mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE F MARTHA |
| Avocat requérant | OUANGARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2022, M. A C , représenté par Me Ouangari, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'université de Limoges à lui verser une somme de 6 673,25 euros en réparation des préjudices qu'il a subis à raison de la fin anticipée de son contrat d'engagement en qualité de doctorant contractuel pour abandon de poste, somme qui sera assortie des intérêts à taux légal à compter de la date de de réception de sa demande préalable ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Limoges une somme de 1 920 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- comme l'a retenu le tribunal dans son jugement du 7 octobre 2021, l'arrêté du 1er décembre 2020 par lequel il a été licencié pour abandon de poste est entaché d'un vice de procédure ;
- il est également entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'y a pas eu abandon de poste ; il a continué à travailler à distance avec une autorisation ; sa présence, qui n'était d'ailleurs pas strictement nécessaire, n'était pas assurée en raison de motifs médicaux et des mesures sanitaires prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie de Covid-19 ; il a continué à télé-travailler et à produire des rapports jusqu'à la date de notification de l'arrêté du 1er décembre 2020 ;
- l'université de Limoges a méconnu les dispositions des articles 5 et 6 du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- l'arrêté du 1er décembre 2020 étant illégal, il est fautif de sorte que la responsabilité de l'université de Limoges se trouve engagée ;
- il a subi un préjudice financier qu'il évalue à 1 673,25 euros ainsi qu'un préjudice moral qu'il évalue à 5 000 euros ; ces deux préjudices sont en lien direct et certain avec les manquements commis.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, l'université de Limoges conclut au rejet de la requête comme non-fondée et à la mise à la charge de M. C d'une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné M. Martha, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Ouangari, représentant M. C et de Me Bekpoli, representant l'université.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a été recruté par l'université de Limoges en qualité de doctorant contractuel, au sein de l'institut de recherche XLim, par un contrat de trois ans prenant effet à compter du 1er janvier 2020. Par un courrier du 19 octobre 2020, le président de l'université de Limoges a mis en demeure l'intéressé de reprendre son service en présentiel au sein des locaux de l'institut de recherche XLim, au plus tard le 2 novembre 2020. Le 26 octobre 2020, M. C, qui se trouvait alors au Liban, a fourni un certificat médical faisant mention d'un état de santé ne lui permettant pas de voyager pendant la période du 5 octobre au 14 novembre 2020. Par un courrier du 20 novembre 2020, le président de l'université de Limoges a, de nouveau, mis en demeure l'intéressé de reprendre son poste au plus tard le 30 novembre 2020 et l'a informé qu'à défaut de réponse de sa part, il s'exposait à une radiation des effectifs pour abandon de poste. Par un arrêté du 1er décembre 2020, prenant effet le même jour, le président de l'université de Limoges a mis fin au contrat d'engagement de M. C et l'a radié des effectifs. Par un jugement du 7 octobre 2021, le tribunal a annulé cet arrêté pour vice de procédure et a enjoint à l'université de Limoges de réintégrer l'intéressé sous son contrat d'engagement en qualité de doctorant et à la reconstitution de ses seuls droits sociaux, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement.
2. Par cette requête, M. C demande au tribunal de condamner l'université de Limoges à lui verser une somme globale de 6 673,25 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de l'illégalité de l'arrêté du 1er décembre 2020.
Sur le principe de responsabilité :
3. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Cette mise en demeure doit ainsi comporter l'information selon laquelle la radiation peut être mise en œuvre sans les garanties de la procédure disciplinaire. En outre, lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
4. En premier lieu, ainsi que l'a retenu le tribunal dans son jugement passé en force de chose jugée, mentionné au point 1, les courriers des 19 octobre et 20 novembre 2020 par lesquels le président de l'université de Limoges a mis M. C en demeure de reprendre son poste sous peine de rupture de son contrat d'engagement et de radiation des effectifs ne l'informaient pas de ce que cette mesure était susceptible d'intervenir sans procédure disciplinaire préalable. Ce vice de procédure ayant privé M. C d'une garantie, il est fondé à se prévaloir de cette illégalité fautive de l'arrêté du 1er décembre 2020, pour engager la responsabilité de l'université.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a pas repris son poste au sein de l'université à la date d'expiration fixée par la mise en demeure du 20 novembre 2020 ni n'a produit de certificat médical portant sur la période du 20 novembre au 30 novembre 2020. L'intéressé qui reconnait dans ses écritures qu'il devait réintégrer l'université le 16 novembre 2020 à la suite de l'arrêt de travail qui lui a été délivré postérieurement à la fracture de la main qu'il a subie le 5 octobre 2020 ne justifie pas par les seules pièces produites qu'il aurait continué de télé-travailler entre la date du 23 novembre 2020, date à laquelle il a reçu la mise en demeure du 20 novembre 2020 et le 30 novembre, seul un courriel du 27 novembre étant, concernant cette période, produit au dossier ni même qu'il aurait détenu, pour cette même période, une autorisation de télé-travailler. En outre, alors qu'un courriel de son laboratoire en date du 2 novembre 2020 indique que " pour les activités de recherche qui ne peuvent pas être menées en télétravail, l'accès au laboratoire restera possible, avec une organisation similaire à celle que nous avions adoptée en mai dernier ", l'intéressé ne justifie pas que la situation sanitaire liée à la Covid 19 rendait impossible son travail en présentiel au sein de l'institut, alors qu'il n'est pas contesté que celui-ci était ouvert et que d'autres doctorants avaient repris leurs fonctions en présentiel. Enfin contrairement à ce que soutient M. C, il ne résultait pas des dispositions du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 l'existence d'une obligation générale de télétravail imposée sur tout le territoire français, l'article 34 de ce décret autorisant d'ailleurs spécifiquement l'accès aux laboratoires et unités de recherche pour les doctorants. Il n'est ainsi pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 5-6 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique pour justifier de sa non reprise de ses fonctions au sein de l'institut avant le 30 novembre 2020.
6. Ainsi, M. C, qui avait été informé à plusieurs reprises de la nécessité de reprendre ses fonctions en présentiel à compter du 1er septembre 2020, ne justifie ni d'un motif médical, ni d'un motif matériel de nature à expliquer son absence de reprise de fonctions au sein de l'institut dans le délai fixé par la mise en demeure du 20 novembre 2020, soit avant le 30 novembre suivant. Il ne peut non plus être regardé comme ayant manifesté une intention de reprendre son service avant l'expiration du délai qu'elle a fixé. Par suite, l'université de Limoges n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni de droit en considérant que le lien avec le service avait été rompu du fait de l'intéressé et par suite en le radiant des cadres pour abandon de poste.
7. Il résulte de ce qui précède que seul le vice de procédure retenu au point 4 est de nature à entacher d'illégalité fautive l'arrêté du 1er décembre 2020.
Sur la réparation des préjudices :
8. Si l'annulation pour vice de procédure d'une mesure d'éviction d'un agent public est de nature à entraîner la responsabilité de la personne publique qui a pris la mesure irrégulière et d'entraîner sa condamnation à réparer le préjudice réellement subi par l'agent du fait de cette éviction, il convient, pour fixer l'indemnité à laquelle l'intéressé a droit, de tenir compte du point de savoir si, indépendamment du vice de forme, la mesure d'éviction était ou non justifiée sur le fond. Etant intervenue pour illégalité externe, cette annulation ne peut donner droit à indemnisation des préjudices qu'elle a entraînés que dans la mesure où la décision annulée s'avèrerait injustifiée au fond ou si l'illégalité externe sanctionnée serait à l'origine de l'un au moins des préjudices allégués.
9. Ainsi que dit précédemment, l'arrêté du 1er décembre 2020 était justifié sur le fond. Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction que l'illégalité externe qui a entaché cette décision serait à l'origine de l'un ou l'autre des préjudices invoqués par le requérant alors d'une part qu'il n'est pas contesté qu'il a été réintégré dès le 25 juillet 2021 et avait donc la possibilité de faire valoir ses droits à congés pour l'année 2021, d'autre part que le préjudice moral dont il se prévaut n'est pas établi et est en tout état de cause sans lien de causalité directe avec le vice de procédure dont est entaché l'arrêté du 1er décembre 2020.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
11. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Limoges la somme demandée par le requérant au titre des frais de justice. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par l'université défenderesse.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. C est rejetée.
Article 2: Les conclusions présentées par l'université de Limoges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la présidente de l'université de Limoges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le magistrat désigné
F. MARTHA
La greffière
M. B
La République mande et ordonne
à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef
La greffière
M. B
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026