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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2200338

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200338

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200338
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées respectivement le 13 mars 2022, le 25 mai 2022, le 31 mai 2022 et le 26 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Malabre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident de longue durée, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et d'assortir cette injonction d'une astreinte d'un montant de 100 (cent) euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 920 euros, toutes taxes comprises, en application des dispositions de l'article L. 761-1 à verser à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- Il n'est pas justifié de la saisine pour avis du maire de sa commune de résidence ;

- La préfète a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il réside régulièrement en France depuis 2003 et qu'il justifie de ressources stables, régulières et suffisantes au sens de cet article ;

- La préfète s'est reconnue à tort en situation de compétence liée pour rejeter sa demande.

Par des mémoires en défense enregistrés le 8 avril 2022 et le 3 juin 2022, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gazeyeff a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle réside régulièrement en France depuis le 7 août 2003. Le 1er juin 2021, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ". Par une décision datée du 7 décembre 2021, la préfète de la Haute-Vienne a refusé cette demande au motif qu'il ne justifiait pas de moyens d'existence stables et suffisants et l'a informé de la mise en fabrication de sa carte de séjour d'une durée de validité de deux ans.

2. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. () ". Et aux termes de l'article L. 413-7 du même code : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10 ou L. 423-16, de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, L. 424-5, L. 424-14 ou L. 426-19, ainsi que de la carte de résident permanent prévue à l'article L. 426-4 est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'autorité administrative saisit pour avis le maire de la commune dans laquelle l'étranger réside. Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l'autorité administrative. Les étrangers âgés de plus de soixante-cinq ans ne sont pas soumis à la condition relative à la connaissance de la langue française. () ".

3. En premier lieu, si M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la préfecture de la Haute-Vienne ne justifie pas avoir saisi le maire de sa commune de résidence pour avis, il ressort des pièces du dossier que par un courrier adressé au maire de Limoges le 16 août 2021 la préfète de la Haute-Vienne a sollicité l'avis de ce dernier sur la demande de M. A. Dès lors le moyen, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. ".

5. En l'espèce, si M. A justifie avoir perçu une rémunération, incluant ses indemnités journalières, d'un montant de 19 377 euros en 2021, il ressort également des pièces du dossier, notamment de l'avis d'imposition au titre de 2021 produit par le requérant et des autres pièces produites, qu'il a perçu une rémunération nette de 11 354 euros en 2020, de 9 652 euros en 2019 et de 7 368 euros en 2018, soit pour ces trois dernières années une rémunération largement inférieure au salaire minimum de croissance. Dans ces conditions, alors que M. A ne justifie que d'un contrat à durée déterminée avec la société " Industrie bois Rousseau " la préfète de la Haute-Vienne n'a pas commis d'erreur de fait et n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant la délivrance de la carte de résident de longue durée sollicitée.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de décision du 7 décembre 2021 que la préfète de la Haute-Vienne se serait estimée à tort en situation de compétence liée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a refusé de délivrer à M. A une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Malabre et au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :

- M. Revel, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- M. Gazeyeff, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

D. GAZEYEFF

Le président,

FJ. REVEL

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

LPour la greffière en chef,

La Greffière,

M. C00jb

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