, les faits tels qu'ils ont été retenus par l'autorité disciplinaire doivent être tenus pour établis.
9. D'autre part, ces faits, qui ont été réitérés à plusieurs reprises, quand bien même ils ne caractérisent pas des actes de maltraitance et auraient été commis de manière involontaire, constituent des manquements aux obligations professionnelles et déontologiques vis-à-vis de personnes particulièrement vulnérables qui réclament attention et bienveillance. A cet égard, ni l'absence de formation dont se prévaut l'intéressé, ni les conditions difficiles d'exercice de la fonction d'agent hospitalier n'ont d'incidence sur le caractère fautif de ces faits.
10. Enfin, en infligeant un blâme à M. C, laquelle sanction relève du 1er groupe, l'autorité disciplinaire, qui a pris en compte l'absence d'antécédents disciplinaire, n'a pas pris une sanction disproportionnée par rapport aux fautes qui ont été commises.
11. Il résulte de ce qui précède, alors que le requérant ne peut utilement se prévaloir des vices propres qui entacheraient la décision du 19 novembre 2021 prise sur recours gracieux, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 13 septembre 2021 et du 19 novembre 2021, par lesquelles le directeur de l'EHPAD Suzanne Valadon a prononcé un blâme à son encontre.
Sur les conclusions à fins d'indemnisation :
12. Aucune illégalité n'ayant été commise par l'EHPAD défendeur, le requérant n'est pas fondé à engager la responsabilité de ce dernier. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD défendeur, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme demandée par l'EHPAD en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EHPAD Suzanne Valadon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'EHPAD Suzanne Valadon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le magistrat désigné,
F. MARTHA
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026