jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOLKHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 1er mars 2022 et le 23 juin 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. C A, représenté par Me Molkhou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 par lequel le préfet de la Corrèze a retiré les récépissés de déclaration d'acquisition de sept armes et d'un réducteur de son, ordonné le dessaisissement des armes, des munitions et de leurs éléments de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'en acquérir de nouvelles et a invalidé son permis de chasser, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 1er janvier 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- il est entaché d'un vice de procédure, ayant été notifié par la voie hiérarchique ;
- il est entaché d'erreur de droit et de faits :
' il méconnait les dispositions de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, son bulletin n° 2 du casier judiciaire étant vierge ;
' la décision se fonde à tort sur des informations extraites du fichier de traitement des antécédents judiciaires qui ont été effacées et sur le rapport d'enquête du 2 mars 2021 du service national des enquêtes administratives de sécurité de la direction générale de la police nationale ;
' à la date de la décision attaquée, il s'était déjà lui-même dessaisi de toutes ses armes ;
' le préfet a ordonné le retrait de ses armes sur le fondement des dispositions de l'article R. 312-16 du code de la sécurité intérieure qui ne prévoit pas le retrait des armes de catégorie C ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation des faits dès lors que l'ensemble de son dossier est extrêmement favorable, tant sur le plan personnel que professionnel et que les conséquences négatives de cet arrêté sont parfaitement prévisibles.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2022, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Siquier,
- et les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
2. L'arrêté attaqué du 11 juin 2021 mentionne les articles du code de la sécurité intérieure dont le préfet a fait application, notamment les articles L. 312-3, L. 312-11 à L. 312-13 du code de la sécurité intérieure précisant l'ensemble des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments de catégorie A, B et C ainsi que le cadre légal de dessaisissement, de même que l'inscription au casier judiciaire de M. A de la condamnation dont il a fait l'objet le 27 novembre 2018 pour des faits de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, l'enquête administrative diligentée faisant apparaitre qu'il avait commis des violences à plusieurs reprises et que ce comportement laissait craindre une utilisation dangereuse pour lui-même ou pour autrui des armes qu'il détient, rendant incompatible la détention de celles-ci. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui comprend l'ensemble des éléments de droit et de faits permettant au requérant de pouvoir utilement le contester, est suffisamment motivé en droit et en fait et le moyen tiré de cette insuffisance doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les conditions de notification de la décision administrative attaquée étant dépourvues d'incidence sur sa légalité, le moyen tiré de ce que l'arrêté préfectoral du 11 juin 2021 a été notifié par voie hiérarchique par la brigade de gendarmerie compétente alors qu'il s'agissait d'une décision d'ordre privée est inopérant à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre cet arrêté. Il ne peut, par suite, qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 312-3 du code de sécurité intérieure : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : - meurtre, assassinat ou empoisonnement prévus aux articles 221-1 et suivants du code pénal ; - tortures et actes de barbarie prévus aux articles 222-1 et suivants du même code ; - violences volontaires prévues aux articles 222-7 et suivants dudit code ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 312-11 du même code : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () " et de son article L. 312-13 : " Il est interdit aux personnes ayant fait l'objet de la procédure prévue à la présente sous-section d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie. () ".
5. Aux termes de l'article R. 312-16 du code de la sécurité intérieure " L'autorisation prévue à l'article R. 312-21 peut être retirée, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, par le préfet territorialement compétent. ". Aux termes des dispositions de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : ()3° Il résulte de l'enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme ; cette enquête peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; (). ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que c'est à tort que M. A soutient que l'extrait du bulletin n° 2 du casier judiciaire le concernant daté du 12 novembre 2020, sur lequel est inscrite une condamnation le 27 novembre 2018 à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis assortie d'une mise à l'épreuve pendant deux ans avec obligation de se soumettre à des mesures d'examen, de contrôle, de traitement ou de soins, même sous le régime de l'hospitalisation, une interdiction d'entrer en relation avec la victime de l'infraction, une obligation de réparer les dommages causés par l'infraction même en l'absence de décision sur l'action civile, pour des faits de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité le 11 août 2018, était vierge à la date de la décision attaquée. En outre, si le requérant soutient que le procureur de la République a décidé de l'effacement complet de cette inscription à son casier judiciaire le 5 octobre 2021, au demeurant sans l'établir par la production d'une décision dudit procureur, cette décision, postérieure à l'arrêté attaqué, est sans incidence.
7. D'autre part, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet se serait fondé, comme le soutient M. A, sur des faits inscrits au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Il ressort au contraire de cette décision que le préfet s'est fondé sur la condamnation dont a fait l'objet M. A le 27 novembre 2018 rappelée au point précédent du présent jugement et sur le rapport d'enquête du 2 mars 2021 du service national des enquêtes administratives de sécurité de la direction générale de la police nationale qualifiant son comportement de dangereux. En outre, si le requérant soutient, au demeurant sans l'établir, que le procureur de la République a décidé de l'effacement complet de cette inscription au TAJ le 5 octobre 2021, cette décision, au demeurant non produite, est postérieure à l'arrêté attaqué et par suite sans incidence. Si le requérant fait valoir que le préfet ne pouvait se prévaloir du contenu de ce rapport, toutefois dès lors qu'en application des dispositions de l'article 312-3 du code de la sécurité intérieure, le préfet se trouvait en situation de compétence liée et qu'il était tenu d'ordonner la saisie des armes, les moyens tirés de ce que la décision se fonde à tort sur des informations extraites du fichier de traitement des antécédents judiciaires qui ont été effacées et du rapport d'enquête du 2 mars 2021 sont inopérants.
8. De troisième part, si M. A soutient qu'il s'était lui-même dessaisi de ses propres armes, faisant ainsi obstacle à la décision préfectorale attaquée, il ressort des pièces du dossier que les déclarations de cession de ses armes à un armurier, ont été remises au préfet le 25 juin 2021, postérieurement à l'arrêté attaqué. En outre, il ne démontre, ni même ne soutient s'être lui-même dessaisi de la totalité des armes, des munitions et autres éléments de ces armes, notamment le réducteur de son modèle carbone, matricule LSA06.
9. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents du présent jugement que M. A représente une menace à l'ordre public. Par suite, le préfet, en ordonnant la saisie des armes du requérant n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 312-16 du code de la sécurité intérieure.
10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur de fait doit être écarté dans toutes ses branches.
11. En dernier lieu, l'autorisation prévue à l'article R. 312-21 peut être retirée, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, par le préfet territorialement compétent. Il ressort des pièces du dossier, comme il a été dit au point 6 du présent jugement, que M. A a été condamné le 27 novembre 2018 à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans avec obligation de se soumettre à des mesures d'examen, de contrôle, de traitement ou de soins, même sous le régime de l'hospitalisation, interdiction d'entrer en relation avec la victime de l'infraction, obligation de réparer les dommages causés par l'infraction même en l'absence de décision sur l'action civile, pour des faits de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité le 11 août 2018. Par suite, et dès lors que le préfet, comme il a été dit au point 7 du présent jugement, était en situation de compétence liée, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est inopérant.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
H. SIQUIER
Le président,
N. NORMAND
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. D
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026