jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OUANGARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 28 janvier 2022 et le 23 mai 2024, M. C A, représenté par Me Ouangari, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne lui a accordé un titre de séjour en tant qu'elle lui refuse le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle, à titre subsidiaire de procéder à un nouvel examen de la demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 920 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de droit ;
- si le préfet, dans son mémoire en défense fait valoir qu'il a décidé le 6 mai 2024 de lui accorder une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans, il s'est vu délivrer un titre de séjour temporaire d'une durée d'un an.
Par un mémoire en défense enregistré 7 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il a décidé le 6 mai 2024 de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Siquier,
- et les observations de Me Ouangari, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur le non-lieu à statuer :
1. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a sollicité la délivrance d'une carte de séjour d'une durée de deux ans. Toutefois, ce dernier s'est vu délivrer un titre de séjour temporaire valable du 31 mai 2024 au 31 mai 2025 et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'une carte de séjour pluriannuelle venant remplacer ce titre de séjour serait mise en fabrication. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée du non-lieu à statuer ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 22 mars 2021, M. A a sollicité auprès du préfet de la Haute-Vienne les motifs de la décision implicite de refus de renouvellement de sa carte pluriannuelle de séjour dont il demande l'annulation. Faute pour le préfet de lui avoir fourni ces éléments dans le délai d'un mois prévu par les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration précitées, il est fondé à soutenir que la décision précitée n'est pas motivée et qu'elle doit, par voie de conséquence, être annulée.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite du préfet de la Haute-Vienne rejetant la demande de renouvellement de la carte pluriannuelle de séjour de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation ci-dessus retenu, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de la demande de délivrance de carte de séjour pluriannuelle dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de M. A de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 11 février 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a accordé à M. A un titre de séjour est annulée en tant qu'elle lui refuse le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3:L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 (mille deux cents) euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
H. SIQUIER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026